Comment Soline a réussi à entrer en M2 négociation commerce international

Par Olivier Monod, publié le 17 Septembre 2013
6 min

La sélection du master

Le master négociation commerce international de Paris 3 – Sorbonne Nouvelle, n'a pas un processus de sélection comme les autres. Celui-ci se déroule en cinq étapes, toutes éliminatoires. Parmi les 400 étudiants qui déposent un dossier de candidature chaque année, une centaine sont conservés pour passer des épreuves de langues (anglais et une autre langue au choix). Ensuite, seuls 60 d'entre eux sont convoqués à l'entretien de motivation, puis, une quarantaine à l'oral "d'aptitude à la négociation".

Au final, ils ne seront que 20 à être acceptés pour former la promotion du master. Une promotion aux filières et aux nationalités diverses : "Nous avons 11 cultures différentes dans notre promotion, 7 ou 8 personnes issues de Paris 3 – Sorbonne Nouvelle, mais tous sont trilingues", explique Éliane Karsaklian, la responsable du master.


Pourquoi Soline a choisi ce master

"J'ai entendu parler de ce master par le bouche-à-oreille, confie Soline, aujourd'hui en master 2. Il a la réputation d'être multiculturel et très pratique au niveau de la formation, c'est ce que je cherchais."


Sa candidature passée au crible


Son CV commenté

Attention, le parcours académique de Soline est impressionnant. Avant de présenter le master NCI (négociation commerce international), elle était déjà titulaire de deux licences, d'un M2, d'un diplôme de l'INALCO... et parlait six langues.

Elle passe son bac L à Clermont-Ferrand (63). Option anglais et LV3, mention bien, elle parle donc anglais, allemand et espagnol. Elle y passe ensuite une licence de LEA anglais-russe, option chinois, à l'université Blaise-Pascal.

En 2009, elle décide de partir suivre un cursus d'anthropologie à Paris 10 Nanterre [Paris-Ouest-Nanterre-la-Défense]. Elle s'inscrit en parallèle à l'Inalco pour perfectionner son chinois et effectue son M2 en échange international à Pékin.

La jeune fille peut aussi s'enorgueillir d'un stage de six mois aux USA pendant sa licence de LEA et d'un stage en marketing et d'une expérience associative.

fleche-rouge Éliane Karsaklian, responsable du master

"Nous privilégions bien entendu les profils internationaux, de personnes ayant voyagé pendant leurs études. Soline parle six langues, elle vient de LEA, comme beaucoup de nos candidats. Elle a eu une démarche intéressante en s'orientant vers l'anthropologie et en suivant en plus ce cursus de l'Inalco. Son côté sciences humaines l'amène à avoir un avis différent de ses camarades de promotion. C'est très intéressant pour la richesse du groupe.

Ne pas avoir une grande expérience en commerce n'est pas rédhibitoire. Je privilégie vraiment les personnes qui ont démontré une capacité d'action sur le terrain. À propos des notes, la moyenne générale m'intéresse peu. Je regarde le niveau en langues, commerce, économie et droit. Ce n'est qu'un critère, mais c'est sûr qu'un dossier autour de 10/20 dans ces disciplines ne va pas retenir mon attention. C'est un tout, un dossier uniquement bon académiquement, mais sans stages, sans rien d'autre, je ne le regarde pas non plus..."


Sa lettre de motivation commentée

Dans sa lettre de motivation, Soline a voulu mettre en avant ses expériences de vie à l'étranger et son aisance dans les langues étrangères. "Mais j'ai aussi essayé de parler de mes stages et de mes expériences en entreprise", indique-t-elle.

Comme elle n'a pas de projet professionnel très précis, elle s'appuie davantage sur son parcours et son envie de travailler dans une entreprise internationale.
 

fleche-rouge Éliane Karsaklian, responsable du master

"Pour Soline, la qualité de la formation initiale a plus joué que son projet professionnel, encore flou. Elle n'avait pas un profil très commercial, mais le master sert aussi à cela, pour certains élèves. Il permet de davantage côtoyer les entreprises et de définir son projet. Et il faut également des profils différents pour faire une bonne promotion."
 

Son entretien commenté
  

Pour l'entretien de motivation, la présence physique est obligatoire. Il s'agit de la troisième épreuve, le lendemain de celles de langues. "Je revenais tout juste de Pékin, j'ai atterri deux jours avant la convocation", souligne Soline.

L'épreuve est aussi un test de patience. Convoqués à 8 heures, certains ne passeront que l'après-midi. "Ce genre de situation peut se retrouver dans le cadre de notre métier plus tard", précise la jeune fille.

Elle se souvient d'une question à laquelle elle ne s'attendait pas : "Êtes-vous plutôt follower ou leader ?" "J'ai essayé de répondre honnêtement. J'avais parfois l'impression qu'ils sondaient mon caractère, ma capacité d'adaptation, de travail en équipe et ma capacité de résistance au stress."
 

fleche-rouge Éliane Karsaklian, responsable du master

"J'apprécie beaucoup la capacité de se montrer disponible à la descente de l'avion. Il s'agit d'une situation courante pour un négociateur international. Le jury est composé de professeurs, de professionnels et d'étudiants. Le but n'est pas d'entendre ce que nous avons déjà lu dans le dossier. Nous voulons toucher la personnalité du candidat. Nos élèves sont acteurs de leur formation, ils travaillent beaucoup en équipe. Nous essayons donc de connaître leur rapport aux autres.

Un élément éliminatoire est de parler d'un sujet que l'on ne maîtrise pas. Une candidate a affirmé lire la presse internationale et économique tous les jours, mais était incapable de me citer les principaux sujets de tractation entre la France et la Chine..."

 
Son épreuve d'aptitude à la négociation commentée

 

Épreuve très particulière à ce master, elle se décompose en deux parties. La première, écrite, demande au candidat de coucher sur le papier quelle serait sa démarche face à des situations de négociations données. Ensuite, il est amené à défendre ses réponses devant un jury. "Pour ma part, j'ai joué le jeu, explique Soline. J'ai sincèrement essayé de me projeter mentalement dans la situation et d'imaginer honnêtement ce que je ferais."

Une fois devant le jury, la jeune femme ne s'est pas montrée obtuse. "Nous avons débattu avec le jury, je ne me suis pas montrée trop affirmative. À la fin, je n'étais pas sûre de moi et je croisais d'autres candidats avec des certitudes très tranchées sur les bonnes réponses à donner dans chaque situation. Je ne les ai pas recroisés à la rentrée..."
 

fleche-rouge Éliane Karsaklian, responsable du master

"Soline a eu la bonne attitude. Dans cette épreuve, je ne cherche pas des personnes qui ont des techniques de négociation, je cherche des personnes qui ont le bon instinct. Cette épreuve ne se prépare pas. Il ne s'agit pas de se demander ce que nous attendons comme réponses. Il s'agit de démontrer une aptitude. Certains candidats arrivent en disant : 'Je vais appliquer une stratégie gagnant-gagnant.' Quand je leur demande ce que cela signifie concrètement et quelles autres stratégies il existe, ils ne savent pas répondre. Le but n'est pas d'avoir une discussion sur les techniques de négociation. L'objectif est de déceler si la personnalité du candidat colle avec le métier de négociateur."

Articles les plus lus

A la Une Master, mastère, MBA

Partagez cet article sur les réseaux sociaux !