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Votre ado "fait sa crise"… comment réagir ?

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Il claque les portes en haussant le ton, ajuste sa mèche pendant trois quarts d’heure tous les matins, rentre plus tard que prévu, sent la cigarette, et parfois l’alcool… Bref, votre enfant, devenu adolescent, met vos nerfs à rude épreuve. Des parents déjà passés par là et des spécialistes de l'adolescence vous donnent quelques pistes pour mieux passer la "crise


"La période la plus hard avec mon fils a commencé lorsqu’il était en classe de 4e. Je crois qu’il m’a tout fait", lance Marie, mère de Nathan, aujourd’hui 17 ans. "Tout fait", ou plutôt tout tenté, car ni Marie ni son conjoint "n’ont lâché sur l’essentiel, même si c’était dur". Bonne nouvelle donc si vous êtes dans la tourmente : le calme est revenu depuis.


Première expérience de l’alcool
 

Ce qui a beaucoup marqué Marie, c’est la première fois que son fils a bu de l’alcool. "Nathan est allé chez un copain dans notre village [au Sud de Nantes, Bouaye, NDR] et est rentré près d’une heure plus tard que prévu, avec une haleine alcoolisée… Sur le coup, nous avons été soulagés de le voir.

Mais nous savions qu’il ne fallait pas ignorer qu’il ait bu, à 14 ans à peine. Son père et moi avions tous les deux très envie de libérer notre stress en l’engueulant, mais nous avions décidé d’attendre le lendemain pour en parler avec lui, sans être en colère", se souvient Marie.

Les parents de Nathan ont réussi à éviter le bras de fer en commençant par exprimer l’inquiétude qu’ils avaient ressentie la veille
, alors leur fils était injoignable, avant de l’amener à évoquer son expérience de la veille.


Dire son inquiétude sans faire la morale
 

"Dans un cas comme celui là, on ne se contente pas de passer un savon", préconise Xavier Pommereau. Pour le psychiatre, le " savon" a plus de portée si les parents convoquent l’ado en lui disant l’inquiétude qu’ils se sont fait à son sujet, comme l’ont fait ceux de Nathan. "L’erreur serait de réagir sur l’air de la morale, en disant : tu veux nous faire du mal, tu fais ça pour nous nuire… ", assure le spécialiste de l’adolescence en difficulté. Il faut pouvoir lui dire "Comment peut-on vivre nous, tes parents, alors que tu n’es pas rentré à l’heure dite et sans savoir où tu es pendant près une heure ?", illustre Xavier Pommereau.

Respecter son autonomie en continuant de veiller sur lui


Depuis, les parents de Nathan ont décidé d’ouvrir davantage leur maison aux copains. "Une manière de contrôler un peu, tout en restant à distance réglementaire", reconnait Marie. Et lors des fêtes organisées par leur fils, ils ont toujours assuré l’intendance en préparant notamment un plat roboratif pour chaque soirée annoncée, "histoire d’être sûr qu’ils ne boiraient pas sans avoir vraiment mangé", explique Marie. Sans s’y référer, les parents de Nathan ont suivi le conseil donné par Stéphane Clerget, pédopsychiatre, spécialiste de adolescents, en prologue de son Guide de l’ado à l’usage des parents, écrivant : "Le devoir des parents est de respecter l’autonomie de l’ado, tout en continuant de veiller sur lui ; de façon discrète, certes, mais assurée".


Écart de conduite : une expérience adolescente
 

Oublier l’heure et boire ses premières gorgées de bières, comme l’a fait Nathan, c’est un écart de conduite. Un écart répandu, puisque l’alcool est la substance psychoactive la plus largement consommée au début de l’adolescence, selon l’étude de l’INPES (Institut national de prévention et d’éducation pour la santé) sur la santé des élèves de 11 à 15 ans en France (1). En 2006, 41 % des jeunes de 15 ans déclaraient avoir connu un épisode d’ivresse alcoolique au cours de leur vie contre 30 % en 2002. "Les ados ont besoin d’adopter très tôt les codes que leurs proposent les adultes et la société de consommation, comme les premier usages du tabac, de l’alcool ou du cannabis", explique Xavier Pommereau.

Contrairement à la conduite de rupture, répétitive (voir "Mon ado a fait un coma éthylique."), l’écart de conduite reste exceptionnel. Ce qui ne doit pas empêcher les parents de rappeler ou de négocier les règles transgressées, notamment en fonction de l’âge. "On ne peut évidemment attendre d’un adolescent qu’il rentre à la même heure à 14 ou à 17 ans, mais il faut lui demander de toujours dire avec qui il sort, comment il compte rentrer et à quelle heure", conclut le psychiatre.

 

(1) D’après les données françaises de l’enquête internationale Health Behaviour in School-aged Children.

Sommaire du dossier
Votre ado a fait un coma éthylique… Ne passez pas à côté Votre ado a des mauvaises fréquentations… Attention aux jugements Votre ado vous parle mal… Et vous ? Votre ado a découché… Cela arrive souvent ?