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Reportage

La licence SLIC de l’UB : entre info-com et linguistique, plus besoin de trancher

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Université de Bourgogne - Mélanie, Lea  et Lou étudiantes en 1re année de licence SLIC, en pleines révisions au café de l’Atheneum // © Cécile Peltier
Université de Bourgogne - Mélanie, Lea et Lou étudiantes en 1re année de licence SLIC, en pleines révisions au café de l’Atheneum // © Cécile Peltier

La licence SLIC (sciences du langage et de l’information communication), ouverte à la rentrée 2012, fait un tabac auprès des étudiants. En “prise avec le monde contemporain”, cette formation pluridisciplinaire, qui mêle linguistique et info-com, prépare aux métiers du journalisme, de la communication, du professorat ou de la linguistique.

Plus de 400 candidatures pour 150 places, soit 37,5 %. Contrairement à la plupart des licences de l'université de Dijon, la licence SLIC (sciences du langage et de l'information communication) est sélective. Le choix des étudiants s'opère parmi les inscrits sur le site APB (Admission-postbac).

"On vérifie le niveau des bacheliers – de préférence issus d'une série générale – à partir des bulletins scolaires, en étant attentif à toutes les matières", explique Philippe Monneret, professeur de linguistique et coresponsable de la licence. "Nous devons aussi rédiger une courte lettre de motivation sur APB (50 mots)", ajoute Manon.

Comme Léa, Lou, Zoé et Mélanie, celle-ci fait partie des heureux élus à avoir intégré la licence en première année à la rentrée 2013. En pleine séance de révisions des partiels au café de l'Atheneum, la salle de spectacle de la fac, les cinq étudiantes ne regrettent pas leur choix. "La plupart des facs distinguent linguistique et information-communication. Notre licence réunit les deux et c'est ce qui m'a intéressée", explique Manon.

 

Des étudiants qui écrivent

 

Pendant longtemps, les étudiants de l'UB intéressés par ces disciplines devaient se contenter de l'option info-com proposée dans le cadre des licences du domaine des humanités. "Chaque année, ils optaient en masse pour cette option, et nous avions des demandes pour la création d'une licence info-com, se souvient Philippe Monneret. Il fallait créer une formation pluridisciplinaire, en prise avec le monde contemporain."

Contrairement à beaucoup de licences de ce domaine qui se bornent à "donner aux étudiants une formation trop descriptive ou technique des médias", la licence SLIC les met en situation d'écrire. Avec son cocktail de linguistique (linguistique française et générale) et d'information-communication (incluant une formation en informatique), rehaussé de pratique de l'écriture, de langue étrangère, etc., elle permet de "former des étudiants dotés d'une solide culture dans le domaine de l'information et de la communication, mais aussi de compétences rédactionnelles de très bon niveau", assure l'enseignant-chercheur.

La licence, qui n'a pas connu de modification dans le cadre de la rénovation de ce diplôme, pourrait changer d'appellation en 2014-2015. "Mais les contenus resteraient à 95 % les mêmes", rassure Philippe Monneret.

 

Des ateliers avec des conteurs, scénaristes, romanciers...

 

Une des originalités de la formation : les ateliers d'écriture (quatre heures tous les 15 jours) proposés en 1re année. Les étudiants raffolent de ces séances animées par des professionnels des mots, conteurs, scénaristes, romanciers, etc. "C'est génial, cela nous permet de développer notre créativité", s'enthousiasme Léa. Toutes les cinq aiment la dimension concrète de la formation. "Il y a beaucoup d'interventions de professionnels, de cas pratiques", souligne Manon.

Université de Borgogne - Manon et Mélanie, étudiantes en 1ère année de licence SLIC, en pleines révisions au café de l’Atheneum // © Cécile Peltier

Manon et Mélanie, en pleine révision au café de l'Atheneum de l'UB. // © Cécile Peltier

Un seul bémol : le manque de place accordée aux langues étrangères. "Nous n'avons qu'une langue obligatoire, à raison d'une heure d'anglais par semaine, regrette Léa. C'est peu !" "La deuxième langue est seulement optionnelle. C'est dommage car dans le domaine de la communication, on a besoin de plus", renchérit Mélanie.

Avec 25 heures de cours hebdomadaires (entre 200 et 250 heures par semestre selon les options), et une bonne dose de travail personnel, le rythme est "soutenu", reconnaît Philippe Monneret. Les filles, elles, ne se plaignent pas. "En travaillant au fur et à mesure, on s'en sort très bien", assure Manon. Hormis les cours à proprement parler, le professeur encourage ses élèves à se montrer ouverts. "Il est important de ne pas envisager l'université de manière trop scolaire, c'est-à-dire de faire le lien entre ce que l'on y apprend et ce que l'on vit : il faut aller au théâtre, au cinéma, lire la presse, écouter la radio..."

 

Les débouchés : de la culture au paramédical

 

Professeur Phililppe-Monneret-coresponsable de la licence SLIC-portrait de fac université de Dijon (c) UB. Même si la fac est très différente du lycée, le petit effectif de la promo favorise la proximité. "On est un peu plus de 100 et l'on se connaît tous. Nous avons un groupe soudé sur Facebook, où nous nous échangeons les cours", se félicite Manon.

Les étudiants commencent à se spécialiser dès la première année, à raison de deux unités d'enseignement au choix sur cinq. "Ceux qui veulent aller vers le CAPES (certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement secondaire) vont prendre l'UE (unité d'enseignement) de littérature. Ceux qui souhaitent s'orienter vers le professorat des écoles, l'UE de développement de l'enfant, etc.", détaille Philippe Monneret (photo ci-contre).

En troisième année, les étudiants ont le choix entre trois spécialisations : français langue étrangère, préparation aux concours de l'enseignement ou pratique des médias sous la forme d'un projet personnel ou stage appliqué. Une préparation aux concours d'orthophonie est aussi proposée en licence SLIC depuis la rentrée 2013. "Ces concours sont théoriquement accessibles après le bac mais tellement sélectifs, qu'en général les candidats ont une licence", indique Philippe Monneret.

Autre voie possible : les masters de linguistique comme le master pro TILDE (traitement informatique et linguistique des documents écrits) de Paris 13. "Il y a beaucoup de débouchés dans ce domaine. Les entreprises sont à la recherche de profils susceptibles de concevoir des logiciels capables de traiter automatiquement des données linguistiques (mails, courriers clients, etc.)." Lou, qui rêve de devenir professeur des écoles, envisage de poursuivre en master enseignement. Ses camarades, elles lorgnent avec intérêt vers le master euromédias de l'UB.

Face au succès de la formation, le nombre de places pourrait augmenter à la rentrée prochaine. Pas question pourtant de trop ouvrir la porte : il faut rester en prise avec les débouchés professionnels. Si l'Éducation nationale embauche des enseignants dans les années qui viennent, certains secteurs comme la communication, les médias où la culture sont déjà assez saturés.

Des masters 100 % en anglais
Dès la rentrée 2014, l'université de Bourgogne prévoit l'ouverture d'un ou deux nouveaux masters 2 en anglais, transpositions de formations déjà existantes en français. Objectif : attirer de bons étudiants français, francophones ou étrangers pour donner une vraie dimension internationale à l'établissement. À terme, l'ambition est d'ouvrir six masters 100 % en anglais (M1 et M2), un pour chaque grand domaine scientifique de l'université.

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