1. Marcel Rufo : l’incroyable modernité de la génération Y

Marcel Rufo : l’incroyable modernité de la génération Y

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Régulièrement, le pédopsychiatre Marcel Rufo vous donne des conseils sous la forme d’un courrier au petit-fils ou à la petite-fille que vous pourriez être pour lui.

Deux sociologues américains, William Strauss et Neil Howe, ont proposé en 1990 la classification alphabétique "Y" pour la génération née entre 1980 et 1995. Sa caractéristique majeure consiste en une capacité exceptionnelle à communiquer : tous sur Facebook, 2 à 3h par jour sur MSN et l’ordinateur comme 2ème "moi". Mais ils et elles sont le résultat de notre éducation : nous, parents, avons les ­adolescents et les jeunes adultes que nous méritons. Nous avons toujours cherché à les comprendre, tenté de répondre à leurs questions plutôt que de les éduquer de manière rigide et conventionnelle. La nouvelle famille fonctionne comme une réunion syndicale permanente à domicile.

Très tôt, ils et elles amènent chez nous des petits copains et copines, dont ils vont ensuite se séparer. Les "Y" dans les grandes villes n’ont que 30% de chances de survivre en couple au bout de 5 ans ! Pour les "Y", adieu la notion de carrière, vive le temps de vivre, celui des loisirs et de la qualité de l’environnement ! "Mon métier, c’est ma vie" s’est transformé en "un métier pour bien vivre". On comprend alors que les emplois modestes sont souvent refusés par les "Y". Davantage citoyens du monde, indiscutablement moins xénophobes, européens sans plus, ils risquent de partir tous au Canada ou en Australie. Imaginez les parents tellement aimants et les grands-parents vieillissants : ils vivent comme un séisme cette distance géographique.

Mais les "Y" font indiscutablement voyager les seniors. Combien de papis et de mamies font de longs voyages à répétition, sans oublier de passer tous les jours sur Skype ? En somme, cette incroyable modernité des "Y" nous renvoie à cette pierre découverte il y a longtemps dans des fouilles de Babylone. Sur une de ses faces, les vieilles générations déclaraient qu’elles voulaient continuer à diriger la cité car leur sagesse était un gage de modernité. Sur la face opposée, les nouvelles générations (les "A" sans doute à l’époque) affirmaient qu’il était temps de changer le monde et revendiquaient le pouvoir. Les "Y", eux, sont moins révolutionnaires, plus dans le dialogue… ce qui ne les empêche pas d’être tout aussi obstinés dans l’idée d’avoir raison !

Retrouvez le pédopsychiatre Marcel Rufo dans l’émission "Allô Rufo", sur France 5 du lundi au vendredi à 9h55, et sur letudiant.fr

Sommaire du dossier
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