1. Des étudiants de l’ISIT en direct de Pékin

Des étudiants de l’ISIT en direct de Pékin

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Si les jeux Olympiques de Pékin ne débuteront que le 8 août 2008, pour certains, ils sont déjà une réalité. Depuis septembre dernier, une équipe de traducteurs est sur place, au sein du Comité d’organisation des jeux Olympiques de Beijing (COJOB). Parmi eux, des étudiants de l’ISIT, une école d’interprétation et de traduction parisienne.« Partir à Pékin ? C’est une opportunité en or qu’il ne fallait pas laisser passer. C’est un honneur d’avoir été choisie ! » confie Marion à quelques jours de son départ. À 23 ans, la jeune étudiante de l’ISIT reconnaît qu’elle ne s’attendait pas à partir. « Tout est allé très vite. Nous avons su que nous partions il y a trois semaines à peine. Je suis contente mais stressée. J’ai fait quatre ans de chinois et je sais que je ne maîtrise pas assez la langue. Je connais 400 caractères, alors que pour lire un journal, il faudrait en connaître 1 500 ! À la rigueur, je pourrais peut-être demander l’heure dans la rue », s’amuse la jeune fille.

Immersion totale

Paul-Louis, de son côté, semble moins paniqué. Pourtant, il avoue que depuis quelques jours, la pression commence à monter. « J’étais stoïque jusqu’à hier, mais je viens de réaliser que nous décollions dans une semaine. J’ai rendu mon appartement et je ne sais toujours pas sur quel vol je partirai… Vivre dans un pays dont je ne connais pas la langue ne me fait pas peur. La pollution m’effraie davantage. À côté de Pékin, Paris ce n’est rien ! », anticipe ce jeune Normand.


Dépaysement garanti... et cours de chinois intensifs. Pour Claire et Alice, déjà sur place depuis le 3 septembre dernier, le dépaysement a été total. « C’était la première fois que je venais en Chine. Je ne savais même pas dire bonjour au chauffeur de taxi à l’aéroport ! se rappelle Claire. Je pensais que les Chinois parleraient tous plus ou moins anglais, mais j’ai vite compris que ce n’était pas le cas. Après dix jours d’incompréhension mutuelle totale – et très frustrante –, j’ai pris des cours intensifs de chinois après le travail », confie la jeune femme. Pour Alice, ce qui l’a marquée à son arrivée était davantage le monde dans la rue : « Les klaxons, le volume sonore en général étaient assez impressionnants. Aujourd’hui nous nous y sommes habituées, mais ce qui est toujours surprenant, c’est la négociation dans les magasins. Il faut savoir faire baisser les prix. Quelques astuces existent, comme se fixer un prix avant tout achat, faire comprendre que nous ne sommes pas des touristes et glisser quelques mots en chinois pour attirer la sympathie du vendeur. Mais, au final, on ne sait jamais si on a payé trop cher ou pas. C’est un véritable jeu ! »

Esprit olympique

Marion, Paul-Louis, Claire et Alice ont été missionnés pour travailler sur des documents sportifs (biographies d’athlètes, d’entraîneurs sportifs, etc.) et pour traduire, de l’anglais au français, tous les documents nécessaires aux préparatifs des JO. L’équipe travaille pour le Comité d’organisation des jeux Olympiques de Pékin (Beijing en chinois, d’où l’acronyme COJOB) dans la tour Olympique, à l’étage des relations internationales, à côté de l’équipe de traduction chinoise. « C’est un esprit particulier de travailler pour les JO, et la routine n’existe pas. Nous avons une échéance : le 8 août. C’est très excitant, mais les problèmes informatiques et l’organisation de la base de données sont parfois fastidieux », explique Alice. « En général, les Chinois n’aiment pas avouer qu’ils ne savent pas faire quelque chose. Ils évitent de répondre à la question et vous expliquent le pourquoi du comment alors que les Européens vont droit au but. Les réunions sont donc longues et très nombreuses ! », ajoute Claire.

Approcher les "grands noms du milieu". Mais les deux jeunes Françaises sont d’accord sur un point : « C’est fantastique d’assister aux épreuves-tests ! Tous les sites olympiques sont testés au cours de l’année, lors de compétitions internationales. On apprend beaucoup sur les formations olympiques et par des grands noms du milieu, comme Bill Weber, interprète en chef de nombreux JO. » À Paris, Paul-Louis se verrait bien seconder Nelson Monfort. Plus pragmatique, Marion propose d’écrire sur un papier l’adresse de l’hôtel où le chauffeur de taxi devra les conduire à leur arrivée. « Pour être sûrs de ne pas nous tromper… »

Ludivine Coste

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Twist of Fate
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Une école dans les coulisses des JO