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Lycéens handicapés : osez aller plus loin !

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Suivre sa scolarité dans un lycée classique quand on est handicapé est de plus en plus souvent possible grâce à des dispositifs permettant de bénéficier de conditions d'études aménagées. Lesquelles, et comment cela s'organise-t-il au jour le jour ? Des élèves racontent.

Angélique Marlot, 17 ans, est inscrite en classe de seconde au lycée Camille Saint-Saëns de Deuil-La-Barre (95). Née prématurée, la jeune fille est en fauteuil roulant. Mais son handicap ne s’arrête pas là, puisqu’elle connaît également des difficultés d’apprentissage. "J’ai dû mal à apprendre mes leçons et à écrire rapidement", explique-t-elle. Et même si, de son propre aveu, ce n’est pas toujours facile, Angélique poursuit, vaille que vaille, sa scolarité dans le lycée de son secteur. Durant la journée, une AVS (assistante de vie scolaire) l’aide à prendre des notes ainsi que dans sa vie quotidienne au sein de l’établissement. Angélique bénéficie également de plus de temps que les autres élèves pour rédiger ses contrôles, lesquels peuvent aussi être allégés (coefficients différents, questions moins nombreuses) afin de lui éviter toute fatigue excessive.


De meilleures conditions d’études


Il y a quelques années, des jeunes comme Angélique n’auraient pas eu leur place au lycée. Désormais, ils sont de plus en plus nombreux à investir l’enseignement secondaire. En effet, le nombre d’élèves handicapés scolarisés au collège et au lycée a quasiment doublé en 5 ans. C’est la loi du 22 février 2005 qui a accéléré leur intégration dans les établissements ordinaires, avec le renforcement de dispositions, comme le projet personnalisé de scolarisation (dit PPS) permettant des aménagements pédagogiques (tiers-temps, notation différente…) ou le recours à une AVS.
La loi a également instauré la nomination d’un enseignant référent handicap qui fait le lien entre la famille et la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées).


Le quotidien simplifié


Angélique avoue qu’elle en a parfois assez d’avoir en permanence une AVS à ses côtés, mais la jeune fille sait aussi qu’elle ne pourrait s’en passer : "J’arrive à écrire, mais je ne suis pas assez rapide et, même si je me sers d’un ordinateur, je n’arrive pas à prendre des notes et à écouter en même temps", précise-t-elle. La future bachelière bénéficie ­également du programme Phares (Par-delà le handicap, avancer et réussir ses études, voir encadré) : chaque samedi, un bus vient la chercher afin de l’amener à l’ESSEC, l’une des meilleures écoles de commerce française.
Là-bas, elle est accueillie par des étudiants qui animent des ateliers de méthodologie, de confiance en soi, de théâtre, de prise de parole en public, d’organisation du travail… "Ce programme me fait rencontrer d’autres personnes et m’apprend à mieux m’exprimer. Je suis allée au musée, à des concerts de musique classique, ce genre de choses que je n’aurais jamais faites toute seule", raconte-t-elle.

Lors de ces sorties, Angélique retrouve Sabine Bey, qui souffre du syndrome de Marfan impliquant de gros problèmes de dos. Dans son établissement aussi, tout a été fait pour lui faciliter la vie. Au lycée Montesquieu d’Herblay (95), un casier a été installé afin qu’elle n’ait pas à porter ses livres et un pass lui évite de faire la queue à la cantine. Autant d’aménagements qui lui permettent d’aller en cours comme tout le monde. "Je peux aussi me reposer, quand je le souhaite, à l’infirmerie", ajoute-t-elle.


Le programme Phares
Ce dispositif a été mis en place, en 2008 par l’ESSEC et la MAIF du Val d’Oise (95). Le principe est de proposer aux lycéens handicapés des ateliers animés par des étudiants-tuteurs de l’ESSEC afin de les aider à poursuivre leurs études.
Depuis la rentrée 2010, la FEDEEH (Fédération étudiante pour une dynamique études et emploi avec un handicap) coordonne l’essaimage de ce programme au niveau national. Ainsi, sur l’année 2011-2012, il sera mis en place dans six académies. Et une convention de partenariat a été signée avec le ministère de l’Éducation nationale afin de le promouvoir dans la France entière.

Sommaire du dossier
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