1. Marcel Rufo : "Soyez 'sophraddict' !"
Décryptage

Marcel Rufo : "Soyez 'sophraddict' !"

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Permettez à l'ancien animateur des revues d'internat, de vous dire de faire gaffe. Propos de vieillard cacochyme qui surfe sur un discours moralisateur alors que lui-même "s'arsouille" copieux à tous les repas !

Comment refuseriez-vous au sein d'un groupe de ne pas boire un peu trop ou de tâter du "hasch" ? Difficile indiscutablement, d'autant plus qu'on est fragile et qu'on doute de soi. La bande, le groupe protège, rassure, surtout s'il fonctionne de façon excessive et provocante. Il y a toujours, en son sein, un leader qui surveille du coin de l'œil les plus fragiles pour affirmer son pouvoir sur eux.

Je sais que certains d'entre vous vont hausser les épaules à la lecture de cette chronique, et penser que décidément, ce "grand-père la rigueur" est un peu fatigant, mais je persiste et je signe : le "hasch" est un réel facilitateur pour l'expression des fragilités psychologiques. Je rencontre, très souvent, des ados qui imaginent qu'un complot est dirigé contre eux, contre l'humanité, parce qu'ils "tirent" tous les jours sur des joints.

Pour ce qui est du coup de trop, qui nierait l'aspect désinhibiteur de l'alcool ? Rentrer en boîte, être vu par les autres est toujours une épreuve pour soi, pour son image. Alors on boit un verre et on croit se sentir mieux ; on en boit parfois beaucoup, trop et on ne participe même pas à la soirée. On termine la sortie du samedi soir aux urgences pour coma éthylique. Et combien de vies brisées, perdues, handicapées par un accident de circulation ? Si un ou une d'entre vous est celui ou celle qui ne boit pas, demandez-lui donc si sa soirée a été gâchée.

Autre phénomène décisif dans l'absorption d'un toxique : après la montée, la descente est plus rude. Souvent, la honte, le malaise étreignent celui ou celle qui a trop bu. Est-il vraiment si indispensable de perdre le contrôle de soi ?

J'ai une véritable passion pour la sophrologie qui est exactement la démarche inverse : je me recentre, je me décontracte et je vais sereinement vers les épreuves de ma vie. Alors, un conseil d'ancêtre : économisez sur l'herbe, sur l'alcool et payez-vous une séance de relaxation. Elle vous sera utile pour les examens, pour votre sexualité et pour l'estime de vous. En souhaitant, par ailleurs, que ce procédé thérapeutique entraîne chez vous une véritable addiction : "Soyez 'sophraddict' je vous dis !"

Retrouvez le pédopsychiatre Marcel Rufo dans l’émission "Allô Rufo", sur France 5du lundi au vendredi, à 9h55.

Sommaire du dossier
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