Comment devenir reporter ?

Radio, télé, ciné, animation, ou maquillage : vous nous avez posé des questions sur les formations et les métiers de l'audiovisuel lors des salons de l'Etudiant. Des inscriptions dans les écoles aux débouchés dans le secteur, les réponses extraites du livre d'Isabelle Maradan "Les Métiers de l'Audiovisuel", paru aux éditions l'Etudiant.

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Vous voulez que le monde entier soit votre "bureau". C’est la motivation de rencontrer des gens partout dans le monde et de voyager qui a poussé Christophe Busché à devenir JRI (journaliste reporter d’images). Une fonction qui lui a permis de parcourir la planète, comme il en rêvait à 20 ans, alors qu’il étudiait l’histoire. Dans la même promotion au CUEJ, l’école de journalisme de Strasbourg, Nathalie Bourrus est devenue grand reporter. Parce que le voyage est pour elle une évidence, une composante essentielle de sa vie et qu’elle a eu envie de donner la parole à des gens qui ne pourraient être entendus sans son travail. Une autre manière de pratiquer le métier d’avocate. Celui dont elle rêvait à 15 ans déjà et qui l’a amenée jusqu’à la maîtrise de droit avant le concours d’entrée du CUEJ.

La prise d’images pour être sûr de bouger, la radio pour voyager léger
Pour se spécialiser en deuxième année, Nathalie Bourrus aurait pu choisir la télé. À l’aise en plateau, l’étudiante se souvient qu’elle passait bien devant la caméra, mais c’est "la dimension quasi charnelle et la résonnance particulière des témoignages sonores" qui ont fait d’elle une passionnée de radio. Et l’envie de partir seule aussi. Nagra (appareil de prise de son) en bandoulière, elle apprécie de pouvoir envoyer un son avec un simple téléphone. Une légèreté qui convient mieux à cet électron libre que la gestion d’une équipe télé. Nathalie veut "y être et raconter". Reste que les reporters radio, pis encore les grands reporters, se comptent sur les doigts d’une main. De son côté, Christophe Busché s’est spécialisé en télé et a entamé une troisième année facultative pour devenir JRI. "J’ai très vite vu que la prise d’images était le meilleur moyen de partir, se souvient Christophe. Celui qui fait les images voyage forcément. Alors que la plupart des journalistes de presse écrite, de radio ou même de télé ne bougent pas beaucoup et passent du temps au téléphone, en enquête…"

Partir, dès la formation
Déjà, pendant leur formation, Christophe Busché et Nathalie Bourrus profitent de leurs vacances pour partir. Direction l’Inde et le Pakistan pour elle, le Guatemala, pour lui. Nathalie part s’exercer à ce qu’elle est bien décidée à faire : du reportage pour la radio. Le jeune homme négocie quant à lui un billet d’avion, l’hébergement et la nourriture, en échange de la réalisation d’un film institutionnel pour le compte de banques qui y sponsorisent une course à pied. Dès sa sortie d’école en 1992, le journaliste quitte l’Alsace où il a grandi et étudié pour "monter à Paris, où cela se passe pour ce métier". Le JRI rejoint alors les rédactions de France?3 nationale et Île-de-France comme reporter pigiste pour les journaux télévisés. Après un retour d’une année à Nice, où elle vivait avant le CUEJ, pour une aventure en presse écrite dans un journal d’investigation, Nathalie se décide aussi à rejoindre Paris, avec une seule idée en tête : être grand reporter.

La présentation d’abord
Sur France Info, Nathalie Bourrus commence par la présentation, « toute la nuit, à raison d’un journal toutes les demi- heures, seule dans une cabine, avec deux ou trois techniciens dans les couloirs. C’était une ambiance très froide », décrit-elle. Parallèlement, elle s’investit dans une radio associative en banlieue et travaille également à Radio Nova dans la matinée. Une période intense. Au bout d’un an, c’est l’embauche à France Info. Elle obtient de travailler en journée, mais déplore de rester à la présentation. Rêvant toujours de reportage, Nathalie demande à partir dès que l’occasion se présente. Une détermination qui lui permet de faire ses preuves pendant trois ans, en parallèle à la présentation. Et d’être intégrée au service reportage en 1997.

Premier reportage : le Congo
Nathalie Bourrus, qui s’est contenue pendant ses 4 ans de présentation, n’attend pas une semaine pour proposer de partir au Congo. Opiniâtre, la jeune femme trouve une place dans un avion de la Croix-Rouge et obtient de sa direction l’autorisation d’embarquer. Elle passe 5 jours sur place. "Bien sûr les conditions étaient très dures, mais j’ai tout de suite ressenti l’adrénaline du danger et un grand sentiment d’utilité. On se dit que tout le monde s’en fout et qu’il faut absolument être là pour recueillir ces témoignages", explique la journaliste. Elle se souvient également d’un rythme de travail intense, à raison de 3 reportages par jour, auxquels s’ajoutent d’autres papiers et parfois des directs de 4 ou 5 minutes à l’antenne. Sachant que sur ce type de reportage, vous travaillez à la fois pour France Info, France Inter et France Culture. Aucun bravo à son retour, juste un "t’as assuré !", se souvient Nathalie, et le sentiment d’être observée, "pour voir si tu tiens", ajoute-t-elle.

Premier reportage : en touriste à Cuba
"Si on a envie de partir, il faut être à l’affût, conseille Christophe Busché. J’en parlais beaucoup autour de moi." Son désir est entendu par Arnaud Mansir, également JRI pigiste à France 3 nationale. Le cameraman s’apprête à partir à Cuba, avec un journaliste, pour un reportage sur la crise postcommuniste. Il leur faut une seconde caméra. Le tout jeune diplômé de l’école de journalisme n’hésite pas une seconde à partir avec un visa de tourisme décroché pour l’occasion. À son retour, Christophe continue à faire savoir qu’il est prêt à refaire ses bagages. Une stratégie qui l’emmène au bout du monde et même tout autour. C’est une amie qui lui transmet une annonce vue dans une école de journalisme. Deux diplômés d’une école de commerce et un photographe cherchent un journaliste pour les accompagner dans un tour du monde de 2 ans. Le rôle du journaliste consiste à tenir une chronique pour le magazine VSD et à faire des sons pour France Info et Europe 2. Le JRI embarque un mois plus tard avec une caméra. Avec ses trois compères, il parcourt 48 pays sur les 5 continents à la recherche des collectionneurs les plus fous de la planète.

La rampe de lancement : chef opérateur pour un Envoyé Spécial
À son retour du tour du monde en 1995, il travaille à nouveau comme JRI pigiste pour France 3, quand le téléphone sonne. Une réalisatrice cherche un chef opérateur pour un reportage qu’elle prépare pour Envoyé Spécial sur France 2. Ce premier pas dans une société de production lui met le pied à l’étrier comme chef opérateur et le remet en contact avec l’un de ses anciens professeurs de l’école de journalisme, qui lui fait confiance. Rencontré grâce à cet intermédiaire, Jean-Marie Cavada, animateur et producteur du magazine La Marche du siècle alors diffusé sur France 3, décide de consacrer une émission à la collection. Il offre à Christophe l’occasion de réaliser son premier documentaire de cinquante-deux minutes sur le tour du monde des collectionneurs.

Les voyages se multiplient à mesure que le réseau professionnel s’agrandit
Le JRI reprend du service en tant que chef opérateur de prises de vues pour des sociétés de production diverses. De reportage en reportage, il travaille alors régulièrement. Son carnet d’adresses grossit au fil des rencontres et les reportages s’enchaînent. "Une personne d’une boîte vous conseille à une autre. Les réalisateurs avec qui vous avez travaillé vous recontactent lorsque cela s’est bien passé et tout s’enchaîne", précise-t-il. Bolivie, États-Unis, Canada, Afrique du Sud, Niger, Namibie, Tchad, Maroc, Égypte, Inde, île Maurice, Tahiti, sont quelques-uns des « bureaux » qu’a occupés depuis le chef opérateur. Nathalie Bourrus, devenue rapidement grand reporter à France Info, enchaîne pour sa part les immersions au cœur de l’actualité brûlante au Kosovo, en Irak, ou encore en Afghanistan. Avec un technicien du son et une valise satellite, elle se souvient avoir été chaque jour à la frontière du Kosovo pour voir et entendre ces gens qui n’en finissaient pas de quitter le pays. "C’était comme une litanie", compare Nathalie. Très vite, la jeune femme se positionne sur des sujets de société comme l’immigration, la prison ou les SDF, qui ne suscitent pas de nombreuses vocations. Aujourd'hui, elle fait référence dans ces domaines.

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