1. "Ma soirée d’ouragan Sandy avec des étudiants de Columbia à New York"
Témoignage

"Ma soirée d’ouragan Sandy avec des étudiants de Columbia à New York"

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Partie en septembre 2012 pour réaliser un road-movie – "Campus campaign" - sur la présidentielle américaine vue des campus, Marie Demarque, étudiante en journalisme à Science po, se trouve à New York le 29 octobre, jour où l'ouragan Sandy s'abat sur la côte Est des Etats-Unis. Elle revient sur cette nuit de tumulte, en plein cœur de Manhattan, aux côtés d'autres étudiants branchés en continu sur les réseaux sociaux pour s'informer.

Les consignes des autorités New Yorkaises étaient claires: "Faites des provisions et calfeutrez-vous à la maison". C’est ce que nous avons fait Hugo* et moi, avec les deux étudiants new-yorkais chez qui nous logeons : Marie, une Française, et Lawrence, un Américain. Normalement, ils sont trois dans l’appartement mais Bryan, leur colocataire, n'a pu revenir de son week-end familial en Pennsylvanie avant le début de la tempête. Ce n’est pas très grave, de toute façon il ne manquera pas les cours à la fac de Columbia puisque tous ont été annulés pour au moins deux jours, tout comme le métro, fermé depuis dimanche soir 19 h.

4 étudiants en journalisme dans un salon, un ordi sur les genoux

Par chance, le quartier de l’université Columbia, qui se trouve au nord de Manhattan, à Morningside Heights, a été épargné par la tempête. Certes le vent a soufflé très fort et il a plu mais les dégâts sont limités dans les rues voisines. 


Marie est étudiante à l'école de journalisme de Sciences Po mais achève ses études par un double diplôme à l'université de Columbia. Avec elle, lundi, nous sommes sorties deux fois, vers 10 h et 15h pour prendre des photos avant que l'ouragan Sandy n’arrive vraiment. En début de soirée, nous avons décidé de ne plus mettre les pieds dehors, par précaution. Mais pas question pour autant de se couper du monde, ni de broyer du noir ! Au contraire, nous avons accueilli une autre étudiante en journalisme de la Columbia : Kim, d'origine suédoise, a débarqué lundi soir les bras chargés : venant d'apprendre qu'elle recevrait une bourse d'études, elle a apporté une bouteille de vin rouge et du fromage français pour fêter ça.

Une longue nuit nous attendait. Nous étions donc quatre reporters en herbe (et ravitaillés) installés dans le salon, avec chacun un ordinateur sur les genoux. Sans télévision, Le Web et en particulier Twitter nous ont permis de suivre en direct l'évolution de la tempête qui grondait à nos fenêtres. Le site de micro-blogging s'est révélé comme "LE media de l’ouragan Sandy" , pour les new yorkais comme partout dans le monde.
Selon les comptes et les personnes qui nous suivions chacun de notre côté, nous avons pu échanger à haute voix les informations que nous recevions sur notre timeline. C'était même souvent la course à celui d'entre nous qui verrait (et vérifierait) le plus vite les nouvelles via le réseau social.

Échange et surtout tri des informations sur nos timelines

Comme à chaque grand événement, Twitter a été le lieu de recueil et de partage d'innombrables témoignages en tous genres. Presque tous les grands médias ont ouvert des “live”, ces plateformes numériques qui agrègent du contenu puisé sur le web en lien avec une actualité. Plusieurs millions d'internautes ont ainsi posté des photos, vidéos et messages décrivant la situation dans laquelle ils se trouvaient. Nous avons ainsi pu voir que plusieurs stations du métro new-yorkais étaient inondées grâce à des captures d'écran de vidéo-surveillance. Parmi les images les plus impressionnantes figure sans doute la vidéo de ce générateur électrique qui a explosé dans Manhattan, ou encore, la photo d'une grue qui s'est brisée près de Central Park.

Vers minuit, le New York Times a estimé qu’environ 10 photos par seconde étaient publiées via l’application Instagram. Twitter a également servi de relais pour les autorités, et notamment Michael Bloomberg. Le maire de New York dont le compte officiel était particulièrement actif cette nuit, a diffusé des informations sur les consignes de sécurité à respecter et faire le point sur la situation (évacuation des hôpitaux, rappel de l'interdiction de sortir…). 


En pleine nuit, via le hashtag “sandy”, nous croulions donc sous flot de contenu sur Twitter. Réflexe de journalistes en herbe oblige, nous nous méfions toutefois des “fakes” qui circulent alors sur le réseau social : photos anciennes ou retouchées, rumeurs en tous genres… L'occasion pour nos hôtes et nous-mêmes de mettre en pratique nos cours sur la vérification des sources.  

Toute la soirée, nous avons redouté la coupure d'électricité qui n'est finalement pas survenue. Nous avions acheté des bougies et laissé charger nos ordinateurs en permanence, par précaution. Finalement, vers 2 ou 3 heures du matin, nous sommes allés nous coucher, même s'il fut difficile de "décrocher" du flux d'informations, car vers 2 h (heure locale), les matinales des radios ont débuté en France et nous avions aussi très envie de suivre la manière dont cet événement était couvert depuis l'Hexagone. Mardi, la vie reprenait peu à peu son cours à New York, plusieurs quartiers vivent toujours sans électricité mais les équipes de techniciens sont extrêmement actives et mettent tout en œuvre pour réparer les dégâts causés par Sandy et qui devraient tout de même coûter plusieurs dizaines de milliards de dollars. 

* Hugo Leenhardt, camarade de promotion de Marie et co-fondateur de Campus Campaign.

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