DOSSIER : NOUVELLES ÉCOLES DE L’INTERNET : FORMATIONS D’AVENIR OU CHOIX RISQUÉ ?
- Bachelors Internet : qu’apportent-ils de nouveau par rapport aux spécialités existantes ?
- L’EEMI : l’école fondée par des stars du Web
- Bachelor TEM : la petite sœur high tech de Telecom école de management
- Sup Internet : 3 filières pour 3 familles de métiers
- L’ESCEN : pour allier un BTS à un Bachelor Internet
À la rentrée 2011, 4 nouvelles écoles de commerce postbac centrées sur les métiers de l’Internet ouvrent leurs portes. Une déferlante alors que les besoins des entreprises sont réels. Reste que de nombreux cursus proposent déjà des spécialisations de ce type en fin de parcours. Qu’apportent donc de vraiment nouveau les nouvelles écoles du Net ? À quoi proposent-elles de se former ? Analyse et revue de détail, établissement par établissement, de ce qui vous y attend.
Bachelors Internet : qu’apportent-ils de nouveau par rapport aux spécialités existantes ?
C’est un véritable raz-de-marée. À la rentrée 2011, pas moins de 4 écoles de commerce centrées sur les métiers de l’Internet ouvriront leurs portes. Que cela soit l’EEMI (École européenne des métiers de l’Internet), Sup Internet, le Bachelor de TEM (Telecom École de Management) ou l’ESCEN (École supérieure de commerce et d’économie numérique), elles annoncent toutes les mêmes débouchés : community mananagement, e-commerce, e-marketing, responsable référencement, chef de projet Web… Et toutes sont calibrées sur le même format : un cursus postbac en 3 ans, avec de nombreux stages.
Les entreprises en demande de collaborateurs qualifiés dans le Net
Ce lancement conjoint n’a rien d’une coïncidence. De vrais besoins de recrutement se font sentir dans ces métiers, aussi bien chez les “pures players” de l’Internet (Cdiscount, Priceminister, Dailymotion…) que dans les entreprises classiques qui développent des activités Web (dans le jargon, les “click & mortar”). L’explosion du e-commerce, une des facettes de ces nouveaux métiers, en témoigne. Rien qu’en 2010, ce secteur a connu une croissance de 25 %. Les effectifs se sont accrus de 9 %, et la tendance devrait se poursuivre en 2011, selon une étude de la FEVAD (Fédération du e-commerce et de la vente à distance).
“Le e-commerce existait à peine il y a 15 ans et a un potentiel multiplicateur immense”, assure Jacques-Antoine Granjon, cofondateur de l’EEMI. Le P-DG de vente-privée.com, qui a réalisé un chiffre d’affaires de près de 1 milliard d’euros en 2010, assure avoir “beaucoup de mal” à trouver des collaborateurs qualifiés. Cela n’étonne guère Yann Bell, consultant spécialisé du cabinet de recrutement Hays : “Dans ce secteur, il n’est pas rare qu’une société passe de 1 à 100 salariés en une année !”.
Déjà des licences pro ou des options dans certains Bachelors
Pour autant, écoles et universités n’ont pas attendu 2011 pour s’intéresser à ces nouveaux métiers. À bac + 3, de nombreuses formations proposent ces spécialisations en fin de cursus. C’est le cas, par exemple, du Bachelor de l’ESC (École supérieure de commerce) Toulouse. L’option e-management permet de suivre des cours sur les systèmes d’information, le e-marketing ou le e-commerce, en plus du tronc commun.
De même, il existe une poignée de licences professionnelles (en 1 an), accessibles après un DUT (diplôme universitaire de technologie) ou un BTS (brevet de technicien supérieur).
L’IUT (institut universitaire de technologie) de Roubaix (Lille 2) propose ainsi une licence e-commerce, tout comme l’IUT de Vannes (université de Bretagne-Sud), l’IUT d’Évry, l’IUT de Montreuil (Paris 8), l’IUT de Saint-Raphaël (université de Toulon). On en trouve également à Bordeaux 4 (management et e-commerce).
Avantage de ces formations : le sérieux de l’université, des classes relativement réduites, et des frais de scolarité très modérés (175 € pour une licence en 2010-2011).
Avantage des nouvelles écoles de l'Internet : développer en 3 ans une vraie expertise
Pourquoi alors se tourner vers les nouvelles écoles de l’Internet qui se lancent à la rentrée 2011 ? Une chose est sûre : ces 4 cursus sont les seuls à proposer, sur 3 années complètes, une formation uniquement axée sur des problématiques “pur Web”. Constitueront-elles pour autant une meilleure stratégie d’études qu’une formation en gestion classique, avec une spécialisation e-commerce ou e-marketing en fin de parcours ?
Pour Pierre Cannet, du cabinet de recrutement e-business Blue-search, “les formations qui existent sont trop généralistes, et ne préparent pas précisément assez aux métiers de l’Internet”. Il est donc très intéressant d’avoir une vraie expertise sur ce sujet. Même son de cloche chez Yann Bell, du cabinet Hays : “Les besoins de recrutements sont tellement énormes qu’il n’y a pas de risque à se spécialiser”.
Risqué si l'on n'est pas sûr de vouloir faire carrière dans le Web
Cyril Cappel, consultant RH chez CCLD, reconnaît lui aussi que ces formations sont “très attendues, notamment chez les patrons de PME”, mais met en garde les étudiants : “Le risque de ce secteur, c’est que se développent des emplois précaires, dans la mesure où certains besoins sont conjoncturels.” D’où l’intérêt d’avoir une double compétence, surtout si vous n’êtes pas sûr à 100 % de vouloir faire carrière dans ce domaine.
“Le bon angle d’attaque, c’est d’avoir une formation de base solide en marketing, en commerce ou communication, puis de l’appliquer aux problématiques de l’Internet”, estime de son côté Jacques Digout, enseignant-chercheur responsable de la majeure e-business du Bachelor de l’ESC Toulouse. Le mieux est donc encore de vous décider selon votre profil et vos envies.
Les entreprises en demande de collaborateurs qualifiés dans le Net
Ce lancement conjoint n’a rien d’une coïncidence. De vrais besoins de recrutement se font sentir dans ces métiers, aussi bien chez les “pures players” de l’Internet (Cdiscount, Priceminister, Dailymotion…) que dans les entreprises classiques qui développent des activités Web (dans le jargon, les “click & mortar”). L’explosion du e-commerce, une des facettes de ces nouveaux métiers, en témoigne. Rien qu’en 2010, ce secteur a connu une croissance de 25 %. Les effectifs se sont accrus de 9 %, et la tendance devrait se poursuivre en 2011, selon une étude de la FEVAD (Fédération du e-commerce et de la vente à distance).
“Le e-commerce existait à peine il y a 15 ans et a un potentiel multiplicateur immense”, assure Jacques-Antoine Granjon, cofondateur de l’EEMI. Le P-DG de vente-privée.com, qui a réalisé un chiffre d’affaires de près de 1 milliard d’euros en 2010, assure avoir “beaucoup de mal” à trouver des collaborateurs qualifiés. Cela n’étonne guère Yann Bell, consultant spécialisé du cabinet de recrutement Hays : “Dans ce secteur, il n’est pas rare qu’une société passe de 1 à 100 salariés en une année !”.
Déjà des licences pro ou des options dans certains Bachelors
Pour autant, écoles et universités n’ont pas attendu 2011 pour s’intéresser à ces nouveaux métiers. À bac + 3, de nombreuses formations proposent ces spécialisations en fin de cursus. C’est le cas, par exemple, du Bachelor de l’ESC (École supérieure de commerce) Toulouse. L’option e-management permet de suivre des cours sur les systèmes d’information, le e-marketing ou le e-commerce, en plus du tronc commun.
De même, il existe une poignée de licences professionnelles (en 1 an), accessibles après un DUT (diplôme universitaire de technologie) ou un BTS (brevet de technicien supérieur).
L’IUT (institut universitaire de technologie) de Roubaix (Lille 2) propose ainsi une licence e-commerce, tout comme l’IUT de Vannes (université de Bretagne-Sud), l’IUT d’Évry, l’IUT de Montreuil (Paris 8), l’IUT de Saint-Raphaël (université de Toulon). On en trouve également à Bordeaux 4 (management et e-commerce).
Avantage de ces formations : le sérieux de l’université, des classes relativement réduites, et des frais de scolarité très modérés (175 € pour une licence en 2010-2011).
Avantage des nouvelles écoles de l'Internet : développer en 3 ans une vraie expertise
Pourquoi alors se tourner vers les nouvelles écoles de l’Internet qui se lancent à la rentrée 2011 ? Une chose est sûre : ces 4 cursus sont les seuls à proposer, sur 3 années complètes, une formation uniquement axée sur des problématiques “pur Web”. Constitueront-elles pour autant une meilleure stratégie d’études qu’une formation en gestion classique, avec une spécialisation e-commerce ou e-marketing en fin de parcours ?
Pour Pierre Cannet, du cabinet de recrutement e-business Blue-search, “les formations qui existent sont trop généralistes, et ne préparent pas précisément assez aux métiers de l’Internet”. Il est donc très intéressant d’avoir une vraie expertise sur ce sujet. Même son de cloche chez Yann Bell, du cabinet Hays : “Les besoins de recrutements sont tellement énormes qu’il n’y a pas de risque à se spécialiser”.
Risqué si l'on n'est pas sûr de vouloir faire carrière dans le Web
Cyril Cappel, consultant RH chez CCLD, reconnaît lui aussi que ces formations sont “très attendues, notamment chez les patrons de PME”, mais met en garde les étudiants : “Le risque de ce secteur, c’est que se développent des emplois précaires, dans la mesure où certains besoins sont conjoncturels.” D’où l’intérêt d’avoir une double compétence, surtout si vous n’êtes pas sûr à 100 % de vouloir faire carrière dans ce domaine.
“Le bon angle d’attaque, c’est d’avoir une formation de base solide en marketing, en commerce ou communication, puis de l’appliquer aux problématiques de l’Internet”, estime de son côté Jacques Digout, enseignant-chercheur responsable de la majeure e-business du Bachelor de l’ESC Toulouse. Le mieux est donc encore de vous décider selon votre profil et vos envies.
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Se former ux métiers du Net : et à bac + 5 ?
De nombreuses grandes écoles proposent des modules de spécialisations en en e-business en dernière année. C’est le cas, par exemple de HEC, de l’EDHEC, de SKEMA, ou encore de l’ESSCA, avec, depuis 2 ans, une spécialisation en Web marketing. L’INSEEC, de son côté, va lancer à la rentrée 2011 un master en Web community management & réseaux sociaux, à Bordeaux.
À noter aussi qu’il existe une école privée (et non pas consulaire comme la plupart des autres établissements) située à Montreuil (93), dénommée HETIC (Hautes études des technologies de l’information et de la communication), Elle propose un cursus certifié RNCP bac + 5 entièrement tourné vers le business d’Internet. Cependant, comme elle n'est pas reconnue par l'Education nationale, elle ne permet pas de toucher une bourse du Crous.
Le CEFIRE (Groupe INSEEC) dispense lui aussi une formation d’un an en e-commerce, accessible après un bac + 2, sous la formule de l’alternance. Enfin, l’IIM (Institut international du multimédia), école du pôle Léonard-de-Vinci (la Défense) propose aussi une filière chef de projet multimédia et une autre d’expert Web, en 5 ans après le bac. |
Pour aller plus loin : Découvrez les nouveaux métiers du Web.Consultez aussi nos fiches métiers sur le secteur Web/informatique/télécom. Notre dossier : le community management : un nouvel eldorado pour les jeunes diplômés ? Découvrez en vidéo le métier de chef de projet Web. Zoom sur des geeks qui ont fait fortune grâce au Web. |
Jessica Gourdon
Mars 2011
Mars 2011











