"Cours le matin, sport l’après-midi" : du flan selon un syndicat de profs d'EPS

Par Virginie Bertereau, publié le 28 Septembre 2010
3 min
"Opération médiatique", "mystification", "poudre aux yeux", "fausse expérimentation"… Le SNEP-FSU (Syndicat national de l’éducation physique de l’enseignement public) n’y va pas de main morte pour qualifier l’opération "Cours le matin, sport l’après-midi", mise en place à la rentrée 2010 par le ministère de l’Éducation nationale pour remotiver des élèves en difficulté. Un mois après son lancement dans 124 établissements (83 collèges et 41 lycées) volontaires, le syndicat publie une enquête "de proximité" basée sur un questionnaire envoyé aux professeurs d’EPS des établissements concernés*. Et dresse un premier bilan.

Peu d’élèves concernés


Résultats : le dispositif concerne souvent une classe (27 % des établissements) ou deux classes (47 %), peu trois classes et plus (15,8 %). Ce qui était prévu dès le départ par le ministère. L'institution parlait de plus 7.000 jeunes (sur 5,5 millions) à l'été 2010. Dans 34,9 % des cas, une seule autre demi-journée par semaine (en plus des deux après-midi consacrés déjà au cours d’EPS) a été accordée aux pratiques sportives. Un peu plus d’un quart des établissements programment deux demi-journées supplémentaires par semaine. Seulement 3 % organisent des activités sur trois demi-journées en plus.

Du déjà-vu ?


Par ailleurs, le SNEP évoque une "fausse expérimentation", un "simple changement de label". En effet, selon le syndicat, des projets sportifs existaient dans ces collèges et lycées. 80,9 % disposaient déjà de renforcements sportifs : sections sportives scolaires (il en existe 2200 en France), pôle espoir, accompagnement éducatif ou option EPS en collège, enseignements d’exploration en seconde au lycée…

L'EPS aussi importante que les maths


Enfin, le syndicat s’inquiète des conséquences sur l’emploi du temps des élèves (chargés, décousus), du manque de qualification de certains professeurs, souvent des intervenants extérieurs (animateurs, enseignants d’autres disciplines amateurs d’un sport…), du manque d’équipements sportifs et du discrédit de l’EPS. "Dans certains cas, les demi-journées sont utilisées pour programmer d’autres activités (artistiques, technologiques, culturelles…) en complément. Comme l’EPS, des disciplines marginalisées, hors du socle commun de connaissances. Comme si on distinguait les enseignements fondamentaux (maths, français, langues…), jugés ennuyeux, des enseignements secondaires, plus ludiques", s’indigne Serge Chabrol, secrétaire général du SNEP. L’opération "Cours le matin, sport l’après-midi", expérimentée pendant trois ans, sera-t-elle un jour généralisée ? Le syndicat assure que non.

*70 % d’entre eux ont à ce jour répondu.


Des rencontres autour du sport en novembre 2010


Le SNEP organise les EPSiliades, "les journées de l'EPS, du sport scolaire et des sports", du 12 au 14 novembre 2010 à la Halle Carpentier, à Paris. Au programme : débats, rencontres, spectacles, pratiques sportives...

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