DOSSIER : RENTRÉE UNIVERSITAIRE : LA FAC SE TRANSFORME
Autonomie, plan "Réussite en licence", loi LRU, Bureaux d'insertion… L’université se réforme. Quels sont les impacts concrets, à la rentrée 2009, pour les étudiants ? En cinq grands volets, nous faisons le point pour vous sur ce qui évolue à la fac à la fois pour l’orientation, l’encadrement, l’accompagnement vers l’emploi mais aussi les conditions d’études. Avec, à chaque fois, un éclairage sur un campus qui se bouge.
Réussite à la fac : l’an II du plan licence
2009 voit la montée en puissance du plan "Réussite en licence", lancé à la rentrée 2008 pour aider les étudiants de premier cycle à tenir le cap jusqu’au diplôme. Objectif d’ici à 2012 : réduire de moitié l’échec en première année de licence.Du point de vue de l’accompagnement des étudiants de première année, la rentrée 2009 marque l’an II du plan "Réussite en licence" soutenu par le gouvernement et mis en place à la rentrée 2008 par la plupart des universités. Concrètement, le ministère de l’Enseignement supérieur finance chaque année (35 millions d’euros en 2008), pendant cinq ans, les projets des universités pour aider leurs étudiants à réussir leurs premiers pas à la fac.
L’encadrement pédagogique au cœur du dispositif.
Les mesures se déclinent autour d’une idée forte : accompagner l’étudiant de façon plus individuelle pour le préparer à l’autonomie. Cela peut aller du stage de prérentrée de remise à niveau, à la réduction du nombre de cours en amphi au profit des séances de TD en petits groupes, en passant par la mise en place du contrôle continu (comme à Bordeaux 1) ou le développement des enseignants référents… Des moyens ont été ajoutés pour étendre les horaires d’ouverture des bibliothèques universitaires, extension qui a concerné plus de la moitié des établissements en 2008-2009. Au final, l’objectif politique affiché, mais difficile à atteindre, est de réduire de moitié, et sur la période 2008-2012, le taux d’échec en première année de licence (52 % selon le ministère).
Une efficacité difficile à mesurer.
Si ces mesures peuvent avoir un effet bénéfique pour certains étudiants, leur efficacité est encore difficile à mesurer et elles semblent intervenir à la marge (sur une année, une hausse de 10 à 20 % des taux de réussite est le plus souvent constatée). La motivation de l’étudiant et sa bonne orientation (le fait qu’il ne se soit pas inscrit à l’université par défaut mais avec un vrai projet) constitue l’autre volet du plan "Réussite en licence". Un autre pari à tenir pour les universités.
| Focus : Bordeaux 1 mise sur le contrôle continu Principale nouveauté de la rentrée 2009 à Bordeaux 1, la fac scientifique de l’agglomération bordelaise : l’introduction du contrôle continu en première année. La fin des partiels. Les nouveaux inscrits en première année de licence ne connaîtront pas l’angoisse des partiels : ils seront évalués par des devoirs sur table, au rythme d’environ un par mois. "Sur l’ensemble des cours de L1, nous avons prévu 47 notes au total, indique Achille Braquelaire, le vice-président en charge de la formation. C’est un système plus rassurant pour l’étudiant, qui peut se permettre de rater quelques devoirs." Objectif : assiduité et travail régulier. Avec le contrôle continu sur l’année (il était déjà pratiqué sur le premier semestre en 2008), il s’agit en effet de mettre le nouvel étudiant dans la même dynamique que celle du lycée. "Avec la suppression de l’examen final, on gagne trois semaines supplémentaires, ce qui nous permet d’allonger les cours pour mieux assimiler les connaissances", complète Sylvie Leboiteux, la directrice du département licence. Le système a globalement reçu un bon accueil, tant de la part des enseignants que des premiers concernés. "C’est bien moins stressant de se dire que l’on a plusieurs chances et que l’on ne joue pas tout sur un seul examen, reconnaît Kevin Perrottet, le vice-président étudiant. Et puis le contrôle continu reflète mieux la progression de l’étudiant tout au long de l’année." La suite des contrats d’études. Cette décision d’instaurer le contrôle continu apparaît comme l’aboutissement d’une série d’actions engagées par l’université depuis 2005 pour aider les nouveaux étudiants à s’adapter au travail universitaire, et "réduire la casse" (abandon, échec aux examens, démotivation…) en licence. Ainsi, dans le cadre du programme "égalité des chances", un tiers des étudiants de première année avaient signé en 2005/2006 – de manière volontaire – un contrat d’études avec l’université. Eux s’engageaient à être assidus, et l’établissement à les accompagner via un enseignant référent, chargé de répondre à leurs questions et à les soutenir en cas de difficulté. En fin d’année, leurs résultats étaient supérieurs de 10 % en moyenne. "Ce sont des groupes de 150 étudiants mélangés sur la base du volontariat et quel que soit leur niveau, précise Sylvie Leboiteux. Un esprit de classe se développe : les meilleurs étudiants tirent les moins bons." Finalement et à travers cette expérience, l’université applique les recettes qui fonctionnent en classe prépa ou en IUT. Et, dans le cadre du plan "Réussite en licence" mis en place à la rentrée 2008, le contrat d’études a été généralisé à l’ensemble des mille inscrits de première année. Ce sont 3 000 heures supplémentaires qui ont été financées soit sous forme de nouveaux TD, soit sous forme d’entretien individuel pour les enseignants référents. |
Un semestre "Rebonds"
Inauguré en 2008 à Bordeaux 1, le semestre Rebonds est destiné aux étudiants de première année en difficulté. L’université a décidé de l’imposer à tout étudiant ayant eu moins de 8/20 au premier semestre. "Les étudiants les plus fragiles ont de fortes chances d’échouer en fin de première année s’ils continuent au même rythme", analyse Achille Braquelaire. Ce second semestre de remise à niveau (maths, physique, chimie…) permet aux étudiants en difficulté de mieux préparer un redoublement à la fac ou une réorientation en DUT ou BTS. Si ce dispositif semble avoir été utile, il est encore trop tôt pour en mesurer l’efficacité. Son caractère obligatoire fait débat. "J’aurais préféré un système sur la base du volontariat", critique Kevin Perrottet, 23 ans, le vice-président étudiant. "Normalement, quand on arrive à 18 ans en fac, on fait aussi l’apprentissage de l’autonomie. À cet âge, on doit savoir si on prend, ou non, le risque de continuer sa première année. C’est dommage de déresponsabiliser ainsi les étudiants."
Septembre 2009







Objectif : assiduité et travail régulier.





