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Décryptage

Quand le redoublement peut être inutile

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Cela vaut-il de coup de redoubler ou est-ce pénalisant ? Quels sont les cas où il est préférable de redoubler ? Quand est-ce déconseillé ? Quelles sont les conditions nécessaires pour que votre redoublement se transforme en réussite ? Nos réponses à travers des analyses de professionnels et des témoignages de jeunes, qui ont vécu cette expérience.

Études scientifiques et communauté éducative s’accordent sur le fait que le redoublement n’est particulièrement pas une solution à l’échec scolaire dans plusieurs cas.

Si les conditions d’études dans lesquelles se retrouve le redoublant sont identiques d’une année sur l’autre. Pas plus d’encadrement, pas de suivi particulier (de la part de l’équipe éducative ou de la famille), parfois le même cadre (même établissement, mêmes fréquentations, mêmes enseignants…) nuisent à l’efficacité d’un redoublement.

Si le redoublement est considéré comme une punition. “J’ai redoublé la quatrième et je l’ai très mal vécu. Je considérais que je n’avais aucune raison de redoubler. Je n’avais pas des notes médiocres. La raison de mon collège : j’avais du potentiel, ça allait m’être bénéfique pour le brevet d’avoir de meilleures notes. J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps devant mon professeur principal. Rien n’y a fait. Ma seconde année fut misérable”, se souvient cette collégienne sur un forum.

Si l’élève est juste, mais au maximum de ses capacités. “Quand il arrive à 9/20 en seconde avec du travail, ce n’est pas la peine de le faire redoubler. On le fait passer en première, où il aura de nouveaux objectifs, de nouvelles matières ciblées sur ses goûts”, indique Marc Perrier, proviseur du lycée Jean-Giraudoux à Bellac (87).

Si l’élève n’est pas fait pour les études. “Ma sœur a fait appel en seconde. Elle est passée en première S, mais a finalement redoublé. En terminale, elle ne faisait rien, mais elle a quand même réussi à avoir une mention au bac. Aujourd’hui, elle a tout arrêté. Avant de poser la question du redoublement, il faut se demander si on compte vraiment continuer les études plus tard”, raconte une lycéenne sur un forum.

S’il risque de décrocher. Parfois, même si le redoublement semble réussi, le risque de perdre pied existe bel et bien. Les redoublants connaissent souvent une petite baisse de régime en milieu d’année. C’est le cas de Floriane, redoublante en seconde dans la Haute-Vienne (87). “Au deuxième trimestre, mes résultats ont un peu baissé. C’est dur de tenir une année. Le niveau devient de plus en plus difficile et les professeurs ont prévenu que ce serait pire au troisième trimestre. Je me suis fait un peu peur puis je me suis dit qu’avec du travail, je pourrais y arriver.” (Lire le portrait complet de Floriane). C’est également le cas, plus problématique, d’Antoine, ex-redoublant de première S qui témoigne sur un forum. “Refaire tout le programme, même le sport, ça m’a gonflé. J’ai abandonné au milieu de l’année et je suis parti travailler dans le commerce de mon oncle.”


Le passage, ce n’est pas automatique
Faut-il pour autant laisser passer les élèves automatiquement ? Pas forcément. Les élèves passés de justesse se font parfois rattraper par leurs lacunes. “Ma seconde s’est mal passée suite à divers soucis. Mais pour ma fierté, pour tout, je ne pouvais pas redoubler. Résultat, j’ai fait une première ES encore moins bonne et j’ai été contrainte de redoubler pour me réorienter en L. C’est le meilleur choix que j’ai jamais fait”, commente une lycéenne sur un forum.  “Des élèves qui sont passés de classe en classe du primaire au lycée sans redoubler et ont accumulé les difficultés peuvent finir bloqués en terminale. Voire démissionner. C’est arrivé à l’un de mes jeunes : il a arrêté à deux mois du bac. Dans ce cas, ils se dirigent vers la filière professionnelle, apprennent un métier en apprentissage ou abandonnent tout simplement les études”, remarque Christian Rousselot, proviseur du lycée Pasquet, à Arles (13). Et si on cherchait d’autres solutions ?

Pour aller plus loin : Le redoublement devient exceptionnel / Redoubler sa seconde : cela en vaut-il la peine ? / Admission postbac : faut-il redoubler sa terminale pour avoir un meilleur dossier sur APB ? / Bac ES : le redoublement volontaire en fin de 1re, une bonne idée ? / Démission, licenciement, redoublement : rebondir quand l’alternance tourne mal

Sommaire du dossier
Retour au dossier Redoublement : chronique d’une fin annoncée Quand le redoublement peut être bénéfique Quand le redoublement peut être inutile Quelles alternatives au redoublement ? Auguste, 18 ans : “Redoubler ma seconde ne m’a servi à rien” Floriane, 16 ans : “Je redouble ma seconde pour mon avenir” Frank, 18 ans : “Redoubler a été une chance et pénalisant à la fois” Guillaume, 17 ans : “Redoubler ma seconde m’a permis de mûrir”