Tout le monde vous dit qu’il n’y a pas mieux pour commencer vos études. Mais savez-vous à quoi vous vous engagez si vous entrez en prépa ? Êtes-vous taillé pour affronter la dose de travail à fournir et encaisser le choc de la transition avec le lycée ?
Le choc de la notation, les recettes pour gérer les moments difficiles, les pièges à éviter : pour vous éclairer, 5 élèves des filières scientifique, littéraire et économique reviennent sur leurs débuts et livrent leurs conseils.

Cécile relativise la baisse de ses moyennes entre le lycée et
l’hypokhâgne. “Ce n’était ni la catastrophe, ni la descente aux enfers car j’ai toujours eu des résultats convenables. Et puis, je savais à quoi m’attendre en arrivant.” Deux matières lui ont plus particulièrement posé des problèmes : l’histoire, où sa moyenne a carrément chuté de 14 à 7, et le grec, car elle avait suivi des cours par correspondance au lycée.
Cécile se rappelle aussi du choc au début de la seconde année de prépa. “On sent que c’est l’année du concours et qu’il y a encore un palier supplémentaire à gravir.
Les notes sont aussi délivrées par rapport au niveau du concours.” Alors qu’elle cube sa khâgne cette année, Cécile sait aussi qu’elle a désormais de l’avance sur les autres khâgneux.
“J’ai toujours réussi à relativiser une mauvaise note. C’est juste un résultat ponctuel, qui signifie qu’il y a encore un décalage avec le niveau attendu et encore du chemin à parcourir.” Le plus déstabilisant, selon Cécile, a été de remettre en question ses méthodes de travail. “
On réalise que ce que l’on pensait maîtriser est en fait très lacunaire ou superficiel. Sur un livre d’histoire ou de géographie que l’on croyait avoir compris, on s’aperçoit que l’on n’a pas vraiment su exploiter son contenu. Il faut apprendre à repérer les éléments importants que l’on n’avait pas vus à la lecture et à les utiliser.”
“C’est par l’échec que l’on apprend à revoir sa façon de travailler”, résume Cécile. “Le fait de relire les corrigés des dissertations porte peu à peu ses fruits.” À force de faire et refaire les exercices à travers des devoirs sur table réguliers et des concours blancs, et d’écouter les corrigés des enseignants, “
on finit par intérioriser des méthodes de travail qui deviennent comme des réflexes”. Quant à son talon d’Achille, l’histoire, l’étudiante reconnaît qu’elle n’a pas réussi à faire décoller son niveau, qui plafonnait à 7 pendant toute l’hypokhâgne. “Le déclic s’est fait en khâgne, j’avais un nouveau professeur. Finalement, j’ai décroché un 16 au concours de l’ENS !”
“Il faut bien répartir le travail des différentes matières et
ne pas se laisser absorber par une seule discipline. Cela nécessite par exemple de pouvoir concilier des petites choses à court terme (apprendre du vocabulaire, rédiger une dissertation) avec des travaux à plus long terme. Par exemple lire des œuvres littéraires ou des ouvrages de fond pour nourrir les dissertations.”
Cécile conseille enfin de
ne pas hésiter à solliciter les enseignants en cas de blocage pour bénéficier d’un conseil individuel. “Les profs sont toujours ouverts et disponibles. Comme ils nous suivent sur toute l’année,
ils finissent par bien nous connaître et ils peuvent nous aider à relativiser une mauvaise note. On peut également leur demander où on se situe dans sa progression, ce qui est utile psychologiquement.”