1. Les formations et les métiers de la restauration dans la vraie vie

Les formations et les métiers de la restauration dans la vraie vie

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Top chef, Masterchef, Un dîner presque parfait… les émissions de télé-réalité donnent envie de devenir cuisinier dans la vraie vie ! Vos premiers pas derrière les fourneaux seront-ils aussi captivants que ceux des candidats à un show télé bien rôdé ? Décryptage - hors caméra et avec de "vrais" profs - sur les formations et les métiers de la restauration.

Vous avez le sentiment d’avoir raté votre vocation de grand chef ? Si vous êtes bachelier, vous pouvez préparer le CAP cuisine en un an au lieu de deux. Comme Lucie Joudiou passée des bancs de la fac de médecine aux fourneaux d’un restaurant, comme apprentie. Avec succès puisqu’elle a déjà remporté, à 21 ans, deux prix culinaires. Elle raconte son parcours.
Lucie Joudiou« Dans ma famille, personne n’est cuisinier professionnel. Mes frères ont suivi des études scientifiques, l’un en école d’ingénieurs, l’autre en master informatique. Ma sœur a fait pharma. Moi, j’ai eu un bac S mais je ne savais pas quoi faire après. Comme mes copines allaient en médecine, je les ai suivies. Les cours m’intéressaient. J’ai passé les deux concours, mais je ne me voyais pas faire des études pendant 10 ans. Et surtout, il y avait vraiment trop de travail pour moi. Après les résultats du premier trimestre, j’ai commencé à me poser des questions. A avoir envie de m’orienter vers la cuisine, mais sans oser l’avouer à mes parents. Je savais que l’idée ne leur plairait pas. »

Convaincre les parents

« Quelque fois, nous allions avec mes parents dans de grands restaurants et c’est ce qui m’a donné envie de faire ce métier. Finalement, j’en ai parlé à ma mère qui m’a conseillé d’appeler des amis de la famille restaurateurs. Tous m’ont dit que c’était un métier difficile, surtout pour une fille. Mais c’était vraiment ce que je voulais faire. Une conseillère d’orientation de ma ville m’a appris que je pouvais préparer le CAP en un an seulement, en étant dispensée, comme j’avais le bac, des matières générales (maths, français histoire-géographie...). J’ai déposé un dossier chez Tecomah, j’ai passé un entretien et j’ai été acceptée. Cette fois, je l’ai dit à mon père. Il n’était pas d’accord. Mais j’ai trouvé une entreprise pour m’accueillir comme apprentie, le Grain d’orge, dans le XVIIème arrondissement de Paris. Mes frères et sœurs m’ont soutenue et… mon père m’a laissé faire. »

Un rythme à prendre

« L’année de préparation du CAP, je passais 15 jours chez Tecomah et 15 jours au Grain d'orge où j’apprenais vraiment beaucoup. A l’école aussi, les cours étaient intéressants car ce n’était que de la pratique. J’ai trouvé, au début, le rythme un peu fatigant, surtout de travailler le soir dans un restaurant. Mais en contrepartie, par rapport à médecine, je n’avais pas de travail personnel. Et puis, je savais que j’avais trouvé ma vocation, que j’avais eu raison de ne pas écouter mes parents. Le métier que j’ai choisi, je vais l’exercer toute ma vie. »

Etoilée un jour ?

« Après mon CAP, je me suis inscrite en brevet professionnel, à la rentrée 2009, et j’ai changé de restaurant. Je suis aujourd’hui apprentie chez Laurent, dans le VIIIème arrondissement, dont le chef, Laurent Pégouret, possède une étoile au Michelin. Après mon brevet, j’aimerais travailler au moins 5 ans chez différents étoilés avant d’ouvrir mon propre restaurant. En 2009, j’ai remporté le prix spécial du meilleur commis de cuisine lors du trophée Jean Delaveyne et, en mars 2011, j’ai gagné le premier prix de la Cuillère d’or. Pour ce concours, réservée aux filles, c’est mon chef à Tecomah qui m’avait inscrite. Il fallait envoyer une recette avec de la volaille de Bresse et des produits biologiques. Puis, pour les huit finalistes retenues, la réaliser pendant 3 heures. Quand j’ai eu le prix, je ne m’y attendais pas. J’ai surtout pensé à mes chefs, à l’école et au restaurant, qui m’avaient bien entraînée. La compétition ne m’intéresse pas en fait. Ce que j’aime avant tout c’est donner du plaisir aux gens en cuisinant pour eux ».

Céline Manceau
Avril 2011

Sommaire du dossier
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