IEP de Paris : A la recherche du candidat idéal

Par Géraldine Dauvergne, publié le 02 Octobre 2007
3 min

Richard Descoings recule... Les changements dans les concours d'entrée à Sciences po que le directeur avait annoncés l'année dernière ne sont plus d'actualité... Pour en savoir plus sur les modalités d'intégration et les études à l'IEP de Paris, consultez notre dossier.Ils se bousculent pour faire « Pipo » ! Entre 2000 et 2006, le nombre de candidatures à l’entrée de l’IEP (institut d’études politiques) parisien, toutes procédures d’admission confondues, est passé de 6 000 à 10 000 ! Face à ce succès, Richard Descoings, le charismatique directeur de Sciences po Paris, peut sans problème annoncer une nouvelle réforme de son établissement chaque année : il suscite peu de contestation.

La direction de Sciences po Paris ne jure que par la variété des profils.
 

Garçon, parisien et de classe favorisée = le profil parfait ?

 
Il faut dire qu’une étude effectuée en 2002 par le CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences po) montrait qu’un provincial avait 2,3 moins de chances qu’un Parisien de réussir l’examen d’entrée, une fille presque deux fois moins de probabilités qu’un garçon (alors qu’elles sont plus nombreuses à se porter candidates), et un étudiant issu des classes défavorisées (parent chômeur, ouvrier ou employé) deux fois moins d’éventualités de réussir qu’un autre issu de classe sociale plus favorisée. Tout le monde sait aussi, rue Saint-Guillaume, que la quasi-totalité des étudiants qui réussissent l’un des concours est passée au préalable par une prépa intensive… au coût très élevé.

En 2001, la direction a bien mis en place les CEP (conventions d’éducation prioritaires), procédures d’admission spécifiques visant à diversifier socialement le recrutement. Une mesure très médiatisée : la communication de l’école sur le sujet a même parfois frisé la caricature, avec par exemple ce témoignage d’un jeune Sénégalais en STT (future STG) expliquant qu’il était « toujours prêt pour un mauvais coup » au moment où Sciences po l’a sauvé… Bilan de la procédure en 2006 : certes, les trois quarts des admis CEP sont boursiers, et près de 60 % sont issus de classes défavorisées ; mais l’opération n’a concerné cette année que 75 admis en première année… sur 550 au total !
 

Et avec une mention  très bien au bac ?

 
« Ceux qui réussissent sur concours, ce sont les Parisiens qui ont suivi une prépa payante à Paris, estime un élève de première année. Les provinciaux sont plus souvent intégrés grâce à leur mention très bien ! » Par-delà les « souhaits » de Sciences po et de son directeur, le candidat le mieux armé aujourd’hui pour réussir son intégration reste donc majoritairement issu d’une catégorie socioprofessionnelle supérieure (dont les parents sont donc cadres, ou ont une profession intellectuelle ou libérale)… et est très bien renseigné sur les procédures de recrutement !

Articles les plus lus

A la Une Sciences po

Partagez cet article sur les réseaux sociaux !