Dossier : L’université innove et se donne les moyens de réussir
Paradoxe : c’est au moment où l’université reçoit le plus de moyens et tente de sortir de sa tour d’ivoire que les étudiants s’en détournent.
Que vaut encore la fac ?
L’université innove et se donne les moyens de réussir
L’année 2009 : celle de tous les dangers pour l’université française. Après 4 mois de mouvements et de grèves partielles au printemps, la rentrée de septembre a vu le nombre d’inscriptions en licence baisser de 2,3 % (contre -2,5 % en 2008). Ce nouveau recul suit une diminution régulière des effectifs à l’université : – 6 % pour la période 2005-2008. Dernière inquiétude en date : celle de l’arrivée de la pandémie grippale, qui pourrait entraîner des fermetures de facultés. Toutes se sont d’ailleurs préparées et ont envisagé un tel scénario.
Des moyens financiers en forte hausse
Depuis deux ans, l’université est sous le feu des projecteurs. Mais paradoxalement, c’est au moment où elle entre dans une nouvelle dynamique que les étudiants s’en détournent. "Avec le plan Réussite en licence, jamais les étudiants de première et de deuxième années n’ont eu autant de moyens à leur disposition", constate ainsi Alain Trouillet, président de la CDUS (Conférence des doyens des universités scientifiques). Dans un contexte particulièrement délicat de crise économique, les filières universitaires subissent en outre la concurrence des grandes écoles, filières considérées comme plus sûres en matière d’insertion professionnelle. Seuls les cursus universitaires sélectifs et/ou aux débouchés bien identifiés, comme les études de médecine et le droit (choisis par 35 % des bacheliers en 2009), rassurent et échappent à cette désaffection.
Plus de passerelles avec le monde professionnel
La fac se bouge ! Elle n’a pas attendu les récentes réformes ministérielles pour sortir de sa tour d’ivoire et diversifier ses débouchés bien au-delà de l’enseignement et de la recherche. Par exemple, de plus en plus d’universités proposent des parcours pluridisciplinaires (histoire-droit, histoire de l’art-langues…) ou des doubles cursus en partenariat avec des grandes écoles (instituts d’études politiques, écoles de commerce ou écoles d’ingénieurs). Exemples parmi les plus récents : Paris 4 et Paris 6 ont signé des accords avec Sciences po ; Paris 11 est devenue partenaire de l’École polytechnique ; l’université de technologie de Troyes s’est rapprochée de l’école d’ingénieurs EPF, etc.
Dernière innovation en date, la création des BAIP (bureaux d’aide à l’insertion professionnelle) dans chaque université. Une initiative qui devrait aider à combler le fossé entre les jeunes diplômés et le monde professionnel en leur fournissant conseils, contacts, offre de stages et offre d’emploi. Quelques grandes universités comme celles de Cergy-Pontoise, Limoges, Paris 2, Toulouse 1…, ont même un temps d’avance en matière d’insertion, misant depuis déjà un certain temps sur les formations professionnelles ou en apprentissage.
Pas sans heurts avec les universitaires
Malgré une dynamique nouvelle en université, les multiples réformes engagées par le gouvernement génèrent pas mal d’inquiétudes dans la communauté universitaire : enseignants, personnels administratifs, étudiants… En introduisant l’autonomie dans la gestion et la stratégie des universités, la loi Libertés et responsabilités des universités (dite loi LRU) du 10 août 2007 constitue une véritable révolution culturelle. Moyens financiers en partie distribués en fonction des performances (taux de réussite des étudiants et insertion professionnelle), personnels directement gérés par les établissements… : la loi change en profondeur la gouvernance des universités. Sans compter que d’autres chantiers comme la réforme du statut des enseignants-chercheurs ou encore celle de la formation des maîtres (ces enseignants seront désormais recrutés à partir d’un diplôme bac + 5) ont rajouté à la confusion.
Le gouvernement s’est également engagé dans la modernisation d’une dizaine de sites universitaires phares (à travers l’Opération campus) et dans le plan Réussite en licence, qui vise à réduire le taux d’échec des étudiants en premier cycle. Avec un très gros lot à la clé pour l’université : 730 millions d’euros sur cinq ans. De quoi rattraper des années de pénurie budgétaire. Il était temps !
Des moyens financiers en forte hausse
Depuis deux ans, l’université est sous le feu des projecteurs. Mais paradoxalement, c’est au moment où elle entre dans une nouvelle dynamique que les étudiants s’en détournent. "Avec le plan Réussite en licence, jamais les étudiants de première et de deuxième années n’ont eu autant de moyens à leur disposition", constate ainsi Alain Trouillet, président de la CDUS (Conférence des doyens des universités scientifiques). Dans un contexte particulièrement délicat de crise économique, les filières universitaires subissent en outre la concurrence des grandes écoles, filières considérées comme plus sûres en matière d’insertion professionnelle. Seuls les cursus universitaires sélectifs et/ou aux débouchés bien identifiés, comme les études de médecine et le droit (choisis par 35 % des bacheliers en 2009), rassurent et échappent à cette désaffection.
Plus de passerelles avec le monde professionnel
La fac se bouge ! Elle n’a pas attendu les récentes réformes ministérielles pour sortir de sa tour d’ivoire et diversifier ses débouchés bien au-delà de l’enseignement et de la recherche. Par exemple, de plus en plus d’universités proposent des parcours pluridisciplinaires (histoire-droit, histoire de l’art-langues…) ou des doubles cursus en partenariat avec des grandes écoles (instituts d’études politiques, écoles de commerce ou écoles d’ingénieurs). Exemples parmi les plus récents : Paris 4 et Paris 6 ont signé des accords avec Sciences po ; Paris 11 est devenue partenaire de l’École polytechnique ; l’université de technologie de Troyes s’est rapprochée de l’école d’ingénieurs EPF, etc.
Dernière innovation en date, la création des BAIP (bureaux d’aide à l’insertion professionnelle) dans chaque université. Une initiative qui devrait aider à combler le fossé entre les jeunes diplômés et le monde professionnel en leur fournissant conseils, contacts, offre de stages et offre d’emploi. Quelques grandes universités comme celles de Cergy-Pontoise, Limoges, Paris 2, Toulouse 1…, ont même un temps d’avance en matière d’insertion, misant depuis déjà un certain temps sur les formations professionnelles ou en apprentissage.
Pas sans heurts avec les universitaires
Malgré une dynamique nouvelle en université, les multiples réformes engagées par le gouvernement génèrent pas mal d’inquiétudes dans la communauté universitaire : enseignants, personnels administratifs, étudiants… En introduisant l’autonomie dans la gestion et la stratégie des universités, la loi Libertés et responsabilités des universités (dite loi LRU) du 10 août 2007 constitue une véritable révolution culturelle. Moyens financiers en partie distribués en fonction des performances (taux de réussite des étudiants et insertion professionnelle), personnels directement gérés par les établissements… : la loi change en profondeur la gouvernance des universités. Sans compter que d’autres chantiers comme la réforme du statut des enseignants-chercheurs ou encore celle de la formation des maîtres (ces enseignants seront désormais recrutés à partir d’un diplôme bac + 5) ont rajouté à la confusion.
Le gouvernement s’est également engagé dans la modernisation d’une dizaine de sites universitaires phares (à travers l’Opération campus) et dans le plan Réussite en licence, qui vise à réduire le taux d’échec des étudiants en premier cycle. Avec un très gros lot à la clé pour l’université : 730 millions d’euros sur cinq ans. De quoi rattraper des années de pénurie budgétaire. Il était temps !
| Plan licence : l’échec en ligne de mire Fin 2007, le ministère de l’Enseignement supérieur a lancé un vaste plan, Réussite en licence, avec pour objectif de réduire de moitié, et en cinq ans, le taux d’échec en licence. Il s’engage à financer (35 millions d’euros en 2008) les projets des universités destinés à aider les nouveaux venus à s’adapter. Certaines facs ont par exemple réduit le nombre d’heures de cours en amphi au profit de séances en petits groupes. D’autres, comme celle de Poitiers, ont mis en place des "enseignants référents" sur le modèle du professeur principal du lycée. "C’est un enseignant que l’on peut solliciter dès que l’on a une question ou une difficulté et qui propose des solutions, un peu comme un coach", explique Françoise Lambert, vice-président en charge des formations à l’université de Poitiers. |
| Que vaut la fac ? Paradoxe : c’est au moment où l’université reçoit le plus de moyens et tente de sortir de sa tour d’ivoire que les étudiants s’en détournent. Réussite à la fac après un bac ES Filières de prédilection des ES à la fac, le droit et les sciences éco conduisent les meilleurs élèves à une bonne insertion. Les autres ont plus d’avenir en gestion. Réussite à la fac après un bac L Les diplômés en lettres et sciences humaines devront faire preuve de motivation et de stratégie pour suppléer leur faible professionnalisation. Réussite à la fac après un bac S La concurrence entre les facs de médecine et les licences de sciences profite largement aux premières, malgré une forte sélectivité des amphis engorgés. Réussite à la fac après un bac pro Malgré un taux de réussite probant au bac, les titulaires du bac pro n’ont aucune garantie de réussite à l’université. Réussite à la fac après un bac STG Un bachelier STG sur cinq s’inscrit en fac. Mais la réussite est rarement au rendez-vous… Réussite à la fac après un bac STI, STL ou ST2S Pour les bacheliers des ces trois séries technologiques, l’université est souvent choisie par défaut ou pour se préparer à une autre filière. Du coup, les taux de réussite sont près de 3 fois inférieurs à ceux des bacs généraux. Les nouveautés mises en place pour l’université Autonomie, plan Réussite en licence, loi LRU, bureaux d’insertion… L’université se réforme. Mais quels sont les impacts concrets pour les étudiants ? En cinq grands volets, le point sur ce qui évolue à la fac. |
Mathieu Oui
Jeudi 8 Octobre 2009



































