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« Une grande école : pourquoi pas moi ? (PQPM) » : un tremplin, pas seulement pour les meilleurs

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Ce dispositif  qui accompagne les élèves du collège aux études postbac a été précurseur sur les premiers programmes d’ouverture sociale. Depuis sa mise en place par l’Essec, il a été repris par plus d’une centaine d’écoles d’ingénieurs et de management.

Le principe

Pas (forcément) l’Essec à tous prix
Développé depuis 2002, le programme « Une grande école : pourquoi pas moi ? » de l’ESSEC, plus connu sous l’acronyme PQPM, propose un tutorat étudiant et une aide à l’orientation. Si à l’origine, ce dispositif visait exclusivement les lycéens, il a été décliné en amont auprès des collégiens (« PQPM Collège ») et, en aval, sur le postbac (« PQPM postbac »). Dès la classe de quatrième, il consiste à aider les élèves à développer leur appétence pour les études et les apprentissages.

Pour les cursus postbac, il s’agit d’un suivi individualisé des étudiants jusqu’à leur insertion professionnelle : aide à l’orientation, aide financière, aide à la recherche de stage… « Notre politique consiste non pas à proposer une voie d’accès réservée, mais à accompagner depuis le lycée jusqu’à leur insertion professionnelle des élèves issus de milieu modeste ou de quartiers défavorisés afin d’accroître leurs chances de poursuivre des études supérieures ambitieuses, comme le font plus naturellement les jeunes de milieu socioprofessionnel aisé ayant le même potentiel », souligne Chantal Dardelet, coordinatrice du programme PQPM à l’ESSEC. Et cette responsable du pôle ouverture sociale à la Conférence des Grandes Ecoles de préciser : « L’objectif n’est pas de faire intégrer un élève à l’ESSEC à tout prix. Nous sommes là pour apporter à chaque élève plus d’ambition en lui donnant un bagage et des compétences qui lui permettent d’aller aussi loin que possible dans la voie qui est la sienne. »

 Les résultats

Bilan de programme PQPM
De la classe de 4e au niveau bac+5, 420 jeunes, issus de 6 lycées et 2 collèges partenaires*, bénéficient ou ont bénéficié du programme PQPM.
Sur les 225 qui suivent ou ont suivi des études supérieures (les 195 autres sont encore au collège ou au lycée),
23 % sont à l’université (hors filières santé)
23 % sont en écoles postbac et grandes écoles (et notamment les écoles du concours SESAME, Ecole centrale de Lille, ENSTA Bretagne, école des mines de Douai…)
13 % sont en classes prépas
12 % suivent des études de médecine, pharmacie ou kiné
10 % préparent un BTS ou un DUT
4 % sont en Instituts d’études politiques (IEP)

Parmi ces anciens, 68 % sont boursiers CROUS et 32 % non boursiers

Un programme qui se décline…
Au fil des années, l’ESSEC a déployé ce dispositif PQPM à travers 3 nouveaux programmes.
- Le programme PHARES (Par delà le Handicap, Avancer et Réussir ses EtudeS), qui vise des jeunes en situation de handicap, propose depuis 2007 un accompagnement dédié vers les études supérieures. Au programme : des séances de tutorat, des ateliers d’expression théâtrale ou encore des visites d’entreprises.
- Depuis 2009, le programme Pollen propose à quelque 280 élèves de 10 lycées** de suivre des ateliers et des évènements pendant 2 demi-journées par mois pour les aider à construire leur projet d’études supérieures.
- Enfin, à la rentrée 2010, le dispositif CAP ESSEC a été développé pour apporter un soutien pour l’admission au programme Grande Ecole de l’ESSEC. Il propose une préparation intensive au concours d’entrée.

… et qui essaime
Inédit à sa création, PQPM a fait des émules et a essaimé auprès d’une centaine d’écoles d’ingénieurs (Ecole Polytechnique, Ecoles des Mines, INSA…) et d’écoles de management (Audencia Nantes, Euromed Marseille…). Toutes se sont ainsi inspiré de ce programme pour développer leurs propres dispositifs qui concernent aujourd’hui près de 5.000 élèves.

 Points forts/points faibles

(+)
- Ce dispositif PQPM permet un suivi à la fois individualisé (un tuteur étudiant par élève) et sur le long terme (de la fin du collège aux études postbac).
- PQPM ne se focalise pas seulement sur les meilleurs élèves des établissements partenaires mais sur ceux qui sont issus de milieux modestes ou de quartiers défavorisés.

(-)
- Ce programme peut difficilement toucher un plus grand nombre d’élèves car le nombre d’étudiants volontaires de l’ESSEC et leur disponibilité ne sont pas extensibles.
- Même si ce n’est évidemment pas l’objectif du programme, aucun élève bénéficiaire n’est parvenu à rentrer dans le top 10 des  « grandes écoles » (commerce ou ingénieurs). 

 Et si c ‘était à refaire ? – Chantal : « J’ai vécu 3 années d’une véritable aventure humaine »

Chantal Do, 23 ans, diplômée de l’ENSTA Bretagne, a fait partie de la première promotion du programme PQPM.

Dès sa classe de seconde au lycée Galilée à Cergy (95), Chantal avait déjà en tête un projet d’orientation clair. Elle était plutôt bonne élève et son frère et sa sœur aînés qui étaient en classes prépas lui avait indiqué la voie. « C’est à ce moment que mon prof principal m’a proposé, avec 6 autres élèves du lycée, de bénéficier du programme PQPM, » se souvient cette jeune fille. De quoi donner un booster à son ambition.

Pendant ces 3 années lycéennes qui vont la mener jusqu’au bac S décroché avec une mention bien, Chantal bénéficie d’une sorte de cocooning culturel. Au menu : des ateliers de discussions sur les questions d’actualité, des visites de musées, des pièces de théâtre et la participation à un atelier théâtre  « Ce sont 3 années d’une véritable aventure humaine, qui m’ont aidée à prendre confiance en moi », ose Chantal. Tous les samedis pendant 3 heures, cette jeune fille a reçu le soutien d’un étudiant tuteur de l’ESSEC. Autant d’occasions de mûrir et d’affirmer son choix d’orientation pour le métier d’ingénieur. 

Après le bac, Chantal fait 2 années de prépa scientifique au lycée Saint-Louis. Le rythme est soutenu. Les responsables du programme PQPM ne sont jamais loin. « Je savais que je pouvais compter sur eux pour m’encourager et pour me donner des conseils pour mieux m’organiser. » Si cette jeune femme, dont les parents sont ouvriers, perçoit le décalage social avec la plupart des élèves de sa prépa, elle s’y intègre très bien. « En prépa, les élèves ont un bon bagage culturel. Mais je ne me sentais pas du tout décalée. J’ai juste plus d’intérêt pour le cinéma que pour le théâtre… »

Aujourd’hui diplômée de l’ENSTA Bretagne, Chantal est ingénieur pour une société d’installation d’infrastructures sous-marines, alternant 4 mois en bureau d’études en région parisienne, 4 semaines en mer… « J’ai fait le parcours dont je rêvais, conclut cette jeune femme. Et sans doute ne serais-je pas allé aussi loin si je n’avais pas été accompagnée. »


Emmanuel Vaillant
Mars 2011

* Les établissements du secondaire qui participent au programme PQPM  à ce jour sont :
Collège du Moulin à vent de Cergy
Collège Pierre Curie de Goussainville
Lycée Galilée de Cergy
Lycée Jules Verne de Cergy
Lycée Edmond Rostand de Saint Ouen l’Aumône
Lycée Georges Braque d’Argenteuil
Lycée Evariste Galois de Sartrouville (78)
Lycée Simone de Beauvoir de Garges-lès-Gonesse

** Les 10 lycées qui participent au programme Pollen à ce jour sont : 
Lycée Galilée de Cergy
Lycée Jules Verne de Cergy
Lycée Edmond Rostand de St Ouen l’Aumône
Lycée Paul Emile Victor d’Osny
Lycée Evariste Galois de Sartrouville(78)
Lycée Romain Rolland d’Argenteuil
Lycée Montesquieu d’Herblay
Lycée Léonard de Vinci de Saint Witz
Lycée Charles Baudelaire de Fosses
Lycée Evariste Galois de Beaumont sur Oise

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Sommaire du dossier
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