Les écoles officiellement en lutte contre le bizutage

publié le 21 May 2007
5 min

Officiellement, les actes de bizutage sont interdits et punis par la loi depuis 1998. Pourtant à chaque rentrée, les petits nouveaux sont mis à l’épreuve par leurs aînés. Notre journaliste Julia Zimmerlich, qui a elle-même vécu ces pratiques alors qu’elle était étudiante, a enquêté sur les nouveaux codes du bizutage.

Sur la base des témoignages recueillis au cours de notre enquête sur le bizutage, nous avons sollicité la réaction des établissements cités. Tous dénoncent les actes de bizutage et informent les étudiants de leurs droits et devoirs en début d’année.

Une charte signée en mars 2008

En tant que membre de la Conférence des grandes écoles, Telecom École de Management, Telecom SudParis, l’ESC Toulouse, l’EDHEC, l’EM Lyon, l’ESSEC Business School et l’ESCP Europe sont signataires de la “Charte de bonnes pratiques sur les comportements à risques et addictions” de mars 2008. Signée par les présidents de chaque association et l’ensemble des étudiants, la charte fixe notamment les quantités d’alcool et les normes de sécurité pour les événements organisés au sein de l’école. La charte prévoit également la mise en place de séances de prévention.

De plus en plus de règles pour contrôler ce qui se passe hors les murs

Pour les événements organisés en dehors de l’établissement (dont le week-end d’intégration et les “réunions” d’étudiants pendant la précampagne), la charte ne fixe pas de règles précises mais recommande une “coopération étroite” entre les associations d’étudiants et l’administration.

À l’EM Lyon, depuis quelques années, la direction a fixé de nouvelles règles. Pendant la période de précampagne, les défis nocturnes et la consommation d’alcool sont interdits. Au-delà de 2 absences en cours non justifiées, les étudiants sont exclus de la campagne. Selon Arthur Lagarde, président actuel de la Corporation des étudiants (qui chapeaute l’ensemble des associations de l’école) : “Les mises en scène intimidantes et les défis individuels n’existent plus. Un membre de la corporation des étudiants est présent à tous les “croutages” (défis collectifs) pour éviter tout débordement.”

À l’ESC Toulouse, suite au WEI 2008, la direction a instauré le principe de “responsabilité collective”. En cas de dérapage, tous les élèves témoins sont aussi convoqués en conseil de discipline.

À l’ESCP Europe, après des plaintes de participants du WEI 2009, l’administration a travaillé avec le Bureau des élèves pour faire évoluer la formule de l’intégration. “Nous leur avons demandé d’être plus créatifs”, a expliqué Pascal Morand, directeur général de l’école.

Telecom SudParis prône une “consommation responsable”. “On ne sert plus un étudiant dès lors qu'il est jugé dans un état d'ébriété trop avancé”, explique le président du BDE. Concernant le “pigeon des prez”, l'étudiant reconnaît l'existence de cette pratique, “mais il n'y aucune obligation de terminer sa bouteille. Les présidents de listes et les anciens partagent un moment de convivialité en faisant des jeux à boire.”

Décision ministérielle du 29 septembre 2010 : les WEI seront placés sous surveillance, et annulés en cas de  doute. (Cliquez pour en savoir plus)

bizutage escem
Semaine d'intégration "responsable" à l'ESC Tours-Poitiers (ESCEM). A chaque rentrée, tous les nouveaux étudiants de la business school sont formés aux gestes de premiers secours, en partenariat avec la Croix-Rouge.

Sommaire
> Aujourd’hui moins de bizutages ou des pratiques plus clandestines ?
> Week-ends d’intégration, élections de BDE : les nouveaux rendez-vous pour bizuter “en loucedé”
> L’alcool et la misogynie, les ingrédients d’un bizutage “réussi”
> Pourquoi il est difficile aux bizuts de dire non
> Les écoles officiellement en lutte contre le bizutage
> Anne, bizutée en 2009 en deuxième année de médecine: “Les bizuteurs ont le pouvoir qu’on leur donne”
> Pauline, bizutée en 2006 à l’ESC Lille : “J’ai payé cher mon geste de rébellion”
> Lucie, bizutée en 2003 à l’EDHEC : “Je ne voulais pas me griller, j’avais vraiment envie de faire partie de l’association”
> Maxime, “usiné” en 2005 à l’ENSAM : “Sorties de leur contexte, nos coutumes choquent
> Soirées médecine : "biture express" chez les étudiants

Et vous, que pensez-vous du bizutage ? Partagez vos expériences sur notre forum.
Si vous êtes victime ou témoin d’un bizutage, contactez le CNCB (Comité national contre le bizutage) au 06.07.45.26.11 ou par mail contrelebizutage@free.fr.

Propos recueillis par Julia Zimmerlich, avec la collaboration de Guillaume Bourain

Septembre 2010

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