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Décryptage

Quelles alternatives au redoublement ?

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Cela vaut-il de coup de redoubler ou est-ce pénalisant ? Quels sont les cas où il est préférable de redoubler ? Quand est-ce déconseillé ? Quelles sont les conditions nécessaires pour que votre redoublement se transforme en réussite ? Nos réponses à travers des analyses de professionnels et des témoignages de jeunes, qui ont vécu cette expérience.

Si les avis divergent sur l’utilité du redoublement, tout le monde tombe d’accord sur un point : l’enseignement en France devrait être plus personnalisé. “Si l’on ne fait rien d’autre que de laisser passer l’élève, ce sera déjà bien pour lui. Si on ajoute ensuite du soutien, des stages de remise à niveau, etc. ce sera encore mieux”, affirme Denis Meuret, professeur en sciences de l’éducation à IREDU (Institut de recherche sur l’éducation) de l’université de Bourgogne, et “anti-redoublement”. Cela tombe bien : accompagnement personnalisé, tutorat et stages de remise à niveau figurent dans la réforme du lycée mise en place par Luc Chatel, le ministre de l’Éducation nationale, à partir de la rentrée 2010.

2 milliards d’euros = 25.000 enseignants


“Il y a de bonnes idées dans la réforme du lycée. Mais a-t-on les moyens pour les appliquer ?”, interroge Marie Duru-Bellat, sociologue à Sciences po. Et de fournir elle-même une réponse possible. “Le redoublement coûte 2,2 milliards d’euros par an. La question n’est pas de dire qu’il faut le supprimer parce que cela coûte cher. La question est de savoir ce qu’on pourrait faire avec cet argent”. Certains ont calculé que ces 2 milliards représentent l’équivalent de 25.000 postes d’enseignants.

Mieux encadrer les plus fragiles


De son côté, le lycée Pasquet, à Arles (13), n’a pas attendu la réforme du lycée pour mettre en place un système pointu d’encadrement des élèves les plus fragiles. “Chaque redoublant de seconde est suivi par deux référents (professeurs, conseillers principaux d’éducation, proviseur adjoint ou conseillers d’orientation psychologues). Ils travaillent ensemble sur les objectifs de l’élève, sa motivation, explique Christian Rousselot, le proviseur. Au total, une trentaine de membres du personnel sont impliqués, sur la base “d’un volontariat encouragé”. Mais Christian Rousselot indique lui-même la limite du dispositif : “Pour les élèves, les heures s’accumulent”. Le soutien ne suffit donc pas.

Des cours à la carte


Pour aller plus loin, de nombreuses personnes évoquent la “pulvérisation” de l’année scolaire en unités de valeur capitalisables, comme à la fac. Ainsi, un élève de seconde pourrait passer en première sans avoir validé toutes ses matières. Il les repasserait ensuite. Problèmes : les lycées français ne sont pas du tout organisés pour cela et ce dispositif remet en cause l’idée de “groupe classe”, chère à tous. Ironie de l’histoire : la réforme du lycée selon Xavier Darcos, le prédécesseur de Luc Chatel, prévoyait cette idée de “cours à la carte”. Elle a été massivement rejetée par la communauté éducative fin 2008.

Pour aller plus loin : Le redoublement devient exceptionnel / Redoubler sa seconde : cela en vaut-il la peine ? / Admission postbac : faut-il redoubler sa terminale pour avoir un meilleur dossier sur APB ? / Bac ES : le redoublement volontaire en fin de 1re, une bonne idée ? / Démission, licenciement, redoublement : rebondir quand l’alternance tourne mal

Sommaire du dossier
Retour au dossier Redoublement : chronique d’une fin annoncée Quand le redoublement peut être bénéfique Quand le redoublement peut être inutile Quelles alternatives au redoublement ? Auguste, 18 ans : “Redoubler ma seconde ne m’a servi à rien” Floriane, 16 ans : “Je redouble ma seconde pour mon avenir” Frank, 18 ans : “Redoubler a été une chance et pénalisant à la fois” Guillaume, 17 ans : “Redoubler ma seconde m’a permis de mûrir”