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DOSSIER : LE CLASSEMENT DES GRANDES ÉCOLES DE COMMERCE

Souvent critiquées en cette période de crise, les grandes écoles de commerce françaises mettent en avant leur modèle pédagogique, l’enseignement des bonnes pratiques du management, l’ouverture sur le monde. Une formule qui marche, et un succès qui s’étend.

Classement général des écoles de commerce : notre analyse

Découvrez sous forme de tableaux interactifs, que vous pouvez ordonner selon vos critères :
Le classement général des Ecoles de commerce 2010.
Le classement des écoles de commerce 2010, par thématiques :
côté "académique"
côté "international"
côté "relations aux entreprises"

Les grandes écoles de commerce et de gestion françaises n’ont jamais été aussi nombreuses à prendre place dans notre classement : 41 au lieu de 36, dont une proportion croissante d’écoles qui sortent du modèle traditionnel de l’ESC (école supérieure de commerce), accessible aux seuls élèves des classes préparatoires… Parmi les nouvelles venues, l’ESIEE Management, à Noisy-le-Grand, adossée à l’école d’ingénieurs du même nom. Son positionnement axé sur la double compétence managériale et technologique l’avait tenue en retrait des formations que nous classions. Mais sa direction a désormais souhaité prendre part au palmarès. Par ailleurs, 4 établissements ont obtenu en 2009 le grade de master. Ils ont donc été invités à venir se mesurer pour la première fois à leurs aînés. Advancia, qui se consacre à l’entrepreneuriat, dépend de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris et recrute à bac + 3. L’EDC (École des dirigeants et des créateurs d’entreprise) et l’ESCE (École supérieure du commerce extérieur) sont des établissements privés dont l’admission s’effectue dès le bac. Enfin, l’ISG (Institut supérieur de gestion) à Paris, qui recrute sur prépa, dépend du groupe Ionis.

S’assurer de la qualité des formations en gestion

Accordé après un audit de la CEFDG (Commission d’évaluation des formations et diplômes en gestion), le grade de master constitue toujours le "ticket d’entrée" dans notre palmarès. Les formations en commerce et gestion classées ici restent donc les meilleures de France, quelle que soit leur place. Sous l’effet des standards qui leur ont été imposés, les grandes écoles de management ont connu une progression constante et régulière en quelques années, notamment sur les plans de la recherche et du développement international. Des progrès qui se poursuivent cette année, comme en témoignent dans notre tableau les points marqués par chaque institution.
Le haut de notre classement reste inchangé cette année encore : dans l’ordre, HEC, ESSEC, ESCP Europe, EM Lyon et EDHEC. Chacune conforte son rang et creuse l’écart avec la suivante. Plus que jamais, les 5 "Parisiennes" se concentrent sur leur présence à l’international. Elles sont devenues les partenaires incontournables des plus grandes institutions du monde entier.
L’édition 2010 de notre palmarès est en revanche marquée par la naissance d’un groupe composé seulement de deux écoles. Audencia Nantes et l’ESC Grenoble se détachent de l’abondant groupe des ESC "challengers", sans pour autant rattraper les 5 leaders. Proches l’une de l’autre par le score qu’elles affichent dans notre tableau, Audencia Nantes et l’ESC Grenoble diffèrent grandement par le style. La première cultive le classicisme et le modèle de la grande école traditionnelle, fondée sur la culture générale et très attachée à la voie royale des classes préparatoires. La seconde a bâti son succès sur l’innovation, les technologies et la diversité des profils. Deux formules opposées, mais tout aussi efficaces.

Une école après bac dans le top 10

Dans le groupe suivant, trois Ecricome (Sup de co Reims, Rouen Business School et Euromed Management) sont rejointes cette année par un challenger inhabituel : l’IESEG est la première école postbac à se hisser dans notre Top 10. La "petite" école de la Catho de Lille talonne désormais les plus grandes. Un succès qui ne manquera pas d’étonner des ESC centenaires, mais qui constitue un encouragement pour toutes les autres écoles au profil atypique.
"Nos résultats d’aujourd’hui découlent de décisions que nous avons prises en 2000, souligne Jean-Philippe Ammeux, directeur général de l’IESEG. À l’époque, nous avons pris acte de ce que nous considérions comme un énorme handicap en France : notre recrutement d’élèves, qui ne se faisait pas à l’issue des classes prépa. Il fallait donc jouer la carte de l’international, où notre recrutement postbac correspondait aux standards, et préparer les élèves à travailler partout dans le monde. Nous avons donc entrepris de faire venir des professeurs du monde entier afin qu’ils enseignent en anglais. Pour convaincre ces enseignants de très haut niveau, nous avons dû développer notre activité de recherche, qui les motive et les occupe beaucoup. Aujourd’hui, notre politique de recrutement de professeurs représente toujours un investissement très lourd. Mais notre corps professoral est notre moteur, et reste notre priorité stratégique." Les élèves de l’IESEG suivent ainsi un enseignement entièrement en anglais au cours des trois dernières années du cursus. Et l’école obtient des résultats remarquables, notamment sur deux de nos indicateurs : la part d’enseignants internationaux de haut niveau et le nombre d’articles parus dans les revues de recherche référencées par le CNRS (Centre national de la recherche scientifique).

La remontée de l’EM Strasbourg

Le quatrième groupe, conduit par l’ESC Toulouse et fermé par l’ESC Dijon, comprend une quinzaine d’écoles, dont les places bougent, comme chaque année, mais dans des proportions limitées. Seul bouleversement majeur : la spectaculaire remontée (de 10 places !) de l’École de management (EM) de Strasbourg. Celle-ci améliore ses performances sur tous les plans, et surtout sur la partie académique.
"L’école s’est enfin assumée pour ce qu’elle était, explique Michel Kalika, directeur de l’EM Strasbourg depuis 18 mois. Elle avait des atouts latents lorsque je suis arrivé. Sa position géographique et culturelle internationale, par exemple. Les parcours bilingues en anglais et en allemand, que nous avons mis en place à la rentrée 2009, ont relancé cette dynamique internationale. Et, surtout, le statut universitaire de l’école n’était, bizarrement, pas considéré comme un avantage au moment où j’ai pris mes fonctions. Pourtant, l’université, quand on sait la mobiliser, est un atout exceptionnel ! Grâce à ce statut, j’ai pu inviter à nous rejoindre les professeurs qui, dans les autres départements de l’université, couvraient un champ en rapport avec le management. Je n’ai fait que mobiliser un potentiel existant."

Les unions entre ESC, nouveau phénomène ?

À l’instar de l’EM Strasbourg, plusieurs ESC ont décidé de conjuguer leurs forces pour créer une nouvelle dynamique. L’annonce de la fusion de l’ESC Lille avec le CERAM a sans aucun doute été l’événement le plus marquant de l’année 2009 dans le milieu des écoles de management françaises. Plus discrètement, l’ESC Dijon a jeté les bases d’une "alliance structurante" avec la Business School britannique d’Oxford Brookes University. Celle-ci pourrait aboutir, à terme, à une "marque commune". Des rapprochements que l’on souhaite aussi fructueux pour ces écoles que ceux qui ont donné naissance à l’EM Strasbourg…
Le cinquième groupe est composé des plus "petites" ESC et de toutes les nouvelles "masterisées". Souvent excentrées géographiquement, ou privées et indépendantes, ces écoles savent se montrer novatrices et dynamiques. Elles se distinguent par le soin qu’elles apportent à l’accompagnement personnalisé de leurs élèves. Enfin, gardez à l’esprit que, dans les deux derniers groupes, les écarts de points qui établissent les rangs sont très ténus d’une école à l’autre.

Pour mieux comparer, quel que soit votre niveau d’entrée

S’agissant de la méthodologie, nous n’avons fait évoluer cette année qu’un seul critère : celui de la "qualité du recrutement", afin de mieux prendre en compte la diversité croissante des élèves. Pour la première fois, notre indicateur embrasse la totalité des modes d’admission – et pas seulement celle sur classe préparatoire – aux ESC. Nous avons donc observé les mentions obtenues au bac par l’ensemble des admis en première année, quelle que soit leur première formation (prépa, BTS, DUT, etc.).
Cet indicateur montre que les notes moyennes décrochées au bac par les élèves admis sur classe préparatoire s’échelonnent de 16,89 à HEC à 12,19 à l’ESC Chambéry. En admission parallèle à bac + 2, elles vont de 15,80 à l’EDHEC à 11,49 à l’ESC Brest, soit, en moyenne sur l’ensemble des écoles, près d’un point de moins qu’en admission normale. Quant aux écoles postbac, les notes moyennes de leurs admis s’étalent de 12,54 pour les élèves de l’EDC à 13,74 pour ceux de l’IESEG… soit quand même le niveau d’admission de l’EM Strasbourg ! Autant d’informations précieuses pour cibler son établissement.

Fusion CERAM-ESC Lille : des avantages à en tirer ?
À la surprise générale, le CERAM Business School et l’ESC Lille ont annoncé leur fusion en juin 2009. "La nouvelle entité devient la première Business School française en nombre d’étudiants", déclare la nouvelle direction commune. La "nouvelle entité", déployée sur trois sites en France – Lille, Paris, Sophia-Antipolis –, forte de 5600 étudiants, 20.000 diplômés, 138 professeurs permanents et 46 millions d’euros de budget, dispose désormais "d’une taille et de moyens suffisants pour être compétitive au niveau international". À ses élèves, elle promet l’accès à un plus grand nombre de spécialisations et d’universités partenaires à l’étranger. Dès la rentrée 2010, les étudiants des deux écoles pourront changer de campus au cours de leurs études, et les frais de scolarité annuels seront "harmonisés". La création d’un diplôme unique et la mise en œuvre de la fusion promettent cependant d’être de lourds chantiers pour ces deux parties prenantes dont le statut diffère : l’ESC Lille est une école privée, le CERAM un établissement consulaire.
Fusion à suivre sur www.oneworldoneeducation.com.

En hausse En baisse
- Rouen Business School demeure l’une des ESC les plus attractives et les plus sélectives de France.
- L’IESEG s’impose parmi les écoles de management françaises qui comptent sur le plan académique.
- L’EM Strasbourg se trouve relancée et gagne sur tous les plans, grâce à la place qui lui a été réservée au sein de la plus grande université de France.
- L’ESC Rennes améliore sa recherche tout en tirant parti de sa double culture franco-britannique.
- Euromed Management obtient de moins bons résultats en ce qui concerne les salaires que ses concurrentes du Top 10.
- L’ESC Tours-Poitiers continue de progresser, mais beaucoup moins vite que la moyenne des écoles de notre classement.
- Télécom École de management (ex-INT Management) s’est séparée en juin de son école d’ingénieurs, et doit désormais tirer parti de sa nouvelle autonomie.
- ICN Business School a subi plusieurs changements de gouvernance ces dernières années. Le travail de la nouvelle direction, arrivée cet été, n’a pas encore porté ses fruits.
Voir le tableau du classement général des écoles mastérisées.

Géraldine Dauvergne

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