Médecine : avez-vous le profil ?

publié le 20 Septembre 2007
5 min

Ne réussit pas les études de médecine qui veut, surtout la première année. Même si tout est possible à un concours, les statistiques jouent en faveur d’un certain profil de candidat.

Beaucoup d’appelés, peu d’élus : année après année, c’est la même rengaine… La sélection à l’issue de PECM 1 (première année du premier cycle médical) est toujours aussi sévère, voire plus encore. Car si le nombre de places au concours augmente régulièrement (on est passé de 5 100 en 2003 à 7 100 en 2007), l’engouement des jeunes pour la médecine ne faiblit pas non plus.
« Je ne supporte pas d’entendre dire que les études sont devenues faciles ! tempête Virginie Prade, présidente de l’ANEMF (Association nationale des étudiants en médecine de France). En 2007, pour 100 places de plus offertes par le ministère de la Santé, ce sont 3 000 candidats supplémentaires qui se sont présentés », explique-t-elle. À la rentrée 2006, 44 660 jeunes étaient ainsi inscrits en PCEM 1. Près de 16 % d’entre eux ont franchi ce cap, soit un sur six.
 

Difficile de réussir sans bac S

 
Difficile de faire partie des heureux élus ? Oui, assurément. Mais pas impossible si vous ­suivez le guide de survie de l’étudiant en PCEM 1 (lire : « L’obstacle de la première année ») et si vous correspondez à un certain profil d’élève.
Si, en théorie, n’importe quel lycéen peut s’inscrire en médecine, 93 % des étudiants de première année en 2007 étaient issus de la filière S. Ce pourcentage s’élève à 99 % en deuxième année. Pour accroître leurs chances, les non-scientifiques peuvent se réfugier dans une fac plus axée sur les matières médicales (biologie cellulaire, embryologie, physiologie, anatomie, etc.) et les sciences humaines (histoire de la médecine, éthique, psychologie sociale, démographie médicale…), comme Paris 11 (Kremlin-Bicêtre), Paris 13 (Bobigny) ou Paris 12 (Créteil). À Créteil, les sciences dures (chimie, biophysique, statistiques) ne représentent qu’un quart du programme, contre plus de 50 % de matières médicales et 20 % de sciences sociales.
À l’inverse, Paris 5 (Descartes) est réputée très matheuse… Le programme varie ainsi d’une faculté à l’autre, conséquence du fait que chaque établissement est libre d’organiser son enseignement pendant les deux premières années du cursus.
 

Une mention au bac : insuffisant

 
Si avoir le bac S en poche est fortement recommandé pour se lancer dans des études de médecine, en revanche, aucune spécialité n’est conseillée en particulier. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, choisir les SVT (sciences de la vie et de la Terre) n’apporte aucun bonus : à la fac, la géologie n’est pas inscrite au programme, et tout ce qui touche à la biologie est repris depuis le début.
Question mention, il faut reconnaître que les statistiques jouent en faveur des bons élèves. Les titulaires d’une mention passable représentent en effet la moitié des inscrits en première année… mais seulement 15 % des élèves de deuxième année. Pas de panique pour autant ! En PCEM 1, la plupart des enseignements sont nouveaux. Les compteurs sont donc « remis à zéro ». Certains élèves, lassés du lycée, se révèlent sur les bancs de l’université. « Le concours reste accessible si on a de bonnes capacités de travail et si on les mobilise. Évidemment, cela sera plus difficile si vous étiez déjà à fond en terminale », prévient Bertrand Boutillier, médecin généraliste remplaçant et créateur du site www.remede.org.
 

Une motivation à toute épreuve

 
Les études de médecine vous demanderont une excellente mémoire, de l’organisation, une grande résistance (au stress, aux rythmes infernaux), une prise de recul par rapport à la mort et, plus que tout, de la motivation. De nombreux étudiants échouent parce qu’ils ont choisi cette voie par défaut, sans avoir de réel projet, ou par méconnaissance du cursus.
En cas d’échec en PCEM 1, vous avez la possibilité de redoubler une fois (et une seule, sauf dérogation). Un mal pour un bien… En effet, selon le rapport Debouzie – une référence qui date de 2003 –, le taux de réussite des redoublants pour médecine et dentaire est de 35,9 % en moyenne, un chiffre quatre fois supérieur au taux de réussite des primants, évalué à 8,6 %. Au final, si le taux de succès en PCEM 1 s’établit chaque année à 16 % (soit 7 100 places rapportées à 44 660 étudiants inscrits), chaque étudiant a, en moyenne, 26 % de chances de réussir (7 100 places rapportées à 27 400 entrants chaque année). Néanmoins, ne misez pas sur les deux ans pour réussir le concours, sous peine de courir à l’échec ! Le rapport Thuillez de juillet 2006 montre ainsi que pour plus de 90 % des candidats, le résultat obtenu au concours la seconde fois était prévisible dès la première. Accrochez-vous dès le début !


Bon à savoir
Chaque université publie son programme complet de PCEM 1 sur son site Internet.


Articles les plus lus

A la Une Médecine Santé

Partagez cet article sur les réseaux sociaux !