Dossier : Les labels des cursus/filières spécialisé(e)s
Dans certains secteurs d’activité, des organismes (souvent appelés « commissions » ou « conseils ») qui font autorité dans une profession accordent une reconnaissance particulière à des formations. Des labels qui sont un plus pour les diplômés (par exemple en journalisme), voire qui seuls autorisent les écoles à former de vrais professionnels (pour les ostéopathes par exemple), mais qui ne garantissent pas pour autant l’accès à l’emploi !
Les établissements qui souhaitent être agréés doivent déposer un dossier de candidature. "Pour rendre son avis, la commission prend en compte la durée de la formation (en attendant de nouveaux décrets, la formation initiale est établie à 2.660 heures au minimum, ou 3 ans d’études), le contenu [NDLR : mêlant des sciences fondamentales, de la biologie, des concepts et techniques de l’ostéopathie], le projet pédagogique, les locaux (le rapport surface/étudiants, l’existence d’une bibliothèque, de lieux de réunion, etc.), la composition de l’équipe pédagogique (par exemple, le pourcentage d’enseignants à temps plein, de professionnels de santé), l’existence d’un conseil scientifique comprenant notamment un médecin, etc.", indique Éric Pastor, délégué à l’évaluation des pratiques professionnelles et de la formation au sein de la commission.
Un établissement agréé délivre un diplôme qui permet à son titulaire d’obtenir le titre d’ostéopathe. Et donc d’exercer sous cette appellation. L’agrément simplifie (un peu) votre choix d’école. Evitez les établissements non agréés, puisqu’ils ne vous permettront pas d’utiliser le titre d’ostéopathe. Se faire une place au soleil est déjà assez compliqué… Cette reconnaissance peut sembler d’autant plus importante que les études d’ostéopathie coûtent cher. Comptez de 6.000 à 7.000 € par an pour un cursus qui peut durer jusqu’à 6 ans.
Sortir d’une école agréée ne garantit pas l’emploi. "Actuellement, nous sommes en “surdosage”. Trop d’établissements ont été agréés en France par rapport aux autres pays [NDLR : 46 établissements à ce jour dont une vingtaine dispensent une formation initiale]. Trop d’étudiants vont sortir diplômés, puisqu’il n’y a pas de numerus clausus. Aujourd’hui, on vit encore sur l’effet “mode” de la profession, mais le soufflé va bientôt retomber", annonce Éric Pastor, délégué à l’évaluation des pratiques professionnelles et de la formation au sein de la commission, qui estime qu’il faut une population de 4.500 personnes pour faire vivre un ostéopathe (contre 1.500 pour un masseur-kinésithérapeute).
Par ailleurs, il existe de grandes différences (durée des études et conditions de déroulement) entre les écoles, notamment sur le sujet des stages cliniques. Lorsque la commission a donné son agrément pour la première fois (pour une durée de 4 ans), elle ne s’est fondée que sur des déclarations d’intention des établissements. En attendant un deuxième examen (sur du concret) ou un autre audit (prévu), c’est à vous de poser des questions sur l’accompagnement des stagiaires.
Enfin, l’ostéopathie n’est toujours pas reconnue comme une profession de santé au même titre que les masseurs-kinésithérapeutes, les infirmiers ou les médecins.
Il existe aujourd’hui 46 établissements agréés, dont une vingtaine dispensent une formation initiale. Les autres assurent une formation continue (c’est-à-dire pour des professionnels qui travaillent déjà).
Ostéopathie : l’agrément de la commission décrypté
| Qui l’accorde ? |
Le ministre de la Santé après avis d'une commission nationale d'agrément. Cette commission est composée de 6 membres : deux représentants des médecins, deux représentants des masseurs-kinésithérapeutes et deux représentants des non-professionnels de santé (ostéopathes ou représentants de syndicats d’ostéopathes, par exemple). Ceux-ci sont nommés pour 4 ans par le ministre.
| Comment ? |
| Ce que garantit l’agrément. |
| Ce que ne garantit pas l’agrément. |
Par ailleurs, il existe de grandes différences (durée des études et conditions de déroulement) entre les écoles, notamment sur le sujet des stages cliniques. Lorsque la commission a donné son agrément pour la première fois (pour une durée de 4 ans), elle ne s’est fondée que sur des déclarations d’intention des établissements. En attendant un deuxième examen (sur du concret) ou un autre audit (prévu), c’est à vous de poser des questions sur l’accompagnement des stagiaires.
Enfin, l’ostéopathie n’est toujours pas reconnue comme une profession de santé au même titre que les masseurs-kinésithérapeutes, les infirmiers ou les médecins.
| Combien d’écoles sont agréées ? |
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Virginie Bertereau
Janvier 2010
Janvier 2010























