1. Organiser et dynamiser un réseau associatif étudiant

Organiser et dynamiser un réseau associatif étudiant

Envoyer cet article à un ami

Parfois, entre les quatre murs de son bureau, entouré par le tableau où sont épinglés des dizaine de papiers, les affiches de la dernière campagne CROUS et l’armoire remplie de documents correctement classés, on peut se sentir un peu seul...

Rapidement, on a la volonté d’aller taper à la porte de l’association ou du BDE d’à coté, prétextant un morceau de scotch ou pour lui proposer un café. Un constat est clair : l’associatif déteste rester seul et isolé dans son coin. Il cherche à s’étendre et à accroître ses contacts. C’est la première étape vers la constitution d’un réseau.


Qu’est ce qu’un réseau ?

Lorsque deux associatifs se rencontrent lors d’une commission électorale, lors d’une soirée étudiante, ils échangent des informations concernant leur association, se communiquent leur numéro de téléphone et prennent rendez-vous pour se revoir. C’est le point de départ d’un réseau d’un réseau associatif. Très rapidement, le mini réseau pourra se développer enrichi par les connaissances des deux premières personnes et former alors un réseau plus important, plus complexe ou chacune des personnes et leur association pourra fonctionner de façon autonome et communiquer avec d’autres, sans hiérarchie et indépendamment de tout élément dominant. Au final, le réseau ressemble à un maillage très développé, comme les mailles d’un filet de pêche (et non pas à une toile d’araignée où tout est dirigé vers le centre !), avec des points ou des sommets qui représentent les associations et des liens entre chacune comme de grandes voies de communication.

Pourquoi organiser un réseau ?

Comme le dit le proverbe : « l’union fait la force ». C’est souvent la volonté de briser l’isolement et de mettre en place un projet collectif qui pousse les associations à travailler ensemble, à se regrouper et à entretenir des relations amicales et/ou technique entre elles. Il y a plusieurs raisons pour lesquelles la constitution d’un réseau peut se révéler fructueuse.

L’échange de savoir-faire

Une association qui vient de se créer a tout intérêt à rencontrer ses voisins associatifs pour solliciter leur aide et s’enrichir des connaissances des autres plus expérimentés. Ceci la conduira ainsi à revoir ses statuts ou affiner son règlement intérieur, à développer un journal ou à monter une soirée. Cette association, une fois plus organisée pourra à son tour faire profiter l’autre association des connaissances qu’elle a acquises.
On peut avoir également le cas de deux associations qui sont côte-à-côte et qui décident de partager de leurs connaissances techniques (informatique, comptabilité, droit et obligations) et de gestions du quotidien. L’échange de savoir-faire est alors directement profitable aux deux structures puisque chacune apporte son expérience pour aider concrètement l’autre.

Le développement d’un projet en commun

Deux ou plusieurs associations peuvent décider de se regrouper autour d’un projet collectif (soirées, manifestations sportives, journal étudiant, liste commune pour des élections étudiantes). L’intérêt ici est bien entendu de mettre en commun les compétences de chacun qui vont aider à la réalisation du projet. La mise en commun des acquis et des compétences de chacun permet un développement optimal du projet.
Le fait de se regrouper autour d’un projet permet également de toucher un plus grand nombre de personne, que ce soit pour une soirée ou pour une élection étudiante.

Un pouvoir décisionnel et un pouvoir d’action plus important

Le réseau permet aussi d’être mieux entendu et mieux écouté surtout. Lorsque, pour une élection universitaire en conseils centraux, plusieurs associations présentent une liste commune, elles ont plus de chance d’obtenir un élu, que si l’association se présentait seule, et d’autre part elles ont au regard de l’université et des autres membres des conseils, un poids plus important en termes d’élus bien sûr mais en termes d’étudiants qu’elles représentent également. Cette liste devient alors une force décisionnelle et peut légitimement faire des propositions. Pour des associations, parler d’une seule voix permet de faire avancer plus rapidement leurs revendications et de défendre plus justement les intérêts des étudiants.

Comment conserver un réseau dynamique ?

La gestion d’un réseau peut se révèle complexe avec le temps, car il s’installe rapidement une certaine lassitude et des habitudes, voire un manque d’intérêt qui sont à l’origine souvent du démantèlement du réseau. Au début, tout est beau, tout est nouveau. On a choisit de défendre un projet commun, tout le monde est motivé et chacun y met du sien, en oubliant les contraintes et les susceptibilités des autres associations. Mais une fois le projet terminé et le champagne bu, alors chacun se demande : que fait-on demain ? Est-ce que je continue à bosser avec eux ? Pourquoi ? Le plus difficile commence : conserver la dynamique de réseau qu’on a mis en place.

Le secret d’un réseau dynamique est la communication

En général, certaines associations décident de prendre en charge la communication entre les différents membres du réseau. Aujourd’hui, les moyens de communication sont nombreux. Il y a le bon vieux téléphone et maintenant le portable, encore faut-il avoir un fichier téléphonique de toutes les associations du réseau. À long terme, la facture peut être salée mais c’est un bon moyen pour avoir en direct les responsables de l’association ou du BDE et prendre des nouvelles.

Les outils de communication

Il y a Internet et les réseaux informatique. Moyen de communication rapide et performant, il est très plébiscité par les associations car souvent gratuit (une fois qu’on a l’ordinateur et un accès Internet installé par la faculté ou par l’école). Il permet d’échanger rapidement les informations entre les associations, regroupées au sein d’une mailling-list ou via un site Internet ou un blog. Chacune y inscrit son actualité, fait des propositions, invite les autres à ses soirées…
Il y a les journaux étudiants et les courriers où chaque association peut informer les autres de ses activités ou de sa volonté de mettre en place un projet collectif avec d’autres associations.
Il y a les traditionnelles et nécessaires réunions où chacun à l’occasion de se rencontrer et de discuter ouvertement. C’est souvent lors de ces réunions que naissent les grands projets, grâce à la rencontre hasardeuse, autour d’un verre, de deux esprits associatifs illuminés.

Un projet, des valeurs, un intérêt

Une association ne quittera pas un réseau tant qu’elle pourra échanger avec les autres, être intégrée dans un projet collectif. Toutefois, même si chaque association du réseau partage des valeurs communes et poursuit les mêmes objectifs, elle doit trouver un intérêt pour elle et ses adhérents à faire partie de ce groupe. Elle voit de façon égoïste son propre développement et son épanouissement. La communication au sein du réseau reste donc la priorité et le développement de projet fédérateur impératif.


Du réseau associatif désorganisé à la fédération hiérarchisée

L’étape ultime de la constitution d’un réseau dynamique et fonctionnel est le regroupement en fédération d’association. Dans un réseau, il y a toujours des associations ou des BDE « pilotes » qui animent le réseau. Elles peuvent décider d’officialiser leur union en déposant avec l’adhésion de tous les membres du réseau des statuts en préfecture pour constituer une fédération. Ceci marque le point de départ d’une aventure enrichissante et fructueuse dans un cadre légal et défini.
Il ne faut pas craindre la structure « fédération ». Certes, elle peut présenter quelques désavantages. On peut avoir l’impression d’être enchaîné irrémédiablement, d’être prisonnier de la structure, mais en fait rien n’est différent. Il y a seulement un cadre juridique et officiel qui vient clarifier la collaboration des associations et des BDE. La fédération a pour mission de coordonner et d’accompagner les associations membres dans leur développement et la mise en place de projet spécifique grâce au savoir-faire et aux compétences du bureau et des éventuels salariés de la fédération.
En quelque sorte, on peut comparer le réseau associatif au concubinage et la fédération au mariage, où les associations libres de toutes contraintes légales, décident un beau jour de donner un statut officiel à leur union pour mieux se défendre et faire face à l’adversité, mais également pour tenter de faire fructifier cette union en développant des projets communs, où chacun pour s’épanouir.

Sommaire du dossier
Retour au dossier Dépoussiérer les statuts Réussir l'AG de son asso Développer une vie démocratique dans votre association Prévenir les risques et assurer votre association Réaliser un budget prévisionnel Rédiger un plan de trésorerie Comment embaucher un salarié ? Choisir un logo et un nom pour son association Rédiger un dossier de partenariat Quelques règles pour négocier avec des partenaires Communiquer avec les médias Obtenir une subvention FSDIE Obtenir une subvention Culture-Action Monter un journal étudiant Organiser une conférence Organiser un voyage au ski Sécurité routière et consommation de substances psychoactives Organiser une action de prévention routière contre l'alcool Monter une action de prévention des infections sexuellement transmissibles (IST) et comportements à risques Organiser le téléthon des associations étudiantes Réagir contre la précarité en milieu étudiant Organiser une braderie solidaire sur votre campus La semaine étudiante du commerce équitable Bien finir l'année universitaire Organiser et dynamiser un réseau associatif étudiant