PACES : une année charnière pour les derniers étudiants

Par Pauline Bluteau, publié le 02 Mars 2021
7 min

Elodie, Virginie et Céline font partie des quelque 15.000 derniers étudiants en PACES. Entre le confinement, les cours à distance, le concours et la réforme des PASS et L.AS, les futures professionnelles de santé racontent comment elles vivent cette dernière année si particulière.

Cette année, près de 15.000 étudiants ont "échappé" à la réforme des études de santé. Pour eux, la PACES (première année commune aux études de santé) reste d’actualité mais seulement pour quelques mois supplémentaires. À compter de septembre, la PACES sera exclusivement remplacée par les PASS (parcours spécifique accès santé) et les L.AS (licence avec option "accès santé").

L’Etudiant est donc parti à la rencontre de la dernière génération de PACES, génération qui en plus de devoir subir cette année de transition doit également gérer crise sanitaire, cours à distance et concours pour espérer entrer en deuxième année de médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie ou kiné à la rentrée 2021.

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Le choc de la première année de PACES

Il y a un peu plus d’un an, en septembre 2019, Elodie, Virginie et Céline entraient en première année de médecine. Après avoir obtenu leur bac S avec des mentions bien voire très bien, ce début d’année à la fac avait été plutôt difficile. "Il fallait se mettre très vite dans le bain mais à ce moment-là ça allait encore, les cours étaient en présentiel", se rappelle Elodie, 20 ans, étudiante à l’université de Nîmes. Leur premier concours arrive en décembre et c’est la douche froide. Les étudiantes comprennent immédiatement qu’elles devront redoubler leur PACES l’année suivante. "Moi qui ne m’étais jamais plantée, ces résultats ont été un choc. J’ai beaucoup douté et j’ai pleuré pendant une semaine", poursuit Elodie.

D’autant que quelques semaines après, dès le mois de mars, la crise sanitaire mettait les universités à l’arrêt. À distance, elles apprennent que le concours de la PACES est repoussé d’un mois. Pour Céline, 19 ans, étudiante à l’université de Tours, cette annonce s’est avérée positive. "Le confinement a joué en ma faveur, j’ai eu plus de temps pour réviser", assure-t-elle. La jeune femme a également pris le temps de réfléchir à son orientation : "Je me suis rendu compte que le pharmacien n’était pas qu’un vendeur de dolipranes, cette filière m’a beaucoup plu."

À l’inverse, Elodie et Virginie, ont subi le premier confinement et les aléas des cours à distance. "J’ai raté plusieurs cours à cause d’une très mauvaise connexion Internet mais quoi qu’il en soit, cela ne m’aurait pas permis de réussir le concours…", confesse Elodie.

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Une motivation à toute épreuve

Réforme oblige, alors que les nouveaux bacheliers n’ont d’autres choix que d’entrer en PASS ou L.AS à la rentrée dernière, les "doublants" comme on les appelle couramment, ont pu rester en PACES pendant cette année de transition. "J’ai réussi à trouver mon rythme plus facilement cette année : je regarde les vidéos des cours le matin et je révise l’après-midi. Le tutorat nous aide aussi à avancer, c’est un vrai soutien", affirme Virginie, 19 ans, étudiante à l’université de Saint-Etienne.

Depuis le début de l’année, les trois jeunes femmes restent d’ailleurs très motivées et bien décidées à atteindre leur but. "J’ai vraiment envie de devenir médecin urgentiste, je serais très déçue de ne pas réussir cette année", poursuit la Stéphanoise. "C’est toujours mon rêve de soigner et m’occuper des gens mais avec la crise, c’est dur d’avoir des objectifs sur l’avenir", estime Elodie.

À Tours, Céline ne cache pas ses coups de mou. "L’année de PACES reste quand même très dure, surtout en novembre-décembre, à l’approche du concours… On ne voit pas le bout du tunnel… On s’enferme de 7 heures à 23 heures pour travailler, on est débordé…"

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"On a de la chance d’être en PACES"

Si pour le moment, rien n’est joué pour les futures praticiennes, cette deuxième et dernière année de PACES semble tourner à leur avantage. "Quand je vois comment se déroule cette année pour les étudiants en PASS et L.AS… Je suis très contente d’être en PACES !", s’exclame Virginie. "Ça a l’air compliqué, ils n’ont aucune information et nous, en tant que doublant, on ne peut même pas les aider puisqu’on n’a pas tout à fait le même programme", complète Elodie. "Ils ont plus d’heures de cours que nous, une mineure à travailler et ne savent même pas combien de places ils auront pour entrer en deuxième année… Je pense qu’on a de la chance d’être en PACES", admet Céline.

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L’inquiétude plane tout de même sur l’obtention de leur concours en fin d'année scolaire. "Je ne veux pas m’avancer mais disons que j’ai de l’espoir, le concours reste très stressant", assure Elodie. Les trois étudiantes ont d’ailleurs déjà anticipé une réorientation. Sur Parcoursup, elles ont fait des vœux en licence de sciences et visent également le diplôme d’infirmier, un BTS diététique… "On pourrait entrer en deuxième année de licence de biologie mais on n’est pas dupe, on sait qu’ils ne pourront pas accueillir tout le monde, explique Céline. Comme j’ai un intérêt pour l’industrie et la recherche, je mets toutes les chances de mon côté pour pouvoir un jour bifurquer vers la pharma, coûte que coûte." Virginie quant à elle se veut plus pragmatique : "Je ne veux pas penser à d’autres alternatives, au moins ça me pousse à travailler !"

Pour toutes les trois comme pour les 15.000 étudiants en PACES cette année, tout se jouera en juin prochain. Selon le numerus clausus fixé pour la rentrée 2021, seul un étudiant en PACES sur quatre pourra intégrer une deuxième année d’études de santé.

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