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Enquête

Réussite à la fac après un bac S : le succès des cursus qui pratiquent la sélection

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Manifs et grèves à répétition, examens reportés, baisse des inscriptions… l’université est sur la sellette. À juste titre ? Voici notre état des lieux de la réussite des filières de prédilection des S. La concurrence entre les facs de médecine et les licences de sciences profite largement aux premières, malgré une forte sélectivité et des amphis engorgés.

"La lettre “S” ne veut plus dire scientifique, mais sélection", plaisante à moitié Alain Trouillet, président de la CDUS (Conférence des doyens d’UFR scientifiques) pour expliquer la désaffection des jeunes bacheliers envers les filières scientifiques à l’université. Car depuis 1997, le pourcentage de S inscrits à l’université a reculé de presque 10 points, passant de 62,5 % à 53 %. Seul l’attrait récent des formations de santé compense en partie ce recul.

Une université plus attractive quand elle sélectionne : la formule se vérifie avec les études de médecine. En dépit (en raison ?) de son fort écrémage à l’entrée (16 % de réussite au concours 2008 de PCEM 1, la première année du premier cycle des études médicales), la filière n’a jamais connu un tel succès. Elle est même devenue depuis trois ans la principale destination universitaire des S (choisie par quatre bacheliers de cette série sur dix), loin devant les licences scientifiques. Depuis 2000, le nombre des bacheliers inscrits en PCEM 1 a doublé, suivant la courbe d’augmentation du numerus clausus (nombre de places au concours de fin de première année), qui, lui, a augmenté de 70 % sur la même période.

À tel point que les conditions d’études, elles, se sont dégradées dans la plupart des UFR (unités de formation et de recherche). À la fac de Lille par exemple, en 2008, si chacun des 2 700 élèves de PCEM 1 était assuré d’avoir un siège, seuls 800 d’entre eux ont eu le droit de voir le prof en chair et en os dans l’amphi. Tous les autres étaient répartis dans sept salles pour une retransmission du cours en vidéo.

L’an dernier, l’ANEMF (Association nationale des étudiants en médecine de France) recommandait d’ailleurs de ne "pas ouvrir trop vite les vannes du numerus clausus". "Par le passé, l’augmentation du numerus clausus ne s’est pas accompagnée de l’augmentation du taux de réussite au concours", indiquait la vice-présidente aux études médicales sur le site de l’association. Elle invitait aussi le ministère de la Santé à "s’assurer de la capacité de formation des facultés et des CHU [centres hospitaliers universitaires] autant en nombre de terrains de stage qu’en nombre d’enseignants".


Fac : où vont les S ?
En 2007, 53 % des titulaires du bac S ont choisi de s’engager dans un cursus universitaire : c’est 10 % de moins qu’en 1997. Armés pour réussir dans la plupart des spécialités, ils sont sans surprise les plus nombreux dans les filières scientifiques. Quelque 42 % des bacheliers S inscrits à la fac optent pour des études de médecine, de pharmacie et de dentaire. Par ailleurs, environ un tiers des bacs S qui optent pour l’université s’orientent vers les sciences : sciences fondamentales (13 %), sciences de la vie, de la Terre et de l’univers (9 %) ou plurisciences (9 %). Les autres se répartissent entre les filières de lettres, arts et sciences humaines (8 %), de droit et de science politique (7 %), d’économie et d’AES (administration économique et sociale), de langues (4 %) et de STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives, 3 %).

Sommaire du dossier
Médecine : intérêt justifié par un emploi assuré Sciences : débouchés moins identifiés Sciences : des atouts malgré tout