1. Marcel Rufo : engagé en médecine

Marcel Rufo : engagé en médecine

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Régulièrement, le pédopsychiatre Marcel Rufo vous donne des conseils sous la forme d’un courrier au petit-fils ou à la petite-fille que vous pourriez être pour lui.

Mon cher petit-fils, tu sais combien tout ce qui touche à la santé m’intéresse depuis que tu es engagé dans des études de médecine. Conservera-t-on le niveau AAA de nos hôpitaux ? Est-ce que les frais de scolarité, acceptables et accessibles à tous, seront maintenus au niveau actuel ? Faudra-t-il que les ­nstallations dans les déserts médicaux deviennent obligatoires ? Et j’espère que la terrible règle « un fonctionnaire sur deux non remplacé » ne s’appliquera jamais aux lieux de soins, déjà tellement mis en difficulté par la mise en place des 35 heures, sans que des moyens supplémentaires en personnels n’aient été attribués.

Ce qui m’a interpellé récemment, c’est l’annonce de l’augmentation de la pauvreté étudiante. J’ai lu que 19 % des étudiants n’ont pas de mutuelle et que 55 % renoncent aux soins (que ce soit l’ophtalmo, les lunettes, le dermato, la gynéco ou, plus banalement, la surveillance de leur état de santé). Et c’est alors que ton courriel m’a rassuré. Tu m’indiquais ta participation à une action de santé publique pour la population. Tu étais positionné à l’entrée de la cité universitaire et tu as été impressionné par le grand nombre d’étudiants d’autres disciplines qui sont venus te demander des conseils.

Tu as constaté que la simple prise de la tension artérielle les rassurait beaucoup. Le pouvoir médical trouve son origine dans ce type de relations patient-médecin. Par ailleurs, tu répondais aux questions diverses et proposais des orientations.Merci pour la photo que tu m’as envoyée. Tu es fier de ta blouse et du stéthoscope que l’on t’a offert pour ton anniversaire. Ton amie, qui se destine à la pédiatrie, expliquait l’intérêt des vaccinations, une autre, plus tournée vers la gynécologie, prônait la prévention des cancers de l’utérus et, toi, tu organisais les rencontres comme le futur spécialiste de santé publique que tu deviendras.

Une fois de plus, voilà qui renforce mon optimisme porté sur les nouvelles générations. Merci de me faire partager cet émoi universitaire dont on ne parle jamais. Défends toujours les plus faibles, garçon, c’est ainsi que l’on devient fort.
Ton admirateur de grand-père

Retrouvez le pédopsychiatre Marcel Rufo dans l’émission "Allô Rufo", sur France 5, du lundi au vendredi, à 9h55.
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