Journées d’actions multiformes contre les réformes de Darcos

Par Virginie Bertereau, publié le 12 Decembre 2008
3 min

Blocages d’établissements, manifestations, rassemblements… Les actions menées par les lycéens contre les réformes dans l’Education* se poursuivaient en France jeudi 11 décembre 2008, au lendemain de la journée de mobilisation menée aux côtés des étudiants, des enseignants et des parents d’élèves. A l’initiative des fédérations et syndicats ou de façon très spontanée, les moyens employés pour montrer leur mécontentement prennent des formes multiples. Le mouvement se poursuit particulièrement dans l’Ouest, très mobilisé depuis le début du mois de décembre. Plusieurs milliers de lycéens ont encore manifesté jeudi à Rennes (3.500 personnes) ou à Nantes (1.600). A Brest, de nouveaux conflits ont eu lieu entre des groupes de jeunes et les forces de l'ordre. Les gendarmes mobiles ont lancé des grenades lacrymogènes en réponse à des jets de pierre. En marge des manifestations, des actions plus "inhabituelles" sont actuellement menées. Ainsi, une pétition a été lancée sur Internet en novembre 2008 par une centaine de professeurs d'écoles primaires et intitulée "Stop à la démolition de l'école publique. Stop au mépris. M. Darcos doit démissionner". Elle comptait à cet instant plus de 13.000 signatures.

Des mouvements "presque habituels" selon Xavier Darcos


Mercredi matin, Xavier Darcos, le ministre de l’Education nationale, a tenté de dédramatiser la situation. Sur Europe 1, il a reconnu qu'il y avait une "petite concentration de mécontentements" dans l'éducation. Mais le ministre s’est dit "suffisamment ancien" dans ce secteur "pour avoir connu des situations semblables" et qualifié ces mouvements de "presque habituels". En outre, Xavier Darcos a dénoncé "un mélange de mensonges ou d'informations erronées de nature à affoler les opinions publiques, qui est de la véritable désinformation". Il a ainsi assuré qu'il n'était pas question "de supprimer la maternelle" ni les mathématiques au lycée. Et a certifié qu’il n’était pas "le ministre de l’hésitation nationale". La nouvelle classe de seconde devrait être présentée à la presse mardi 16 décembre 2008 et appliquée, sans report, à la rentrée 2009 - le ministre devrait notamment évoquer l'intégration des sciences économiques et sociales au tronc commun. Ses annonces feront-elles de nouvelles vagues ? La Fidl (Fédération indépendante et démocratique lycéenne) et l'UNL (Union nationale des lycéens) ont d’ores et déjà appelé à une nouvelle journée nationale de manifestations le 18 décembre. Et estiment que le mouvement pourrait se poursuivre après la trêve de Noël.

* Notamment la réforme du lycée, la réforme de la formation des enseignants, la réforme du primaire et les 13.500 suppressions de postes prévues pour la rentrée 2009.

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