1. Pourquoi se lancer dans une année de césure ?
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Pourquoi se lancer dans une année de césure ?

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Pour pouvoir profiter au mieux de son année de césure, il faut être assez sûr de son projet. // © Phovoir
Pour pouvoir profiter au mieux de son année de césure, il faut être assez sûr de son projet. // © Phovoir

L’année de césure a le vent en poupe ! Elle fait du moins partie des dispositifs en passe d’être renforcés, notamment à la fac, comme François Hollande l’a promis début mai 2015. Aujourd’hui, surtout proposée par les écoles de commerce, la formule permet d’interrompre ses études pendant un an pour effectuer un stage en entreprise, partir à l’étranger ou mener à bien un projet plus personnel. Comment et pourquoi partir ? Quels bénéfices en tirer ? Quels sont les pièges à éviter ? On fait le point.

77 % des étudiants tirent un bilan personnel très positif de leur année de césure, selon l'enquête la plus récente du BNEI (Bureau national des élèves ingénieurs) qui date de 2008. Pour les étudiants interrogés, la motivation est évidente : se doter d'un maximum d'atouts pour intégrer le marché du travail par le gain d'expérience, l'amélioration du niveau linguistique et le choix du domaine d'activité.

Avoir un projet "à mûrir"

Un véritable plébiscite qu'il faut toutefois nuancer. "Il faut être assez sûr de son projet pour pouvoir ensuite capitaliser sur son année de césure. Sinon, l'expérience peut s'apparenter à une année de perdue", estime Sacha Kalusevic, directeur chez Page Personnel, une filiale de Michael Page.

Olivier, diplômé de l'école d'ingénieurs Supélec en 2009, ne regrette pas son année de césure faite entre ses deuxième et troisième années d'études : "Je voulais voir autre chose donc j'ai fait trois stages : en conseil, en audit et un dans l'industrie à l'étranger." Benoît, étudiant à Télécom École de management, complète : "Une année de césure permet de mûrir son projet, explique le jeune homme qui a tenté l'expérience. Et, même si on est décidé sur son avenir, cela permet de s'assurer de la cohérence de sa césure."

Sous réserve de cette cohérence, le consultant de Page Personnel voit beaucoup de bénéfices à tirer d'une année de césure. "C'est une immersion totale dans une entreprise qui permet d'en appréhender les tenants et les aboutissants. En un an, vous avez le temps de gérer des projets de A à Z. Vous savez ensuite si le métier que vous visez va vous convenir. Vous gagnez indéniablement en crédibilité."

Un atout pour l'insertion professionnelle… mais pas une garantie

L'année de césure facilite-t-elle pour autant l'insertion professionnelle de l'étudiant une fois diplômé ? Les avis restent partagés. Pour Sacha Kalusevic, c'est indéniable : "Cette expérience rassure les recruteurs. Vous n'êtes plus un jeune diplômé comme un autre. Vous pouvez être embauché plus rapidement et plus vite. Certaines entreprises en profitent pour repérer les potentiels qu'elles recruteront plus tard."

La CTI (Commission des titres d'ingénieur) est plus mesurée : "Si de tels stages peuvent aider à l'orientation, l'insertion professionnelle n'est pas plus favorisée, dans la mesure où les écoles qui n'utilisent pas ce dispositif ne rencontrent pas de difficultés spécifiques dans le placement de leurs élèves."

Pour Olivier, aujourd'hui assistant conseil dans la société Syndex, il y a des avantages et des inconvénients à prendre une année de césure. "Il faut quand même savoir que ça retarde d'un an l'entrée sur le marché du travail. En revanche, je tiens à relativiser : l'année de césure n'empêche absolument pas d'avoir un bon job." Au contraire, cette expérience lui a été bénéfique : "J'ai mis en avant ce que j'ai appris durant ma césure pour trouver mon travail actuel. Il est vrai que ça m'a permis de m'adapter plus vite et mieux comprendre mes missions".

En revanche, tout le monde est d'accord, niveau rémunération, l'impact d'une année de césure n'est pas flagrant. "Il ne faut pas attendre une plus-value sur le salaire d'embauche du jeune diplômé", confie le directeur de Page Personnel. Et la CTI va plus loin : "En général, le salaire à l'embauche d'un diplômé ayant effectué une année de césure est inférieur à celui d'un diplômé travaillant depuis un an." Une entrée plus tardive sur le marché de l'emploi, mais un temps qui n'a pas pour autant été perdu. Loin de là.

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