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Enquête

Les réseaux féminins qui vous aident à devenir ingénieure

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L'école d'ingénieurs Centrale Paris délivre à certaines de ses élèves une bourse pour les aider à financer leurs études. // © Centrale Paris
L'école d'ingénieurs Centrale Paris délivre à certaines de ses élèves une bourse pour les aider à financer leurs études. // © Centrale Paris

Associations, écoles, réseaux professionnels... les actions pour leur rendre les sciences plus attractives aux jeunes femmes se multiplient. Tour d'horizon des principales initiatives. Vous n'avez plus qu'à en profiter !

"Quand je suivais des études de maths à l'université, on me faisait sentir que c'était étonnant... L'une de mes professeures de maths a joué un rôle modèle et m'a aidée à me projeter, puis d'autres rencontres m'ont poussée à devenir développeuse", se souvient Ludwine Probst, aujourd'hui développeuse chez Cityzen Data.

Elle croit désormais à l'utilité du "rôle modèle". Ce qui l'a motivée à s'investir dans l'association Duchess France. Récompensée par le Trophée Excellencia 2014, Duchess France permet aux jeunes filles de se projeter sur les modèles de développeuses ordinaires mis en avant.
  

Profitez des initiatives de réseautage

 

"Les jeunes filles ont besoin d'être 'mentorées', notamment pour retrouver de la motivation quand elles doutent sur leur place dans ce monde encore trop masculin", décrit Sonia Béchet, directrice adjointe du Centre diversité et réussir de l'INSA de Lyon, l'école d'ingénieurs qui réalise du "marrainage".

L'association Elles bougent a également fait ses preuves dans cette pratique. Créée en 2005 pour susciter davantage de vocations, elle met en lien des jeunes filles et des femmes en activité. Il suffit de s'inscrire sur le site de l'association, puis de se rendre à l'un ou plusieurs des 200 événements organisés chaque année, et qui sont encadrés par des marraines, avec qui elles peuvent garder contact. Le réseau permet aussi de proposer directement des stages de 3e à ces jeunes filles.

C'est grâce à Elles bougent que Camille Aubin, élève ingénieure en 4e année à l'ESTACA, l'école d'ingénieurs spécialisée dans les transport, a choisi sa spécialité ferroviaire. "J'ai profité du réseau pour rencontrer des femmes dans le domaine des transports. On découvre beaucoup plus de métiers différents lors des visites organisées que lors de stages", souligne-t-elle.

Les actions se multiplient aussi du côté des entreprises. "Avec nos relations écoles, nous avons choisi de faire découvrir les métiers du BTP [bâtiment et travaux publics] de manière décalée, ludique et inclusive, car ce n'est pas le secteur le plus attractif pour les jeunes filles", explique Raphaëlle Heymann, responsable relations écoles pour le Groupe Colas. Ce constructeur de routes organise ainsi des concours, des soirées théâtre, ou encore le jeu inter-écoles Angry-Roads.
  

Connectez-vous à l'entraide on line...

 

La fondation L'Oréal a lancé quant à elle une nouvelle initiative intitulée "Pour les filles et la science". Depuis le 13 octobre 2014 des scientifiques du Groupe L'Oréal interviennent dans des lycées. Une campagne digitale avec le hastag #lesfillesaussi a été déployée pour "montrer aux filles que la science est partout et qu'elle n'est pas réservée aux garçons", martèle Margaret Johnston-Clarke, directrice des programmes science de la fondation.

L'association Wax science, avec son système d'ambassadeurs pour promouvoir une science ludique, a aussi décidé de faire de son site Internet son outil principal pour agir en faveur de la mixité.
Avec les sites Internet "Mademoiselle fait Centrale" ou encore "Femme ingénieure", les écoles souhaitent déconstruire les stéréotypes grâce à des témoignages d'étudiantes. "Femme ingénieure a beaucoup désangoissé les lycéennes et les parents, qui ont compris que leur fille n'allait pas arriver dans un endroit hostile et être tout le temps ramenée à sa condition de femme", constate Yannick Lejeune, directeur Internet du groupe d'écoles d'ingénieurs Ionis, partenaire du site.
  

Participez à l'entraide IRL (in real life)

 

Parties du constat qu'elles avaient besoin de conseils pour faire leurs choix de carrière, les femmes se sont organisées en réseaux dans leurs entreprises. "Le réseau InterElless regroupe une douzaine d'entreprises dans le domaine des technologies en Île-de-France. Il permet de partager des bonnes pratiques", décrit Stéphanie Robisson Montillet, qui participe activement au réseau de sa propre entreprise, Connect Women Schlumberger. Mais les rencontres avec les étudiantes ou jeunes actives ont une attractivité limitée.

Il faut que les jeunes se saisissent de toutes les actions menées, car si elles ne font pas l'effort de venir aux événements, elles ratent des informations concrètes qui ne sont pas disponibles sur Internet", affirme Patricia Bouème, présidente de l'association Arts et Métiers ParisTech au féminin.

Les universités également se sont mises à organiser leurs événements. À Lyon 1, la forme des expositions a prouvé son efficacité. "Nous présentons des portraits d'anciens étudiants et étudiantes de Lyon 1 qui ont réussi dans des filières atypiques", décrit Philippe Liotard, chargé de mission pour l'Égalité entre les femmes et les hommes. Autre initiative, des cours transversaux sont proposés en UE (unités d'enseignement) libre aux étudiants sur des thématiques remettant en cause les stéréotypes.

À l'université d'Orléans, le dispositif EDIFICE est mis en place pour recevoir des lycéens dans les laboratoires de recherche, pour permettre, selon la chargée de mission égalité hommes-femmes, Annie Leroy, "d'attirer des jeunes filles vers les sciences exactes". Selon elle, "il faut aller en direction des lycéennes, car elles ne font aucun pas vers nous". Vous savez ce qu'il vous reste à faire...

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