1. L’apprentissage de l’indépendance

L’apprentissage de l’indépendance

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Les messages incitant à manger mieux se multiplient. Pourtant, les jeunes continuent d’avoir une alimentation déséquilibrée. Souvent par manque de moyens.

Face à sa plaque de cuisson, les yeux dans les yeux avec sa casserole, Thomas est lui aussi confronté à un choix cornélien : ce soir, encore des pâtes ? Parti de chez ses parents il y a deux ans, le jeune homme ne va pas au RU et préfère manger chez lui. Mais voilà, il n’est pas un grand cordon-bleu et ses ambitions culinaires sont limitées. "Ce n’est pas toujours facile d’avoir des idées de plats, avoue-t-il. D’autant qu’à la maison, je ne faisais pas souvent la cuisine !"
Le début des études postbac rime souvent avec indépendance. Livrés à eux-mêmes, les étudiants dits "décohabitants" ont une alimentation moins équilibrée que leurs copains logeant encore chez leurs parents. "Lorsque les jeunes se retrouvent seuls, ils se sentent perdus, constate Katia Tardieu, diététicienne. La rupture alimentaire est importante, car ils doivent souvent réfléchir pour la première fois à ce qu’ils vont mettre dans leur assiette."
La probabilité de sauter des repas devient alors plus forte, comme celle d’élaborer des plats simplifiés, surtout chez les jeunes les plus en difficultés financières. "Ils manquent d’organisation, note la diététicienne. Ils ont besoin de conseils très pratiques, tenant compte d’une contrainte de budget, mais aussi de savoir-faire." Quand on ajoute à cela une cuisine à l’équipement réduit – comptant, bien souvent, une seule plaque chauffante et un four –, les plats surgelés et autres facilités deviennent autant de solutions miracles.
Alors, l’étudiant ne mange pas très varié. Au menu de ses repas, beaucoup de produits laitiers et de féculents, pour trop peu de fruits, de légumes ou de viande. De même, beaucoup de repas sont simplifiés : une simple soupe ou une unique salade concurrence l’habituel entrée-plat-dessert. Plus facile à cuisiner, plus rapide et moins coûteux. Sans compter les grignotages…

Céline Authemayou
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