1. Marcel Rufo : "La ville universitaire que vous aurez choisie deviendra une part de votre identité"

Marcel Rufo : "La ville universitaire que vous aurez choisie deviendra une part de votre identité"

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Régulièrement, le pédopsychiatre Marcel Rufo vous donne des conseils sous la forme d’un courrier au petit-fils ou à la petite-fille que vous pourriez être pour lui.

Marcel RufoQuelque part, en France, pas trop loin parfois, une ville universitaire attend ses étudiants. Paris, bien sûr, avec la Sorbonne, Assas, Sciences po, Cochin et la rue d’Ulm, autant de lieux qui nous font tous rêver. Montpellier aussi, avec Rabelais déjà comme "estudiant", Aix-en-Provence, qui évoque une ville de Toscane pour sa qualité de vie et d’enseignement, Lille, capitale des Flandres, et Marseille, celle de la Méditerranée. Il va falloir choisir sa discipline pour son avenir, mais tout autant sa ville pour les années délicieusement angoissantes que représentent celles des études universitaires. Leurs quartiers vous attendent, le monde s’y refait tous les soirs dans les bars. Il faut trouver une chambre chez l’habitant, dans une cité U ou en "coloc".

Quelle aventure ! Être enfin autonome, ne plus rentrer dans sa famille le soir, et comme Racine le disait : "Nous avons des nuits plus belles que nos jours." Certains espaces urbains vont s’incruster dans votre vécu, ils seront pour toujours le terrain de vos exploits de jeunesse. Pas grand-chose, souvent : une partie de baby-foot déchaînée, une tirade de comptoir, des regards croisés qui n’ont abouti à rien. Vous serez aussi "de la fac de" pour toujours. Et si par chance vous devenez universitaire, vous n’en changerez pas. On peut regretter d’ailleurs ­l’immobilité française des postes, bien différente de la plasticité anglo-saxonne, et l’on ne peut que s’interroger sur le fait que vos enseignants vous demandent à vous d’être mobiles alors qu’ils ne le sont pas. Mais qui se plaindrait d’un séjour Erasmus à Venise, Berlin ou ­Londres ? Votre université vous exportera pour que vous la représentiez.

Il est possible aussi que vous changiez de ville, et qu’un concours vous entraîne ailleurs. Votre université d’origine n’aura été que le marchepied d’une réussite et vous sourirez gentiment à son évocation. Vous l’oublierez un peu, le succès bien souvent dédaigne les étapes qui l’ont permis. Dommage ! Car comme le quartier que vous aimez, cette université existe surtout par votre choix. Étrange métamorphose, la ville universitaire que vous aurez ­choisie deviendra une part de votre identité. Observez à cet effet les rubriques nécrologiques. Et vous verrez les disparus signer leur appartenance à leur école. Alors, bon choix ! Belles études et bon départ dans la vie, dans une ville choisie, rayonnante de sa notoriété, de ses anciens étudiants et surtout, riche de votre arrivée !

Retrouvez le pédopsychiatre Marcel Rufo dans l’émission "Allô Rufo", sur France 5 du lundi au vendredi à 9h55, et sur letudiant.fr

Sommaire du dossier
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