1. Quels sont les syndicats étudiants ?

Quels sont les syndicats étudiants ?

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Il n’est pas forcément facile de choisir pour quel syndicat étudiant voter lors des élections de vos représentants. Pourtant, tous n’ont pas les mêmes mots d’ordre, ni le même poids politique.

Seulement 1 % d’étudiants syndiqués, moins de 8 % de participation aux élections étudiantes… C’est peu dire que les syndicats étudiants sont marginalisés. Pourtant, leur pouvoir et leur influence ne sont pas négligeables, comme en témoignent les mobilisations contre la loi LRU durant 2009, ou l’implication de certains syndicats dès qu’un projet de loi touche à l’enseignement supérieur. Une bonne raison de militer ?


L’UNEF


L’Union nationale des étudiants de France, vieille de près de 100 ans, est le syndicat historique et majoritaire des étudiants. Au printemps 2006, elle était, avec la FAGE, au cœur de la mobilisation étudiante contre le CPE (contrat première embauche).
=> Représentation nationale : 77 élus aux CROUS en 2014 (contre 79 en 2012) ; 4 élus au CNOUS en 2015 (également 4 en 2013) ; 5 élus au CNESER en 2013 (contre 4 en 2012).
=> Sensibilité politique : se dit apolitique, mais beaucoup de militants du Parti socialiste en sont issus.
=> Principaux thèmes de revendication : Créer une allocation d’autonomie, autrement dit un "salaire étudiant", dont le montant varierait en fonction de la situation de l’étudiant ; obtenir des subventions de l’État pour rénover les bâtiments universitaires et instaurer des transports à demi-tarif dans les villes universitaires ; construire de nouvelles résidences universitaires et autoriser des organismes comme le CROUS à se porter caution ; allouer les bourses sur des critères sociaux, et non au mérite ; lutter contre l’échec avec la mise en place d’un service public de l’orientation.
=> Les actions les plus marquantes selon William Martinet, président de l’UNEF : "Pour l'année 2015 nous continuons la bataille sur le budget des universités, encore insuffisant. A la rentrée 2014 nous nous sommes battus sur la réforme des bourses, il a fallu mettre la pression sur le gouvernement pour qu'il respecte ses engagements. Dans la même veine, nous menons également à chaque rentrée une campagne auprès des étudiants pour les aider dans leurs démarches pour bénéficier d'une aide sociale."

La FAGE

Fondée en 1989, la FAGE (Fédération des associations générales étudiantes) ne se revendique pas strictement comme un syndicat, mais elle intervient au nom des associations étudiantes, qu’elle regroupe via une trentaine de fédérations. Pas d’adhérents directs, mais un réseau de près de 2.000 associations.
=> Représentation nationale : 70 élus aux CROUS en 2014 (contre 57 en 2012) ; 4 élus au CNOUS en 2015 (contre 3 en 2013) ; 4 élus au CNESER en 2013 (contre 3 en 2012).
=> Sensibilité politique : apolitique.
=> Principaux thèmes de revendication : faciliter l’insertion des diplômés sur le marché du travail ; étendre les aides sociales, notamment pour le logement ; soutenir les actions associatives à l’université sur les sujets de société, notamment l'économie sociale et solidaire.
=> Les actions les plus marquantes selon Alexandre Leroy, président de la FAGE : "Le soutien infaillible depuis les années 2000 à la mise en place du processus de Bologne, car il permet d’apporter une vision par compétences et de s’aligner au niveau européen pour favoriser la mobilité. Parmi nos actions concrètes, il y a les AGORAé, des espaces de vie étudiante où sont mis en place des épiceries sociales et solidaires. La 10e épicerie de ce genre a été ouverte en 2014."

L’UNI

L’UNI (Union nationale interuniversitaire), née en 1968, représente le syndicalisme étudiant de droite, proche de l’UMP.
=> Représentation nationale : 14 élus Uni-Met aux CROUS en 2014 (contre 15 en 2012) ; aucun élu au CNOUS ; 1 élu Uni-Met au CNESER en 2013 (également 1 en 2012).
=> Sensibilité politique : proche de la droite républicaine.
=> Principaux thèmes de revendication : harmoniser les systèmes d’enseignement européens ; restaurer l’égalité des chances en redonnant tout sa place au mérite ; favoriser l’insertion professionnelle en instaurant des stages et en développant les rapports avec les directions des ressources humaines des entreprises ; diversifier les filières de formation afin de répondre aux nouveaux besoins de l’économie.
=> Les actions les plus marquantes selon Margot Perez, déléguée nationale adjointe de l’UNI : "En 2014 nous nous sommes battu pour le rétablissement des bourses au mérite et auparavant sur le maintien des APL. Nous défendons les étudiants issus des classes moyennes, car ils ne peuvent pas être boursiers sociaux et leurs parents sont plus touchés par les impôts. Nous nous battons également pour la liberté d’étudier et continuons de nous opposer aux blocages des universités."

MET

Fondé en janvier 2010, le Mouvement des étudiants est la branche étudiante de l'UNI (Union nationale interuniversitaire). Il est ouvert à chaque organisation, chaque étudiant qui partage les mêmes valeurs de mérite, d'excellence et d'égalité des chances. C’est un mouvement qui prône le dialogue et la concertation.
=> Représentation nationale : 14 élus Uni-Met aux CROUS (contre 15 en 2012) et 1 élu Uni-Met au CNESRER en 2014 (également 1 en 2012).
=> Sensibilité politique : organisation qui se veut indépendante rassemblant des étudiants de la droite et du centre.
=> Principaux thèmes de revendication : un système de bourses bénéficiant aussi aux classes moyennes, la création d'un ticket restaurant "étudiant" et d'un prêt étudiant à taux zéro, l'interdiction totale des blocages des facultés...
=> Les actions les plus marquantes selon Antoine Diers, président du MET : "Notre campagne pour la sauvegarde des APL et la défense des classes moyennes aux élections CROUS de 2012."

PDE

BDE, Corpos, Amicales et associations étudiantes
Créée en 1994, PDE (Promotion et défense des étudiants) est un regroupement d’organisations étudiantes monodisciplinaires (le BNEI, la FNEB, l'UNEG et l’UNEDESEP) dans le but de représenter les intérêts des étudiants et associations des filières.
=> Représentation nationale : 5 élus aux CROUS en 2014 (contre 11 en 2012)  ; 1 élu au CNOUS en 2013 (également 1 en 2010) ; 1 élu au CNESER en 2013 (contre 2 en 2012).
=> Sensibilité politique : apolitique.
=> Principaux thèmes de revendication : défendre et renforcer la vie associative dans les campus universitaires, favoriser la place des élus étudiants dans les conseils des universités et écoles (démocratie étudiante), garantir l'équité au niveau des bourses et de logement pour les étudiants, développer les passerelles entre les formations universitaires et la validation des acquis afin de limiter l'échec en premier cycle, assurer une meilleure adéquation entre les formations et les débouchés.
=> Les actions les plus marquantes selon Etienne Gstalter, président de PDE : "Nous agissons quotidiennement pour l'insertion professionnelle des étudiants et pour leur garantir un accès à leurs droits, via le dynamisme impulsé par les associations étudiantes composant PDE."
 

Confédération étudiante

La Confédération étudiante, créée en 2003, est un syndicat étudiant "qui agit de façon autonome et refuse la tutelle de tout parti politique". La Cé a un contrat d’association avec la CFDT ce qui permet aux deux organisations de travailler sur le droit des étudiants salariés, notamment des saisonniers.
=>Représentation nationale : pas d'élus aux CROUS en 2014 (contre 4 élus en 2010), pas d'élu au CNESER (contre 1 en 2008).
=> Sensibilité politique : apolitique.
=> Principaux thèmes de revendication : Les étudiants doivent pouvoir faire leur choix et les assumer : développer le lien étudiant avec le monde du travail ; construire un parcours d’autonomie. 

Solidaires étudiant-e-s

Solidaires étudiant-e-s, syndicats de luttes, est né de la fusion de la Fédération syndicale étudiante (FSE) et Sud étudiant. Il se revendique du syndicalisme de lutte pour participer à la transformation sociale. Les deux fédérations syndicales constitutives de cette nouvelle fédération ont été très actives durant les différentes luttes liées au processus de Bologne et à ses réformes, comme lors de la mobilisation étudiante de la LRU (2007) ou encore la mastérisation (2009). Solidaires étudiant-e-s revendique encore aujourd'hui son abrogation, ainsi que celle de la loi Fioraso et dénonce de manière générale l'irruption des politiques néolibérales au sein des établissements d'enseignement supérieur.
=> Représentation nationale : Sud étudiant avait 5 élus aux CROUS en 2010, mais n’en a plus depuis.
=> Sensibilité politique : proche de la gauche radicale, mais attachée à l'indépendance syndicale vis-à-vis des partis politiques.
=> Principaux thèmes de revendication : défendre au quotidien les étudiant-e-s (bourses, logement, examens, accès aux soins et à la prévention, contre le harcèlement, les discriminations), exiger la liberté de circulation et la régularisation des sans-papiers (carte d'étudiant = carte de séjour) ; défendre une université gratuite ouverte à tous.
=> Les actions les plus marquantes selon Solidaires étudiant-e-s : "Avoir réussi à unifier les fédérations syndicales de luttes étudiantes pour continuer à construire le rapport de force qui engage l'enseignement supérieur sur une voie d'ouverture à tout-e-s, émancipatrice, critique et porteuse d'une transformation radicale de la société, en concertation avec les syndicats professionnels. Nous sommes la seule organisation, en paroles et en actes, à s'être opposée à la loi Fioraso."


=> Les autres syndicats
Les Etudiants musulmans de France (EMF), la Fac Verte (3 élus aux CROUS en 2010).


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