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Ingénieurs : quelles opportunités pour débuter à l’étranger ?

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Vous êtes ingénieur et avez des envies d’international ? Votre diplôme peut vous ouvrir des portes. Environ 15 % des jeunes ingénieurs trouvent ainsi leur premier emploi à l’étranger. Mais encore faut-il s’y préparer en amont. Quelles formations sont les plus porteuses ? Comment mettre toutes les chances de votre côté ? Quelles sont les opportunités offertes à l’international ? Salaire, responsabilités, type de contrat… Autant d’éléments à prendre en compte avant de partir, même si l’attirance pour un pays ou le goût de l’exotisme restent souvent les premières motivations.

Beaucoup de postes à responsabilités


Pour les jeunes ingénieurs diplômés, les postes de VIE (volontariat international en entreprise) offrent "une très bonne première expérience, estime Marie-Pierre Guerra, responsable des relations entreprises à l’ISTOM (École supérieure d’agro-développement international). D’une durée de 12 à 24 mois, ils correspondent à des postes à responsabilités, avec des rémunérations convenables". 19 % des élèves de la promotion 2010 ont ainsi été embauchés comme VIE.

Globalement, "les jeunes diplômés ont plus de responsabilités à l’étranger qu’en France, confirme Victor Gomez-Frias, directeur adjoint de l’enseignement de l’ENPC-École des ponts ParisTech. Ils encadrent des équipes plus grandes et l’éloignement des structures centrales leur permet souvent d’avoir davantage d’autonomie. En France, on ne prendrait pas un jeune ingénieur pour gérer un grand projet".

Un constat qui n’est cependant pas universel. Pour Brigitte Jamart, directrice de l’EEIGM (École européenne d’ingénieurs en génie des matériaux), qu’il s’agisse d’ingénieurs production, R&D ou projet, "les postes sont les mêmes qu’en France". Reste qu’en élargissant ses recherches hors du cadre national, les candidats augmentent leurs chances de trouver un emploi qui leur plaît.


Des salaires plus élevés à l’étranger ?


Les écarts de salaires entre la France et l’étranger dépendent beaucoup du secteur et du pays dans lequel vous travaillez.

Pour les biotechnologies et le domaine pharmaceutique, débouchés privilégiés de l’ENSTBB (École nationale supérieure de technologie des biomolécules de Bordeaux), pas de doute : "les salaires sont clairement plus intéressants à l’étranger !", affirme Patricia Costagliolo, la responsable de l’Observatoire de l’emploi de l’école. En effet, pour une moyenne annuelle de 26.000 € en France, les salaires s’élèvent à plus de 35.000 € à l’étranger en 2010.

De même, d’après l’enquête 2011 de l’ECPM (École européenne de chimie, polymères et matériaux) menée pendant trois ans, les salaires bruts hors primes atteignent 34.000 € en France, et 38.000 € à l’étranger – auxquels il convient d’ajouter environ 2.000 € de primes dans les 2 cas.

Côté pays, l’Allemagne, qui connaît par ailleurs une pénurie d’ingénieurs, rémunère bien les jeunes diplômés. "Les salaires sont beaucoup plus élevés qu’en France, témoigne Brigitte Jamart, directrice de l’EEIGM : 45.000 €, alors que la moyenne à la sortie de l’école se situe à 33.000 € (en 2010). En revanche, en Espagne, les salaires se limitent à 28.000 €".

D’après l’ENPC, si le salaire d’embauche de ses ingénieurs débutants s’élève, en moyenne sur 2010, à 41.000 € hors primes, qu’ils restent en France ou travaillent dans l’UE (Union européenne), les primes sont plus importantes chez nos voisins européens. Quand on les inclut, le salaire grimpe à 50.000 € dans l’UE, contre 46.000 € en France. Quant à ceux qui s’éloignent un peu plus – hors UE –, ils gagnent en moyenne 43.000 € hors primes et 48.000 € primes incluses. Mais ces écarts s’expliquent notamment par les rémunérations dans le domaine de la finance internationale, 20 fois plus élevées que dans les autres secteurs.

Enfin, si vous partez dans un pays en développement, les salaires sont très variables selon le type de contrat. Au sein d’une entreprise française, un contrat d’expatrié sera très bien rémunéré et vous donnera des à-côtés avantageux tels qu’un logement, une voiture ou encore un billet d’avion par an pour revenir en France, éventuellement avec votre conjoint(e). En revanche, les contrats locaux, de même que ceux proposés par les ONG (organisations non gouvernementales) ou les associations affichent "des salaires souvent beaucoup plus bas", prévient Marie-Pierre Guerra de l’ISTOM. Cependant, le coût de la vie sur place, évidemment moindre dans les pays en développement, est également un facteur à prendre en compte. La rémunération ne fait pas tout !


Quelques nouvelles destinations


"Il y a une diversification des destinations", observe Victor Gomez-Frias de l’ENPC. Les ingénieurs sortant de cette école continuent de travailler surtout en Europe, puis au Maghreb, et restent présents aux États-Unis. Si les pays que l’on appelle les "BRIC" (Brésil, Russie, Inde, Chine), en forte croissance, attirent désormais davantage de jeunes diplômés, ils se mettent cependant à former leurs propres ingénieurs. "Il est donc possible que le flux se tarisse un peu", nuance le directeur adjoint de l’enseignement. D’autant plus que ces pays ont parfois du mal à fidéliser les jeunes ingénieurs, explique Brigitte Jamart de l’EEIGM. "Les entreprises avec lesquelles nous travaillons préfèrent aujourd’hui former des étudiants de leur pays en France", qui n’ont pas pour projet de revenir en France à court ou moyen terme.

Dans l’agro-développement, si l’Afrique concentre toujours les besoins, de plus en plus de jeunes diplômés de l’ISTOM se rendent en Amérique latine et en Asie.


Un premier emploi à l’étranger, et après ?


Décrocher son premier poste à l’étranger ne signifie pas que vous devrez forcément y rester ! Si vous le souhaitez, le retour en France ne pose en général pas de problème. Ainsi, 32 % des diplômés de l’ENPC commencent leur carrière à l’étranger. 25 % y restent mais, parmi eux, on compte beaucoup d’étrangers qui reviennent vivre dans leur pays après des études en France. En réalité, seuls 10 % des élèves français de l’ENPC font carrière à l’international.

Selon Patricia Costaglioli de l’ENSTBB, chercher un emploi en France après deux ou trois ans d’expérience à l’étranger est non seulement "facile", mais aussi "très intéressant" financièrement pour les jeunes ingénieurs, mieux payés en début de carrière. De retour en France, "ils obtiennent donc des salaires beaucoup plus conséquents" que s’ils étaient restés dans l’Hexagone. Alors, si l’étranger vous tente, lancez-vous !


Pour aller plus loin : Partir à l'étranger en école d'ingénieurs : comment ils en ont profité

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