Dossier : Réussir ses études de santé : 40 questions - réponses
- Le bac S prépare-t-il mieux que les autres bacs aux études de santé ?
- Peut-on réussir des études de santé après un bac ES, L ou technologique ?
- Quels sont les objectifs de la réforme des études de santé ?
- Qu'est-ce qui va changer avec la réforme des études de santé ?
- Quels sont les effets de la réforme des études de santé ?
- Etudes de santé : c'est quoi le "numerus clausus" ?
- Comment se déroule la L1 santé (PACES, ex-PCEM1)
- Comment se déroulent les études de santé de la 2ème année à l'internat ?
- Etudes de santé : comment devenir pharmacien ?
Est-ce risqué d’aller en médecine sans bac S ? En quoi consiste le concours de PAES ? En cas d’échec, quelles possibilités ? En choisissant pharmacie, sage-femme ou odontologie, quels sont les débouchés ? Pour quelque 40 questions posées par des jeunes et leurs parents sur les salons de l’Etudiant, l’auteure de "Réussir ses études santé" (éditions l’Etudiant) apporte ses réponses expertes. Extraits.
Les études de santé sont-elles vraiment exigeantes ?
Les études en santé sont longues. Commencer un parcours à l’université ne vous permettra pas de rejoindre le marché du travail avant au moins 5 ans d’études. Il vous faudra en effet au minimum 5 ans pour devenir sage-femme et jusqu’à 11 ans pour accéder au titre de médecin avec une spécialité…
De 5 ans au minimum jusqu’à 11 ans d’études… Répétez-le 2 fois à voix haute pour être certain d’avoir bien compris. Les études en santé sont, dès le début, un vrai plan de carrière. "Faire médecine, ce n’est pas choisir la facilité", convient Pierre Dubus, professeur des universités, praticien hospitalier en cytologie et histologie. À 18 ans, ce genre d’engagement peut faire peur mais il faut relativiser. Les études de santé fonctionnent rapidement sur le mode de l’alternance.
Après un 1er stage en soins infirmiers en début de 2ème année, les étudiants alternent cours à l’université et stage en hôpital dès la 3ème année. En odontologie, par exemple, dès l’année qui suit la 1ère année santé, vous participez à des travaux pratiques. "Certains sont doués de leurs mains dès le départ et d’autres non. La formation prévoit de nombreux exercices répétitifs pour que nos étudiants puissent s’entraîner", explique Jean-François Péli, doyen de l’UFR d’odontologie à Bordeaux-II. De plus, les étudiants se retrouvent dans des promotions de plus petite taille. C’est notamment le cas en école de sages-femmes, où les promotions dépassent rarement les 40 étudiants, ce qui permet de revenir à un enseignement plus individualisé.
Les études sont exigeantes aussi sur le plan financier. Ce n’est qu’à partir de la 4ème année et jusqu’à la 6ème année (s’ils n’ont pas redoublé, ils ont entre 22 et 24 ans) que les étudiants perçoivent une indemnité de l’ordre de 100 à 130 € net par mois dans le cadre de leurs stages hospitaliers.
Près de 80% des étudiants en médecine butent sur la 1ère année. Dès le départ, mieux vaut savoir que pour réussir le concours de 1ère année le niveau demandé est très élevé. Celles et ceux qui passent ce concours avec succès et qui s’orientent vers une carrière de médecin devront encore vivre le stress de l’ECN (examen classant national) en 6ème année. C’est cet examen qui déterminera leur spécialité d’exercice.
En 1ère année, les étudiants sont sélectionnés sur un concours, pas sur une éventuelle vocation. Le nombre limité de places pour le passage en 2ème année a transformé les aspirants sages-femmes, dentistes, pharmaciens ou médecins en bêtes à concours. L’ambiance des cours s’en ressent et selon les facs la concurrence est rude. Chaque semaine des colles sont prévues et les étudiants se retrouvent dans des ambiances d’évaluation permanente par rapport à leurs camarades. Ce genre de pression ne convient pas à certains. "C’était terrible. J’en garde un mauvais souvenir. Je n’étais qu’un individu perdu parmi d’autres. Quand je suis arrivée en 1ère année d’odontologie, le contraste était si fort que j’ai même eu l’impression d’intégrer une famille", se souvient Marie. Un système qui sélectionne les étudiants sur leur capacité de résistance et sur leurs aptitudes scolaires. L’empathie ou l’altruisme de ces futurs soignants ne sont en aucun cas pris en compte. "Les étudiants qui n’ont pas un bac S avec mention n’ont pratiquement aucune chance au concours. En sélectionnant de bons théoriciens, on n’est pas certain qu’ils fassent de bons praticiens", reconnaît Pierre Dubus.
En 6ème année, autre concours dans ce parcours du combattant : celui de l’ECN. Ce n’est qu’à ce moment des études que l’étudiant en médecine peut déterminer, en fonction de son classement, sa spécialité et son affectation. Après 6 ans d’études, les étudiants peuvent se voir contraints d’accepter telle ou telle spécialité et/ou affectation. Tout dépend de leur classement à l’ECN. "Le choix est brutal", confirme Pierre Dubus. Si vous avez rêvé d’exercer en pédiatrie, vous pourrez être "obligé" de devenir médecin généraliste. Comme pour le concours de 1ère année, les mieux classés choisissent leur spécialité et le lieu de leur exercice, les suivants décident en fonction de ce qui reste. Il n’y a pas de recalés à ce niveau, mais des orientations qui peuvent ne pas être des choix de carrières désirées. "J’ai des amis très brillants qui ont eu de mauvais résultats à l’ECN. Certains ont préféré déménager pour s’engager dans la spécialité qu’ils voulaient et d’autres ont pris médecine générale juste pour rester dans la ville où ils étaient. Ce n’est vraiment pas facile", remarque Martin, interne. Et Pierre Dubus de compléter : "Dans ce cursus, il faut toujours être capable de se remettre en question."
| Ne pas avoir peur des études longues |
Après un 1er stage en soins infirmiers en début de 2ème année, les étudiants alternent cours à l’université et stage en hôpital dès la 3ème année. En odontologie, par exemple, dès l’année qui suit la 1ère année santé, vous participez à des travaux pratiques. "Certains sont doués de leurs mains dès le départ et d’autres non. La formation prévoit de nombreux exercices répétitifs pour que nos étudiants puissent s’entraîner", explique Jean-François Péli, doyen de l’UFR d’odontologie à Bordeaux-II. De plus, les étudiants se retrouvent dans des promotions de plus petite taille. C’est notamment le cas en école de sages-femmes, où les promotions dépassent rarement les 40 étudiants, ce qui permet de revenir à un enseignement plus individualisé.
| Le coût des études |
| Des études basées sur au moins un concours |
En 1ère année, les étudiants sont sélectionnés sur un concours, pas sur une éventuelle vocation. Le nombre limité de places pour le passage en 2ème année a transformé les aspirants sages-femmes, dentistes, pharmaciens ou médecins en bêtes à concours. L’ambiance des cours s’en ressent et selon les facs la concurrence est rude. Chaque semaine des colles sont prévues et les étudiants se retrouvent dans des ambiances d’évaluation permanente par rapport à leurs camarades. Ce genre de pression ne convient pas à certains. "C’était terrible. J’en garde un mauvais souvenir. Je n’étais qu’un individu perdu parmi d’autres. Quand je suis arrivée en 1ère année d’odontologie, le contraste était si fort que j’ai même eu l’impression d’intégrer une famille", se souvient Marie. Un système qui sélectionne les étudiants sur leur capacité de résistance et sur leurs aptitudes scolaires. L’empathie ou l’altruisme de ces futurs soignants ne sont en aucun cas pris en compte. "Les étudiants qui n’ont pas un bac S avec mention n’ont pratiquement aucune chance au concours. En sélectionnant de bons théoriciens, on n’est pas certain qu’ils fassent de bons praticiens", reconnaît Pierre Dubus.
En 6ème année, autre concours dans ce parcours du combattant : celui de l’ECN. Ce n’est qu’à ce moment des études que l’étudiant en médecine peut déterminer, en fonction de son classement, sa spécialité et son affectation. Après 6 ans d’études, les étudiants peuvent se voir contraints d’accepter telle ou telle spécialité et/ou affectation. Tout dépend de leur classement à l’ECN. "Le choix est brutal", confirme Pierre Dubus. Si vous avez rêvé d’exercer en pédiatrie, vous pourrez être "obligé" de devenir médecin généraliste. Comme pour le concours de 1ère année, les mieux classés choisissent leur spécialité et le lieu de leur exercice, les suivants décident en fonction de ce qui reste. Il n’y a pas de recalés à ce niveau, mais des orientations qui peuvent ne pas être des choix de carrières désirées. "J’ai des amis très brillants qui ont eu de mauvais résultats à l’ECN. Certains ont préféré déménager pour s’engager dans la spécialité qu’ils voulaient et d’autres ont pris médecine générale juste pour rester dans la ville où ils étaient. Ce n’est vraiment pas facile", remarque Martin, interne. Et Pierre Dubus de compléter : "Dans ce cursus, il faut toujours être capable de se remettre en question."
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Toutes ces questions et leurs réponses sont extraites du livre "Réussir ses études de santé", par Ludivine Coste, aux éditions l’Etudiant. Commandez-le sur la librairie en ligne de l’Etudiant. |














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