1. « J’hésite entre une licence de sociologie et Sciences po »

« J’hésite entre une licence de sociologie et Sciences po »

Envoyer cet article à un ami

Florian, 17 ans, actuellement en terminale L option arts plastiques à Avignon (84), attend avec impatience d’aller faire ses études à Paris. « J’ai l’impression que là-bas, il est plus facile d’accéder à la culture. » D’abord attiré par la psycho, il hésite maintenant entre la fac de sociologie et un IEP.Florian a d’abord pensé faire une fac de psychologie : « Ce qui me plaît, c’est de cerner les problèmes qui existent entre les ethnies, les classes sociales, les religions… Depuis, j’ai réalisé que la sociologie était tout ce que j’aimais. Alors pourquoi pas une fac de socio ? » Mais le jeune homme pense aussi à Sciences po, filière proche de ses goûts.

« J’aime comprendre les comportements »


Comprendre la grande histoire par la petite, celle des individus entre eux et au sein d’un groupe, c’est le dada de Florian. « J’ai adoré les cours sur la Seconde Guerre mondiale. Je m’intéresse aux procédés psychologiques qui ont précipité les événements. C’est effarant de voir à quel point tout pourrait se reproduire. La peur de l’autre existe toujours. » D’où son attirance pour la sociologie. « En réalisant des études sociologiques, j’apporterais ma modeste contribution aux changements décidés par les politiques », se réjouit-il.
En licence de sciences humaines et sociales mention sociologie, on se plonge en effet dans l’histoire, l’économie, l’anthropologie (étude de l’homme et des groupes humains), l’ethnologie (étude des sociétés) et, bien sûr, la sociologie.
Qu’elle soit politique, urbaine ou bien démographique, cette dernière étudie scientifiquement les sociétés humaines et les faits sociaux.

Impératif en socio : savoir manier les chiffres


Mais attention, ce n’est pas dès la première année que l’on planche sur des sujets aussi passionnants. « Les étudiants n’imaginent pas que la sociologie est une discipline avec une histoire : il faut connaître ses références, ses auteurs, sa méthodologie, etc. », prévient Stéphane Dufoix, directeur adjoint du département de sociologie à Nanterre (92). Le sociologue s’informe, pose des questions et va sur le terrain. Le premier cycle d’université apporte donc le savoir-faire technique nécessaire pour bâtir une méthodologie d’enquête (mener un entretien, construire un questionnaire), établir un plan, analyser avec des outils statistiques, poser un regard critique…
Comme le précise Élise Verley, ingénieur d’études et maître de conférences à Paris 4, « une bonne maîtrise des méthodes quantitatives et statistiques est impérative ».
L’affaire se corse ! « S’il y a des cours que je sèche volontiers, ce sont bien les maths », signale Florian. Le jeune homme hésite : « Je ne voudrais pas me fermer des portes. J’ai l’impression qu’en choisissant Sciences Po, j’aurais davantage le temps de la réflexion. » Histoire, économie, droit, science politique…, la formation dans les IEP (instituts d’études politiques), plus connus sous le nom de « Sciences po », se veut générale et pluridisciplinaire.

Plus généraliste en IEP


À côté des huit IEP de région – Aix-en-Provence (13), Bordeaux (33), Grenoble (38), Lille (59), Lyon (69), Rennes (35), Strasbourg (67), Toulouse (31) –, le plus prestigieux reste celui de Paris. Concepts fondamentaux de l’analyse économique, démocratie et pouvoir local, modernisation politique et sociale en Europe et aux États-Unis, vie politique française d’aujourd’hui…, voici quelques-uns des cours dispensés en première et deuxième années. Aux lectures, exposés et dissertations s’ajoutent les cours magistraux et conférences de méthodes (l’équivalent des travaux dirigés à la fac).
Au final, les étudiants doivent acquérir un esprit de synthèse et savoir relier leurs connaissances entre elles pour comprendre le monde actuel. Ce n’est qu’en master, à l’issue de la troisième année, que les étudiants se spécialisent.

« Se donner les moyens pour réussir »


Si vous ne vous décidez pas tout de suite, il existe non seulement des procédures d’admission en première année, mais aussi en deuxième, voire en quatrième années à Sciences po Paris. Contrairement aux idées reçues, l’entrée en première année est moins sélective qu’en deuxième. « Le taux de sélection est automatiquement plus fort à bac + 1, car nous accueillons moins d’élèves », précise Cédric Prunier, directeur des premiers cycles de Sciences po Paris.
Dans tous les cas de figure, pour réussir les épreuves du concours, il faut avoir été un excellent élève en terminale (avec mention au bac) et s’être bien préparé à l’examen d’entrée. « Pour réussir, il faut s’en donner les moyens », constate Florian, philosophe.

Ne pas perdre de vue l’après


La question des débouchés l’aidera sans doute à se décider. Nombreux sont les titulaires d’une licence ou d’un master en sociologie à tenter les concours de l’enseignement. Pour devenir prof, il faut réussir le CAPES (certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement du second degré) ou l’agrégation de sciences économiques et sociales. En 2005, à peine 16 % des présents au concours de cette agrégation et 8 % à celui du CAPES ont été admis. Des institutions comme l’INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques), des entreprises (pour comprendre les besoins des consommateurs), mais aussi des cabinets de conseil (pour gérer les crises sociales en entreprise) recrutent aussi des sociologues.
Quant aux diplômés de Sciences po, s’ils intègrent traditionnellement l’ENA (École nationale d’administration) et d’autres établissements prestigieux de la fonction publique, ils sont aujourd’hui 80 % à travailler dans le secteur privé (journalisme, commerce, communication, marketing, etc.).
C’est son aversion des maths qui finit par convaincre Florian : « Après le bac, je présente le concours d’entrée à Sciences po… J’ai déjà commencé à lire le Monde régulièrement. » Reste le plus difficile : être sélectionné…


Florian commente ses notes

- Bac de français : 17/20 à l’écrit et 13/20 à l’oral. J’ai trouvé les cours trop académiques, pas assez créatifs.
- Épreuve anticipée de maths : 15/20. Incroyable ! J’avais 9 durant l’année… En général, je panique devant la feuille d’examen.
- Épreuve anticipée de physique-chimie-SVT : 02/20.J’avais plutôt 9,5 de moyenne en physique-chimie : je me suis planté.
- Histoire-géo : 14/20. J’aime comprendre les événements.
- Anglais : 14/20. Je regarde beaucoup de films en version originale.
- Éducation civique et juridique : 14/20. Je me suis régalé en faisant un devoir sur la discrimination positive.

Sommaire du dossier
Ce qu’en pensent ses parents Nos conseils