1. Marcel Rufo : Erasmus prolonge la saison des amours

Marcel Rufo : Erasmus prolonge la saison des amours

Envoyer cet article à un ami

Régulièrement, le pédopsychiatre Marcel Rufo vous donne des conseils sous la forme d’un courrier au petit-fils ou à la petite-fille que vous pourriez être pour lui.

C’est à l’automne qu’avec délice, nous nous souvenons de nos amours d’été. Mon petit-fils est venu me voir ­l’autre soir avec une sale mine : fin octobre, c’est le mois où l’année universitaire est engagée, et où l’été s’éloigne. Je comprends d’autant plus son malaise que ma nostalgie s’accroît avec l’accélération de mon temps vécu. Car les vacances sont décidément toujours de plus en plus rapides, et j’essaie sans cesse de capter, avec une réelle mansuétude, les événements de vie de ce garçon que j’adore.

Raconte-moi ton été. Et voilà pourquoi il est maussade : comme la majorité des étudiants, il a effectué un petit boulot d’été. Il a été employé à la capitainerie d’un port de plaisance de Méditerranée. Son rôle consistait à placer les voiliers et les bateaux à moteur qui venaient y faire escale. J’ai vu ses photos : il avait un zodiac avec un 50 chevaux, un short bleu marine, un polo blanc et les chaussures bateau bleues que je lui avais offertes pour l’occasion. Il était, sur la photo, magnifique et bronzé comme les pêcheurs de Ligurie de mon enfance.

Alors, pourquoi ce blues ? Il est serein maintenant, au niveau de son parcours universitaire : son choix est confirmé et il s’est fait plein d’amis, dont il ne sait pas encore qu’ils vont l’accompagner toute sa vie. Le drame, c’est Paola, une psychologue italienne de trois ans son aînée et qui effectuait, dans le même port, son stage préprofessionnel d’aconage, car elle est destinée à devenir la première femme pilote du port de Gênes. Il me montre alors sur son iPad une photo de la demoiselle. Elle est magnifique et a une ligne à perdre Ulysse pour toujours. Elle porte un deux-pièces marron qui colle à sa peau brune. Des cheveux longs. Puis une photo de face confirme la déesse. Mais lorsqu’il éteint sa lanterne magique, des larmes brillent dans ses yeux.

Bien qu’ils échangent dix courriels par jour, il passe son temps à se renseigner sur l’horaire des trains pour Gênes. Il est très motivé pour effectuer un séjour Erasmus d’une année à l’étranger. À Gênes, bien sûr. Merveilleuse génération à laquelle on impose une mobilité, dont ils sont d’ailleurs bien plus capables que nous. De son côté, sa dulcinée a choisi de faire son stage professionnel d’une année à Marseille. Avant de repartir, il me lance : "Vous ne voyagiez pas beaucoup de ton temps !" Non ! Mais on pouvait aussi rencontrer Paola.

Retrouvez le pédopsychiatre Marcel Rufo dans l’émission "Allô Rufo", sur France 5, du lundi au vendredi, à 9h55.
Sommaire du dossier
Retour au dossier Marcel Rufo : Révise bien Marcel Rufo : engagé en médecine Marcel Rufo : Erasmus prolonge la saison des amours Marcel Rufo : il faut que le bizut passe ! Marcel Rufo : harcèlement à l’école Marcel Rufo : tricher Marcel Rufo : l’internat Marcel Rufo : l’incroyable modernité de la génération Y Marcel Rufo : "La ville universitaire que vous aurez choisie deviendra une part de votre identité" Marcel Rufo : "Tout se rejoue toujours" Marcel Rufo : "La rentrée universitaire est un nouveau départ de votre vie, de votre devenir" Marcel Rufo : le temps des étoiles filantes Marcel Rufo : petits boulots, petits remplacements Marcel Rufo : l’inquiétude d’entrer en prépa Marcel Rufo : Pas d’effort sans confort Marcel Rufo : Vive l’histoire ! Marcel Rufo : "La bourse ou la vie" Lettre à mon petit-fils : Amours virtuelles Marcel Rufo : "Lutter, souffrir un peu pour se construire" Marcel Rufo : "À un promeneur de lycée" Marcel Rufo : “Ne pas oublier les anciens” Marcel Rufo : "Vacances humanitaires" Marcel Rufo : " Choisir d’être parents-étudiants" Marcel Rufo : "Une année sabbatique" Marcel Rufo : "Médiateur : un métier impossible" Marcel Rufo : "Vive les sciences humaines !" Marcel Rufo : "Soyez 'sophraddict' !" Marcel Rufo : "Des études, puis un métier" Marcel Rufo : "Enseignante, c’est maintenant !" Marcel Rufo : "Bonne route"