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Double diplôme d'ingénieur : un atout face aux recruteurs

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l'ESTP (photo) et l'école d'architecture de Paris-la-Villette proposent un double diplôme d'architecte-ingénieur. // © ESTP Cachan
l'ESTP (photo) et l'école d'architecture de Paris-la-Villette proposent un double diplôme d'architecte-ingénieur. // © ESTP Cachan

Loin d’être un simple gadget sur un CV, le double diplôme d’ingénieur permet de se distinguer sur le marché de l’emploi. Pourquoi ? Réponses de recruteurs.

"Le double diplôme est un plus. Nous sommes très intéressés par les ingénieurs-managers par exemple, qui allient expertise technique très pointue et compréhension des enjeux de l'entreprise. Ils sont capables de gérer des projets complexes", affirme Marie Pelpel, responsable marque employeur et relations enseignement supérieur chez Crédit Agricole S.A. Une banque qui recherche ce type de profils plus particulièrement pour les métiers liés aux systèmes d'information, à la maîtrise d'ouvrage, ou encore pour l'audit interne de la banque.

Des compétences techniques, mais pas seulement

"Nos logiciels sont très techniques, si la personne n'est pas ingénieur elle aura besoin de demander des explications, et si elle n'est pas manager, elle ne prendra pas en compte l'aspect visuel et vendeur", souligne Amandine Roy, responsable RH de l'éditeur de logiciels Esterel Technologies, satisfaite de ces nouveaux profils à doubles compétences.

Pour Orange Consulting, ce sont également des profils attirants : 70 % des stagiaires sont issus de ce type de formations. "Pour répondre aux enjeux de plus en plus globaux et complexes des entreprises, au niveau des métiers du conseil, nous avons besoin de jeunes diplômés qui aient un large spectre de compétences, aussi bien techniques, business que processus", affirme Adeline Guiheux, chargée du recrutement pour Orange consulting. Ces profils ont ainsi conscience des impacts sur l'ensemble de l'entreprise.

Une ouverture d'esprit augmentée

"Les double-diplômés ont deux qualités essentielles : la curiosité et la persévérance. Un 'simple' ingénieur n'aura pas forcément développé une pluridisciplinarité, qui peut être utile plus tard dans la gestion de projets, que cela soit pour le côté économie ou planification", détaille Étienne Cadre, directeur des ressources humaines d'Altran France.

Le BTP aussi est friand des profils ingénieur-manager et ingénieur-architecte, à la croisée de plusieurs mondes, ils permettent un meilleur travail collaboratif. "Un ingénieur qui a eu des cours de marketing, de comptabilité, d'architecture... pourra prendre en compte tous les points de vue lorsqu'il devra gérer un problème", affirme Aude Caussemille, chargée des relations écoles au service DRH de Bouygues bâtiment en Île-de-France. Elle se félicite de "l'ouverture d'esprit que ces nouvelles formations donnent aux jeunes".

Une capacité à évoluer plus vite

Des qualités à ce point appréciées qu'elles peuvent souvent être promesses d'évolutions salariales accélérées. "Nous ne recherchons pas à recruter à tout prix des double-diplômés, mais c'est bien souvent un gage de bon niveau général et d'une certaine maturité, qui peut parfois permettre aux jeunes d'évoluer plus rapidement", constate Émilie Dondain, responsable du développement RH en France chez Eurovia, une filiale de Vinci.

En effet, "ils évoluent plus vite grâce à leur capacité à sortir de leur champ d'expertise. Une progression qui peut dans certains cas leur permettre d'atteindre un meilleur salaire", observe Marie Pelpel. Ce que confirme Étienne Cadre d'Altran : "Ce type de profils sera plus facilement opérationnel et pourra monter en compétences. Comme il sera chargé des situations complexes, il sera amené à évoluer plus rapidement que les autres".

Entré chez Deloitte en 2011 comme stagiaire, Nicolas, qui a suivi le double cursus de Centrale Nantes et d'Audencia, est aujourd'hui auditeur manager à Londres. "Habituellement il faut un an de plus pour être manager, et encore davantage pour partir à l'étranger", témoigne-t-il.

Un constat corroboré par l'enquête 2014 d'IESF (Ingénieurs et scientifiques de France) [fédération nationale regroupant des associations d'ingénieurs, NDLR], selon laquelle le salaire médian d'un double-diplômé ingénieur-manager est de 75.000 €, contre 55.200 € pour un "simple" ingénieur.

Des profils opérationnels

L'accès à un meilleur salaire à l'embauche n'est cependant pas garanti. À Vinci par exemple, le double diplôme n'est pas encore intégré dans la grille des salaires, Camille n'a donc pas pu négocier un salaire supérieur grâce à sa formation d'architecte-ingénieur. "Mais mes camarades de promotion qui ont été embauchés dans de plus petites entreprises ont pu négocier un salaire supérieur", confie cette diplômée de l'ESTP et de l'école d'architecture de Paris-la-Villette. Le conseil de Camille face à d'éventuels recruteurs frileux ? "Mettre en avant sa capacité de travail à suivre deux cursus exigeants en même temps."

Benoît, double diplômé de l'école d'ingénieurs Chimie ParisTech et de l'école de journalisme IPJ (Institut pratique du journalisme), n'a pas débuté lui non plus à un haut salaire. Il peut faire valoir ses compétences pour les articles scientifiques, mais cela ne lui donne pas une meilleure rémunération pour autant... "Mon niveau de vie est beaucoup moins élevé que si j'étais devenu ingénieur, mais je ne regrette pas", affirme-t-il. 

L'insertion professionnelle reste cependant optimale, même dans certains secteurs où les places sont déjà chères, comme celui du luxe. "Il faut sortir du lot, mon double diplôme, ingénieur des Mines de Douai et mon master en marketing spécialité innovation, design, luxe m'a aidé à obtenir un poste rapidement, car j'étais déjà opérationnelle", témoigne Jessica, aujourd'hui prévisionniste de vente chez Cartier. Les double-diplômés n'ont pas beaucoup de soucis à se faire...

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