1. Le chasseur d'appartements, un pro de la recherche au service de l'acheteur
Décryptage

Le chasseur d'appartements, un pro de la recherche au service de l'acheteur

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Le chasseur d'appartement visite des biens à la place de ses clients et leur propose une sélection correspondant à leur recherche. // © plainpicture/fStop/Paul Hudson
Le chasseur d'appartement visite des biens à la place de ses clients et leur propose une sélection correspondant à leur recherche. // © plainpicture/fStop/Paul Hudson

Contrairement au négociateur immobilier, qui cherche à vendre les produits dont il dispose, le chasseur d’appartements a pour première préoccupation l’acquéreur. Il a un réel rôle de conseil pour trouver un logement à un particulier ou des bureaux à une entreprise. Présentation extraite du guide “Les Métiers de l'immobilier” de Pascale Kroll.

Le marché de l'immobilier est complexe et les personnes disposent de moins en moins de temps pour trouver leur logement. De ce constat simple est né un nouveau concept : trouver un professionnel qui fera les recherches à leur place. Comme Stéphane Plaza, le chasseur d'appartements connu grâce à ses émissions sur M6, ce professionnel décrypte les petites annonces, sur papier et sur Internet, déniche les bonnes affaires, visite les appartements pour ne retenir que ceux qui pourront plaire à ses clients.

Quelles activités au quotidien ?

Si vous optez pour ce métier, attendez-vous à un quotidien mouvementé, ponctué de rendez-vous avec des clients et de nombreuses visites d'appartements.

Comme les négociateurs immobiliers ou les prospecteurs fonciers, vous aurez à réaliser beaucoup de prospection. C'est le nerf de la guerre ! Pour cela, vous utiliserez différentes sources : revues spécialisées, sites Internet, contacts personnels, réseau de partenaires (des agents immobiliers, des notaires, etc.). L'objectif est d'être informé le premier, du moins le plus rapidement possible, de la mise en vente ou en location d'un bien. “Je réalise beaucoup de prospection sur le terrain, je vois les concierges, je développe mon propre réseau, explique Thomas Perot, qui s'est lancé dans cette activité en 2006. Je couvre Paris et la petite couronne. Nous recherchons des locations à partir de 1.800 € par mois, mais c'est déjà monté jusqu'à 8.000 €. Je réalise aussi des mailings pour que les agences nous proposent des biens avant de faire paraître leurs annonces.”

Vous devrez aussi décrocher des rendez-vous avec les clients potentiels susceptibles de vous confier un mandat pour choisir leur bien. “Je ne compte pas tellement sur les agences immobilières pour m'apporter des clients, signale Thomas Perot. Mais le bouche-à-oreille fonctionne très bien, de même que le site Internet. Il faut pour cela être bien référencé.” Un premier rendez-vous avec le client vous permettra de bien définir les critères de recherche. La description du bien convoité doit être aussi fine que possible : surface, nombre de chambres, prix, quartier, orientation, style de l'appartement et de l'immeuble, vue, place de parking, etc.

Une fois le mandat signé, la recherche peut commencer. Après un travail de prospection, vous visiterez les appartements qui pourraient convenir. “Je prends des notes et des photos. Je fais un rapport de visite au client afin qu'il ait la meilleure vision possible du bien et qu'il puisse choisir les appartements à visiter”, explique Thomas Perot.

Selon le degré d'urgence et d'exigence du client, une mission prend plus ou moins de temps. Thomas Perot annonce une recherche moyenne d'un à deux mois. En général, il réalise trois recherches en parallèle. Lorsque le client a trouvé son bonheur, vous l'accompagnez jusqu'à la signature de l'acte de vente (rendez-vous avec l'agence, chez le notaire, etc.).

Quelles sont les conditions nécessaires pour faire ce métier ?

Réactivité, persévérance, psychologie, sens commercial, talent de négociateur, goût du contact et sens du service : telles sont les principales qualités que vous devrez posséder.

Casaniers s'abstenir ! Ce métier requiert beaucoup de déplacements. “J'ai jusqu'à six visites par jour, commente Thomas Perot. Je me déplace, selon les rendez-vous, en scooter, à vélo, en voiture, en transports en commun. Sur dix appartements, il y en a bien souvent un ou deux d'exceptionnels. J'apprécie aussi la variété des personnes que je peux rencontrer.”

Mis à part une bonne connaissance du secteur de l'immobilier et du droit, il n'y a pas de formation spécifique pour exercer ce métier. La profession est ouverte à des profils très variés. Seule condition indispensable : posséder la carte professionnelle pour pouvoir se mettre à son compte, comme pour tout agent immobilier.

Quel statut ? Quelle rémunération ?

Les opportunités se situent pour la plupart dans le statut d'indépendant. De rares agences emploient toutefois des salariés.

En tant qu'indépendant, vous serez payé selon le nombre de mandats que vous aurez su mener à terme. La pratique consiste à percevoir un pourcentage du montant de la transaction. Thomas Perot indique que la rémunération pour un mandat correspond à un mois de loyer, plafonné à 2.500 €. “Nous ne sommes payés qu'au résultat, indique-t‑il encore. J'estime qu'un chasseur qui réussit deux recherches par mois gagne entre 1.900 et 2.500 € bruts. Il y a une part de risque importante, comme pour toute activité commerciale payée au résultat.”

POUR ALLER PLUS LOIN
À découvrir aux Éditions de l'Etudiant :
Les Métiers de l'immobilier”,
par Pascale Kroll.

Sommaire du dossier
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