1. L’emploi après un master en sciences humaines et sociales : une insertion contrastée
Enquête

L’emploi après un master en sciences humaines et sociales : une insertion contrastée

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Les sciences humaines et sociales sont l'autre secteur de la fac – avec les lettres-langues-arts – où l'insertion pose parfois problème. Mais à l'image de la philo et des sciences de l'information et de la communication, certaines spécialités tirent leur épingle du jeu.

Voir ci-dessous l'explication des 9 indicateurs.

Ce qu'il faut en retenir

Commençons par les filières qui s'en sortent le mieux. La philosophie et l'épistémologie connaissent une très forte poursuite d'étude après le master (68 %), sans doute en partie en doctorat, mais ceux qui choisissent directement la vie active bénéficient d'une insertion correcte, avec à la clé les plus hauts salaires du secteur (29.600 € annuel). De leur côté, les sciences de l'information et de la communication, caractérisés par peu de poursuite d'études connaissent une situation acceptable, malgré – tout de même –, 30 % d'emplois précaires (CDD, etc.) deux ans et demi après la sortie de la fac.

Les autres filières affichent des indicateurs beaucoup plus mitigés : respectivement 46 % et 48 % d'emplois précaires à l'issu des masters d'aménagement et de géographie, 25 % d'emplois très déqualifiés (niveau “Employés”, etc. ) après les masters de sociologie et de démographie, 14 % de chômage en sciences de l'éducation... Mais deux spécialités cumulent les difficultés : l'histoire, avec 18 % de taux de chômage, et l'archéologie-éthnologie dont 30 % des titulaires de masters occupent un poste très déqualifié et 67 % sont en emploi précaire. Dès lors, il est peu étonnant que ce soit à l'issu de ces deux spécialités que l'on obtient les salaires les plus bas...

Méthodo : les 9 indicateurs de notre enquête
Pour élaborer notre graphique, nous nous sommes appuyés sur l'enquête nationale du ministère de l'Enseignement supérieur portant sur l'insertion des masters 2, deux ans et demi après l'obtention de leur diplôme et parue en novembre 2013. Nous en avons utilisé 9 indicateurs, détaillés ci-dessous.

Le taux de poursuite d'études après un master 2 (indicateur 1) : il varie selon les filières de 9 à 68 %. Attention : les indicateurs suivants n'intègrent pas ces élèves qui ont poursuivi après un M2.

Le taux d'insertion (indicateur 2) : il représente le pourcentage des diplômés occupant un emploi, quels qu'ils soient, sur l'ensemble des diplômés présents sur le marché du travail. Sa différence par rapport à 100 % représente donc le taux de chômage (indicateur 3).

La part de cadres et de professions intermédiaires (indicateur 4) : elle représente le pourcentage de personnes exerçant un emploi de type ingénieur, cadre, profession libérale, personnel de la catégorie A de la fonction publique. Ce sont les emplois qu'il est d'usage d'exercer avec un bac+5. Mais il tient aussi compte des emplois intermédiaires de type techniciens, agents de maîtrise, personnel B de la fonction publique, etc., qu'on occupe d'habitude après un bac+2 ou 3. L'enquête ne fait malheureusement pas la différence entre ces deux catégories d'emploi. Au niveau national, on sait qu'environ un quart des personnes représentées par cet indicateur occupent un emploi intermédiaire, mais ce chiffre varie selon les facs et les spécialités. En revanche, la différence entre cet indicateurs et 100 % représente la part de personnes très déqualifiées (indicateur 5) par rapport à un bac+5 : employés de bureau, de commerce, personnel de service, ouvriers ou personnel C de la fonction publique. Tous ces emplois n'exigent au maximum que le niveau bac.

La part d'emplois stables (indicateur 6) : il représente le pourcentage de diplômés en CDI, les fonctionnaires, les professions libérales, indépendantes et les chefs d'entreprises. Les autres occupent un emploi précaire (indicateur 7) : CDD, vacataires, intérimaires, etc.

La part d'emploi à temps plein (indicateur 8) : celui-ci peut dépendre des débouchés de chaque famille de masters. En effet, certains secteurs et certaines professions emploient plus de personnes vacataires ou à temps partiel que d'autres.

Le salaire annuel brut (indicateur 9) : ce dernier est calculé à partir du salaire mensuel net, primes comprises, correspondant aux valeurs médianes sur les emplois à temps plein.


Le guide des Masters, Mastères et MBAA LIRE 
Qu'il s'appelle master professionnel, master recherche ou mastère spécialisé, ce dernier cycle d'études reste bien souvent le gage d'une meilleure insertion dans le monde professionnel.

Le guide des masters, mastères et MBA - De Yaël Didi et Violaine Miossec
 

Sommaire du dossier
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