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Reportage

L’université de Lorraine : une fac en fusion

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Faculté de droit, palais de l'Université, place Carnot à Nancy. // © Alex Herail
Faculté de droit, palais de l'Université, place Carnot à Nancy. // © Alex Herail

PORTRAIT DE FAC - Des dimensions qui donnent le vertige… Née de la fusion de quatre établissements en 2012, l’université de Lorraine compte 52.500 étudiants répartis sur 52 sites. Mais la fac pluridisciplinaire n’entend pas en rester là pour assurer sa visibilité. Principaux défis qu’elle entend désormais relever ? Insuffler l’esprit d’entreprendre à ses étudiants dans une région marquée par les restructurations industrielles. Ou encore miser sur la qualité reconnue de sa vie étudiante, à même de booster son attractivité.

Si les effectifs restent concentrés sur Nancy et Metz, l'université de Lorraine – dite l'UL – est néanmoins présente sur toute la région : une vraie spécificité.

Un même établissement, mais des conditions d'études très différentes... À l'occasion de la deuxième rentrée de l'UL (université de Lorraine), c'est le constat dressé par ses nouveaux étudiants. Thibaut et Antoine, en L1 de mathématiques, sont répartis dans des groupes de cours et de TD "dont le nombre d'élèves ne dépasse pas celui d'une classe de lycée". De son côté, Yanis, en L1 de STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives), évoque des amphis "pleins à craquer" et des emplois du temps changeants. "Nous sommes 500 en première année. L'administration fait de son mieux pour organiser les activités de 14 groupes...". Que dire encore des 2.500 étudiants en première année de PACES (première année d'études commune de santé) répartis sur quatre campus ?
  

Quatre facs pour le prix d'une

 

Certes, ces disparités ne sont pas étonnantes dans un vaste établissement de 52.500 étudiants né en 2012 de la fusion de quatre universités : Nancy 1, Nancy 2, Metz et l'INPL (Institut national polytechnique lorrain). L'UL se déploie aujourd'hui sur 52 sites et dispose du plus important patrimoine immobilier parmi les établissements d'enseignement supérieur français. Pas toujours facile de s'y retrouver dans la multiplicité des campus et des 230 diplômes.

Heureusement, l'offre de formation a été simplifiée (– 50 % de mentions de licence et – 20 % de mentions de master) et certains rapprochements géographiques de filières sont envisagés. Pharmacie et dentaire pourraient ainsi rejoindre la faculté de médecine sur le campus de Brabois, dans l'agglomération de Nancy, dans un vaste pôle "biologie et santé".

 
Metz et Nancy : complémentaires ou rivales ?

 

Deux villes, deux histoires. À Nancy, l'université a connu une croissance exceptionnelle à partir de 1871. La cité concentre aujourd'hui deux tiers des effectifs. De son côté, Metz n'est réellement devenue ville universitaire qu'en 1970. Le nord lorrain accueille aujourd'hui un quart des étudiants sur les trois campus messins (Bridoux, Saulcy et Technopôle) et cinq IUT (instituts universitaires de technologie) répartis sur le département de la Moselle.

Portrait de fac Lorraine - © Alex HERAIL IUT Hubert Curien à EpinalÀ l'IUT Hubert-Curien d'Épinal. // © Alex Hérail.

L'université n'a pas totalement éteint la vieille rivalité entre les deux agglomérations. Néanmoins, les responsables de l'UL parlent à présent de "complémentarité". Nancy offre un potentiel de formations et de recherche relativement complet incluant un CHU (centre hospitalo-universitaire) et des écoles d'ingénieurs. Metz revendique une activité davantage tournée vers le monde industriel, avec également des cursus en sciences humaines et sociales, arts et langues, droit, mathématique-information, sciences fondamentales et appliquées, gestion et STAPS.

"De nombreux diplômes sont proposés sur les deux sites", tempère toutefois Étienne Baumgartner, le vice-président en charge de la formation. À Metz, l'avènement de l'UL a permis notamment l'ouverture d'une PACES qui a attiré 350 étudiants à la rentrée 2013. Par ailleurs, l'ENIM (École nationale des ingénieurs de Metz), une particularité lorraine, pourrait bientôt rejoindre 10 autres écoles qui figurent déjà dans le giron de l'université.

 
Booster l'attractivité au-delà de la Lorraine

 

L'étape majeure que doit aujourd'hui franchir la toute jeune université est celle de sa visibilité nationale et internationale. L'exemple de Chloé, 18 ans, venue des Hautes-Alpes pour étudier l'histoire en L1 à Nancy "car la faculté est très réputée", demeure une exception. Bien entendu, l'UL a des domaines d'excellence reconnus nationalement et internationalement en mathématiques, sciences de l'ingénieur, sciences de l'univers et physique notamment.


Portrait de fac Lorraine - © Philippe Bohlinger campus de sciencesCampus de sciences de l'Université de Lorraine. // © Philippe Bohlinger.

Mais la faible attractivité de l'université vis-à-vis des étudiants non régionaux – à l'exception des écoles d'ingénieurs – impose un important effort de communication. Romain, qui boucle son M2 en sciences cognitives, en témoigne. "Les étudiants en master 2 peuvent rencontrer des difficultés à trouver un stage en raison du manque de valorisation de nos filières. Par exemple, les informations sur ma filière ne sont pas faciles à trouver sur le site Internet de l'UL." Encore une étape à franchir.

L'université de Lorraine en chiffres
52.478 étudiants
7.500 étudiants internationaux
4.495 élèves ingénieurs
3.700 enseignants-chercheurs et enseignants
3.000 personnels de bibliothèques, ingénieurs, administratifs, techniciens, de service et de santé
262 bâtiments
52 sites
60 bibliothèques
10 écoles d'ingénieurs61 laboratoires
8 écoles doctorales
562 millions d'euros de budget en 201

Source : université de Lorraine, 2013

 

Pour aller plus loin : Portrait de fac : l'université de Strasbourg / Réussir ses études à l'université : la vérité sur 15 filières à la fac

Sommaire du dossier
L’université UL côté études : donner le goût d’entreprendre à la sauce lorraine L’université de Lorraine, côté vie étudiante : si grande et pourtant si conviviale