1. Devenir prof : des études plus chères avec la mastérisation ?

Devenir prof : des études plus chères avec la mastérisation ?

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Avant la réforme dite "de mastérisation", pour devenir prof, il fallait suivre 4 années d’études, réussir un concours, et la 5e année de formation à l’IUFM (institut universitaire de formation des maîtres) était rémunérée. Désormais, c’est au plus tôt 6 ans après le bac que vous allez toucher votre premier salaire. L’Etudiant a comparé le coût des études avant et après la réforme de la formation des enseignants. Un calcul bien utile pour prévoir votre budget !

Avec la réforme de la mastérisation, pour devenir prof, vous devez désormais valider 5 années d’études et obtenir un master. 5 années qui se déroulent à l’université et dont les frais de scolarité équivalent au paiement des droits d’inscription universitaires.

Le coût de l’année d’études supplémentaire peut paraître à première vue modéré… Sauf qu’avant cette réforme de la formation des enseignants, la 5e année (qui suivait alors la réussite au concours) était rémunérée. Ceux qui la suivaient n’étaient plus étudiants mais avaient le statut de fonctionnaire stagiaire. Concrètement, ils étaient encore en formation dans un IUFM (institut universitaire de formation des maîtres) et, parallèlement, ils passaient 1/3 de leur temps devant des élèves.

Dorénavant, 5 ans d’études avant de présenter le concours

Désormais, cette fameuse 5e année correspond à celle de la préparation d’un M2. Vous avez donc le statut d’étudiant et ne percevez plus de salaire. Un manque à gagner partiellement compensé, dixit le ministère de l’Éducation nationale, par des stages rémunérés, des aides spécifiques et, surtout, une revalorisation du salaire des enseignants en début de carrière. Dans ces conditions, avec cette nouvelle organisation, combien va-t-il vous en coûter de faire des études pour devenir prof ?

Rien ne change les 3 premières années

Concrètement, rien ne change pendant les 3 premières années d’études, car les aides ne sont versées qu’en master. Vous effectuez donc 3 années de licence (pour un coût de 171€ par an en 2009-2010). Ensuite, vous vous inscrivez en M1 (1ère année de master, 231€ par an en 2009-2010), le coût de cette année étant équivalent à celui que représentait une inscription à l’IUFM en vue de préparer le concours, avant la mastérisation. À noter, il est possible pour les étudiants boursiers ou échelon zéro considérés comme méritants de toucher durant l’année de M1 une aide au mérite d’un montant annuel de 1.800€ (voir encadré). Cette aide n’est pas nouvelle. Elle pouvait déjà être perçue avant la mastérisation si vous étiez inscrit dans un master.

Une 5e année qui n’est plus rémunérée

C’est pour l’année de M2 que tout change financièrement. De fait, vous payez une année supplémentaire à l’université (231€), sauf si vous êtes étudiant boursier ou échelon zéro – dans ce cas, comme pour tout master, vous êtes exonéré des droits d’inscription. En outre, pendant cette année, vous ne percevez plus le salaire d’enseignant débutant (entre 16.100€ et 16.600€ nets par an selon la zone géographique et hors cotisation à la mutuelle des enseignants). En contrepartie, vous effectuez un stage désormais rémunéré (3.000€ pour 108 heures).

Des aides cumulables mais sous conditions

Des aides nouvelles peuvent vous être accordées. Si le revenu de vos parents est inférieur à 60.000€ par an, vous pouvez aussi toucher une aide spécifique variant de 1.225€ ou 2.500€ selon les cas (voir encadré). Enfin, une dernière allocation a été mise en place par le ministère pour les seuls boursiers échelon zéro inscrits dans un M2 métiers de l’enseignement. Son montant est de 1.424€ par an. Attention, si ces différentes aides financières sont cumulables, elles ne sont pas accessibles à tout le monde. Les aides spécifiques, par exemple, sont contingentées (12.000 par an en 2009-2010) et ne sont accordées qu’aux meilleurs élèves selon des critères variables d’une académie à l’autre. Quant aux 3.000€ de stage, ils ne vous seront versés qu’à 2 conditions : effectuer la totalité des 108 heures et être "en responsabilité", c’est-à-dire, seul(e) devant des élèves.

Des aides pour les étudiants méritants
Si vous êtes bon élève, vous pouvez toucher 2 types d’aides du ministère pendant vos études pour devenir enseignant : l’aide au mérite et la bourse au mérite complémentaire.
> L’aide au mérite. D’un montant de 1.800€ par an, elle est accordée quelle que soit la filière universitaire à tous les étudiants, à condition qu’ils soient boursiers et méritants. Pour la toucher, pendant les 3 années de licence, il faut avoir eu une mention très bien au bac. Et pour continuer à la percevoir en master, il faut figurer parmi les meilleurs licenciés de votre université.

> La bourse au mérite complémentaire. Cette aide a été instituée à la rentrée 2009. Elle est destinée uniquement aux étudiants inscrits dans un M2 préparant aux métiers de l’enseignement et dont le revenu des parents est inférieur à 60.000€. Mais ces 2 conditions ne suffisent pas pour l’obtenir, car un quota précis de 12.000 bourses a été prévu, avec une répartition dans chaque académie. Pour la décrocher, il faut donc être un étudiant méritant selon des critères différents dans chaque université. Le montant de cette bourse est de 2.500€ pour les boursiers (sauf pour ceux qui perçoivent déjà l’aide au mérite, dans ce cas, le montant est réduit à 700€) et de 1.225€ pour les étudiants non boursiers (à condition que le revenu des parents soit inférieur à 60.000€).

Pour en savoir plus

> Toutes les infos sur les dates et les conditions à remplir pour passer les concours de l’enseignement grâce à notre moteur de recherche sur les concours de la fonction publique.

> Découvrez toutes les études pour travailler dans l'enseignement.

> Consultez le guide des métiers de l'enseignement.

> Retrouvez l'interview vidéo de Katie Laroche, enseignante.

Céline Manceau
Juin 2010

Sommaire du dossier
Calculez votre budget en M2 enseignement Des salaires en hausse pour les jeunes profs