1. Décrochage scolaire : pourquoi ils quittent l'école sans diplôme
Décryptage

Décrochage scolaire : pourquoi ils quittent l'école sans diplôme

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Quelque 150.000 jeunes quittent l'école sans diplôme. Cette rupture se produit le plus souvent en passant du collège au lycée. Ennui en cours, notes décevantes, sentiment d'incompréhension, d'isolement, voire d'humiliation… découvrez les raisons qui poussent certains à décrocher, pour mieux les repérer.

Comment en vient-on à quitter le collège ou le lycée en cours d'année, avant d’avoir obtenu le moindre diplôme ? Cette question est au cœur des débats de la cinquième édition de la Journée du refus de l’échec scolaire du 19 septembre 2012. À cette occasion, une étude inédite de l’Afev, organisatrice de l'événement, permet de comprendre les facteurs du décrochage.
  

Un “pic” de décrochage en troisième et surtout en seconde
  

Pour près de la moitié des décrocheurs interrogés, la période de rupture avec l’école se situe au cours de l’année de seconde (32 % des cas) et, dans une moindre mesure, de celle de troisième (17 %). Cette période charnière correspond à la fin de la scolarité obligatoire à 16 ans, au début de l’orientation post-collège et à une entrée au lycée, souvent synonymes de bouleversements importants : changements d’établissement, de niveau scolaire, d’exigences en termes de travail personnel…

Cette étude montre aussi que si 45 % des jeunes concernés “ont commencé à ne plus aller en cours régulièrement avant l’âge de 16 ans”, une part non négligeable d’entre eux (15 %) affirme “être toujours allée en cours régulièrement”.
  

Le sentiment d'“un manque de soutien”
  

Interrogés sur la manière dont ils ont vécu ce moment de rupture, les jeunes se partagent sur trois formes de sentiments : l’angoisse, le soulagement ou l’indifférence. Aussi, 41 % d’entre eux disent n’avoir été soutenus “par personne” lorsqu’ils ont commencé à décrocher. Ceux qui ont reçu un soutien le doivent à leur famille (49 %) ou à leurs copains (31 %), mais pour 10 % seulement à l’institution scolaire.

“Ces résultats ne pointent pas nécessairement l’absence d’acteurs ayant tenté d’intervenir auprès d’eux, estiment les auteurs de l'enquête. Les soutiens proposés ont pu ne pas être identifiés par les jeunes, voire rejetés tant le besoin de rupture avec les institutions est prononcé chez certains d’entre eux.”


Découragés par leurs résultats scolaires

Sur les raisons invoquées de décrochage, cette étude met en exergue trois facteurs qui sont liés : le manque de motivation, les mauvais résultats scolaires et la mauvaise estime de soi. Pas moins de 92 % des élèves interrogés estiment avoir manqué de motivation et d’intérêt pour l’école. Quelque 35 % d’entre eux étaient découragés par leurs mauvais résultats scolaires et 30 % ne comprenaient plus ce qu’ils faisaient à l’école. À noter que 37 % des jeunes mentionnent un problème personnel.

Interrogés par ailleurs sur ce qui leur a manqué lorsqu’ils étaient à l’école, ils répondent qu’ils auraient souhaité “quelqu’un qui motive et leur donne confiance” (51 %), bénéficier de “conditions de travail plus sereines à l’école” (37 %), d’un “suivi personnalisé pour leurs difficultés” (32 %), de pourvoir “découvrir plusieurs métiers” (32 %).

Enfin, 71 % des jeunes interrogés ont le sentiment d’avoir été mal conseillés au moment où ils ont fait leur choix d’orientation en troisième.
  

Quand vient le temps du raccrochage

Suite à leur décrochage, la moitié des jeunes interrogés pour cette étude a été prise en charge par des dispositifs tels que les missions locales ou les micro-lycées moins de 6 mois après avoir cesser de fréquenter leur établissement scolaire. Les trois quarts ont été pris en charge moins d’un an après, ce qui est plutôt plus rapide que le délai constaté en moyenne.

Suite à cette prise en charge, 80 % d’entre eux déclarent avoir un projet de formation. Leur motivation : une formation diplômante pour favoriser leur insertion professionnelle (pour 56 % d’entre eux), la construction d’un projet professionnel (46 %) et le sentiment d’être mieux accompagné (34 %).

* Sondage réalisé de mai à juin 2012 auprès de 186 jeunes décrocheurs en processus de raccrochage.
Sommaire du dossier
Échec scolaire : les signes avant-coureurs du décrochage