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Bachelors : des diplômes qui ont le vent en poupe

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Le groupe Sup de co La Rochelle dispense deux Bachelors : l’un en business, l’autre spécialisé en management du tourisme. // © Facealamer/Sup de co La Rochelle
Le groupe Sup de co La Rochelle dispense deux Bachelors : l’un en business, l’autre spécialisé en management du tourisme. // © Facealamer/Sup de co La Rochelle

En 3 ans après le bac, les Bachelors offrent une formation généraliste en gestion, avec de nombreux stages et des expériences à l'international. Avec, comme double objectif, une insertion professionnelle rapide ou la possibilité de poursuivre ses études.

"En sortant du lycée, je savais que je voulais travailler dans le commerce. Je cherchais une formation professionnalisante. Après avoir hésité avec un DUT (diplôme universitaire de technologie) techniques de commercialisation, j'ai opté pour un Bachelor car il me permettait de faire des stages et de partir à l'étranger."

Son bac ES au lycée de Cesson (44) en poche, Floriane passe le concours d'entrée de l'IBPM (International Bachelor Program in Management), la formation en 3 ans de l'ESC Rennes (35). Après 2 ans à Rennes et déjà 3 stages, l'étudiante de troisième année cultive son profil international par une année dans une université danoise.

Comme elle, chaque année, plusieurs milliers de bacheliers qui souhaitent intégrer une école de commerce sans passer par la prépa, ni s'engager dans un cursus en 4 ou 5 ans, optent pour le Bachelor. "Il offre à des jeunes qui n'ont pas encore de projet précis une formation très ouverte, avec un bon diplôme à la clé, et la possibilité d'entrer dans la vie active ou de poursuivre leurs études", résume Yves Ricolleau, directeur de l'EGC Basse-Normandie, à Saint-Lô (50).

Place au concret

Contrairement au BTS (brevet de technicien supérieur) ou au DUT, le Bachelor est une formation avant tout généraliste. Les étudiants ont 3 ans pour acquérir les bases du commerce et de la gestion (techniques de vente, marketing digital, ressources humaines, finance d'entreprise, etc.), ainsi qu'une certaine culture générale et une bonne maîtrise des langues étrangères.

Pourtant, cela n'a rien à voir avec le lycée ou la prépa. Assurés pour une bonne partie par des professionnels, les cours font la part belle au concret. Au programme : études de cas, missions en entreprise, simulations et travaux de groupes.

Des projets et des stages

"La première année du Bachelor change beaucoup du lycée. On mène un projet principal qui va durer toute l'année : comme dans le monde du travail, on forme des groupes avec des gens que l'on ne connaît pas, puis on doit créer un produit qui n'existe pas et le développer, témoigne Floriane, aujourd'hui en troisième année à l'IBPM. On est même allés dans une vraie banque pour tester le plan de financement, c'était génial."

À l'ICD Paris, au sein du nouvel "Event Lab", les étudiants de Bachelor montent des événements grandeur nature : "Cela permet de mettre en œuvre des compétences acquises tout au long de la scolarité et de mener un projet jusqu'au bout", confie Gwenn, chargée avec d'autres élèves de troisième année d'organiser une conférence pour le compte d'une association.

Nombreux en Bachelor, les stages permettent de découvrir différents métiers et, progressivement, de se spécialiser.

"En première année, j'ai passé 3 mois aux Émirats arabes unis dans une grande entreprise d'import-export de marques de luxe, puis, en deuxième année, j'ai développé le site Web français d'une entreprise américaine", raconte Louis-Paul. Diplômé en 2015 du Bachelor de l'ESGCI (École supérieure de gestion et de commerce international) à Paris, il aimerait travailler à l'international.

L'alternance pour entrer dans le vif du sujet

La moitié des Bachelors proposent des filières en alternance. Cette formule permet de concilier les études avec une vraie expérience en entreprise. "Parfois, le rythme est intense, mais je suis le seul dans mon entreprise à occuper ce poste dans le marketing, ce qui me permet d'avoir une vraie autonomie", raconte Valentin, en troisième année à l'EGC Vendée en alternance dans une PME de la Roche-sur-Yon (85).

Dans la plupart des établissements, l'alternance commence en deuxième, voire en troisième année, sauf à l'EGC de Strasbourg (67) et à l'ISTEC à Paris, qui ont fait le pari de la proposer dès la première année.

Une bonne employabilité

Le Bachelor forme des managers opérationnels, prisés des entreprises, "notamment les PME, qui n'ont pas toujours la surface financière pour embaucher des bac+5", précise Jean-Christophe Cattane, directeur du Bachelor marketing et business de l'ESC Dijon (21).

Leurs atouts ? "Une capacité à gérer des projets ou à manager des équipes, le tout avec une expérience internationale qui manque souvent aux bac+2." Mais pour une majorité de diplômés, le Bachelor est désormais un tremplin vers une poursuite d'études à bac+5.

Des formations qui ont la cote

Une souplesse qui explique le succès de cette formule en 3 ans. Atout+3, le concours commun d'accès à 8 grandes écoles de commerce qui avait enregistré 24 % d'inscriptions supplémentaires en 2014 en rejoignant APB (Admission-postbac), a encore progressé de 4 % en 2015. Écricome Bachelor (concours d'entrée en école de commerce niveau postbac) a également fait le plein en 2015 (+ 4 %).

Le Bachelor de l’ESC Rennes prépare ses étudiants à un diplôme visé par l’État, dans un campus très international.

Les Bachelors ont poussé comme des champignons et, en l'absence d'appellation contrôlée, il n'est pas toujours facile de faire le tri entre les Bachelors reconnus, voire visés par l'État, et des formations moins qualitatives (voir l'encadré sur les labels). "Ce foisonnement nous oblige à faire de la pédagogie pour expliquer qu'il y a Bachelor et Bachelor", déplore Jean-Christophe Cattane.

Pour mettre un peu d'ordre dans ce maquis, le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche a confié, l'année dernière, à la CEFDG (Commission d'évaluation des formations et des diplômes de gestion) le soin de réfléchir à la faisabilité d'un grade de licence pour ces écoles. Sur le modèle du grade de master, dispensé par les ESC dans le cadre du programme grande école, il permettrait de sanctionner un niveau académique.

Exigez des labels de garantie
Beaucoup d'écoles utilisent le terme "commercial" de Bachelor pour vendre des formations de qualité très variée. Afin de choisir la formation qui vous convient le mieux, voici les 3 principaux critères de qualité décryptés (indiqués dans les 3 tableaux de notre banc d'essai).

- Assurez-vous de leur reconnaissance par l'État. Celle-ci permet à l'école d'accueillir des boursiers CROUS.
- Vérifiez aussi que les formations détiennent le visa accordé pour une durée maximale de 6 ans, qui garantit le bon niveau général du cursus.
- L'enregistrement du diplôme au RNCP (Répertoire national des certifications professionnelles), géré par le ministère du Travail, de l'Emploi et de la Formation professionnelle, atteste d'un niveau de qualification professionnelle. Attention : il ne garantit pas une équivalence au plan académique. Ainsi, un titre enregistré au niveau II (correspondant à un bac+3 ou à un bac+4) ne permet pas forcément une poursuite d'études en master à l'université.

Sommaire du dossier
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