Réussir en licence de sociologie : “La socio n’est pas qu’une discipline littéraire”

Emmanuel Vaillant et le service Documentation  —  Publié le

Des théories à la pratique de terrain... Le programme de licence de sociologie fait appel à des compétences littéraires, de la curiosité, beaucoup de rigueur et un peu de maths.

Les qualités requises pour étudier la sociologie à la fac
Être littéraire et rigoureux
Avoir l’esprit critique
Être intéressé par les faits de société

Ce qu’on apprend en licence de sociologie


De l’histoire, de l’économie, du droit, de la démographie, de la géographie… la licence de sociologie ne se cantonne pas à une discipline : “C’est un cursus interdisciplinaire qui exige un intérêt pour les sciences sociales au sens large”, note Joëlle Perroton, responsable de la licence de sociologie de l’université de Bordeaux.

“En plus d’avoir une curiosité sur les sujets de société, cette licence demande d’être à l’aise avec l’écrit, d’avoir une bonne capacité de lecture et d’interprétation des textes”, précise Marie Charvet, enseignante et responsable de la pédagogie à l’université de Nantes.

À savoir avant


“Souvent, les étudiants s’attendent à avoir uniquement des cours théoriques, poursuit cette enseignante. Quand ils se retrouvent à mener des entretiens et à faire des enquêtes de terrain, c’est une vraie et bonne surprise !” Et pour cela mieux vaut avoir une bonne ouverture d’esprit et une capacité à échanger.

Selon Joëlle Perroton, l’autre idée reçue courante est de “croire que la sociologie serait une discipline uniquement littéraire”. Et de préci­ser : “La sociologie exige aussi de la rigueur et des connaissances en statisti­ques, donc en maths pour réaliser et interpréter des enquê­tes quantitatives.”

À quoi mène la filière ?


Hormis le métier de sociologue, qui impose d’aller jusqu’au doctorat, les étudiants débarquant en licence de sociologie ont souvent une idée très vague des débouchés possibles. “Le projet se construit souvent en troisième année de licence, note Joëlle Perroton, avec des perspectives très nombreuses, car la formation ouvre sur des compétences très larges.”

De fait, les étudiants se répartissent entre les concours de l’enseignement, les écoles de journalisme, des masters en urbanisme, en politique de la ville, en études d’opinion, etc.

Et si je change d’avis ?


D’une science sociale à l’autre, il est toujours possible de bifurquer, seulement il sera difficile de faire valoir des équivalences et de ne pas perdre une année. En revanche, sachez que certains étudiants s’engagent en sociologie non pas pour poursuivre jusqu’à la licence mais pour y trouver un tremplin qui prépare aux concours.

“Nombre d’étudiants passent par une première voire une deuxième année de licence pour préparer les concours du social ou du paramédical, précise Marie Charvet. Ils acquièrent là des connaissances et une capacité de réflexion qui sont utiles pour ces concours mais également pour leur futur métier.”

Voir aussi notre dossier “Réorientation et passerelles entre filières”.

GABRIEL, 21 ANS, EN L3 DE SOCIOLOGIE À BORDEAUX 2
“Le principal piège est de ne pas parvenir à gérer son temps en dehors des cours”
Gabriel, 21 ans, en L3 de sociologie à Bordeaux 2 - 2012Qu’est-ce qui vous a le plus surpris ?
“J’ai été surpris de découvrir quelques matières comme la démographie ou les cours de politiques publiques. Je ne voyais pas le rapport à la sociologie avant de m’apercevoir que c’est très complémentaire. Aussi, je m’attendais à travailler sur des logiciels de gestion statistiques. Ce sont des outils performants très intéressants à découvrir. Enfin et surtout, ce qui m’a le plus surpris, c’est le temps libre : dix-huit heures de cours contre trente heures en terminale ! Cela demande vraiment de savoir travailler par soi-même.”

Quels sont vos conseils pour réussir ?
“Il faut surmonter les deux premières années, qui sont un peu abstraites, un peu floues sur les débouchés. En troisième année on y voit plus clair. Et avant ça, le principal piège est de ne pas parvenir à gérer son temps hors des cours. Nos connaissances ne sont pas contrôlées par des devoirs, comme au lycée. Il faut travailler seul. Et pour ça l’université est moins anonyme que je n’imaginais ; auprès du secrétariat, des profs ou de la bibliothèque, on peut bénéficier de soutien. Seulement il faut aussi apprendre à être autonome…”

Témoignage recueilli en février 2012


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Emmanuel Vaillant et le service Documentation

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