Les Beaux-arts selon Emmanuel, en 3e année de l’ENSBA Paris

Par Sophie de Tarlé, publié le 09 Juin 2009
3 min

Il a le talent et l'envie. Bien décidé à devenir artiste peintre, Emmanuel Bornstein, 23 ans, a réussi le concours de la prestigieuse ENSBA (Ecole nationale supérieure des beaux-arts) de Paris sans même être passé par une prépa. Il nous ouvre les portes de cet établissement fondé par Louis XIV, actuellement sous tutelle du ministère de la Culture, et où se pressent chaque année plus de 600 candidats.

Un bac S et une MANAA

 
Si personne dans la famille d’Emmanuel n’est peintre, avec un père metteur en scène et une mère qui travaille dans un théâtre, le jeune homme baigne dans le milieu artistique. Depuis l'enfance, il prend aussi des cours de peinture et de dessin dans des ateliers. "Il n’y avait pas de conflit avec mes parents sur le fait de faire une école d’art, raconte t-il. Ils étaient plutôt partants". Mais Emmanuel n’a, au départ, aucune idée précise de l’école à intégrer. "J’avais l’image des Beaux-Arts comme d’une école de glande, un peu baba", explique t-il. Finalement, une fois son bac S en poche, le jeune artiste en herbe s’inscrit en Manaa (mise à niveau en arts appliqués) au lycée des Arènes de Toulouse (31). Une classe où il poursuit les cours de dessin, et s’initie à l’histoire de l’art et au modelage.
 

Emmanuel ne reste qu’un mois à l’école Boulle !

 
emmanuel beaux arts ensbaUn an plus tard, il intègre la prestigieuse école Boulle à Paris. Mais ça n’a pas duré. "J’ai arrêté au bout d’un mois, raconte t-il. Ce n’était pas l’école qu'il me fallait. Boulle est d’abord une école d’arts appliqués à l’industrie, où l’on apprend, par exemple, à réaliser des publicités sur le lieu de vente, ce qui ne m’intéressait pas du tout. Moi, je voulais uniquement peindre." Une rencontre va alors le mener aux portes de l’ENSBA
 

Préparation du concours auprès d’un pro

 
Emmanuel rencontre un peintre qui l'accepte dans son atelier. Avec lui, il apprend son futur métier, et, accessoirement, prépare le très sélectif concours des Beaux-Arts de Paris. "Ça montre bien qu’il n’y a pas qu’en prépa qu’on peut réussir. J’avais une relation privilégiée avec lui, et j’ai pu apprendre la peinture à l’ancienne, la peinture baroque".
 

Les Beaux-Arts pour tester son talent et sa motivation

 
Pour intégrer l’ENSBA, Emmanuel, comme les autres candidats (600 à 700 chaque année), présente un dossier artistique où sont regroupés ses dessins, peintures, photos. Il est alors convoqué à un écrit de culture artistique et à une épreuve de dessin. L’entretien où il présente son projet face à un jury de 12 membres constitue l’ultime étape. "On m’a demandé de parler de mon travail, ils vérifient aussi que vous ne venez pas en touriste, que vous portez vraiment un projet créatif. Il faut montrer qu’on a une envie forte et ne pas se contenter de dire qu’on aime dessiner", explique-t-il. Finalement, il fait partie des 102 candidats à être acceptés en première année dans l’école sur 700 candidats (soit 14 % d’admis).
 
Emmanuel revient en vidéo son parcours atypique pour entrer aux Beaux-Arts
 



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