1. Anthropologie : "Il est très important de bannir l’ethnocentrisme"
Enquête

Anthropologie : "Il est très important de bannir l’ethnocentrisme"

Envoyer cet article à un ami
 // © Manu Boisteau
// © Manu Boisteau

L’anthropologie permet aux étudiants d’envisager l’homme à travers toute la diversité de ses productions culturelles dans une perspective ethnologique. Cette discipline nécessite, de fait, de s’affranchir de ses préjugés culturels.

Apprendre à être objectif

Pour commencer l'anthropologie, Jérémy et Nathalie ont préféré l'université à la classe prépa. Ils visent le doctorat pour apprendre "à recueillir et à interpréter des données, mais aussi pour apprendre à ne pas juger". Lorsqu'à l'université Paris-Ouest-Nanterre-la-Défense, on a demandé qui avait toujours rêvé de devenir anthropologue, seules 2 mains se sont levées parmi les étudiants réunis ce jour-là.

"Après le bac, je ne voyais pas autre chose que la fac", confie Nathalie, en L2 (licence deuxième année) sciences de l'homme, anthropologie, ethnologie. "Je cherchais une formation avec un certain ordre de pensée, une formation qui m'aide à renforcer mes capacités d'observation et à repousser mon envie de juger", poursuit Jérémy, étudiant dans la même promotion et titulaire d'un bac S, option SVT (science de la vie et de la Terre). "C'est important de bannir l'ethnocentrisme et d'arriver à ne pas tout comparer à sa propre ­culture", insiste Nathalie, titulaire d'un bac L. À la fac, ce sont les cours magistraux qui lui permettent un meilleur apprentissage. "Je n'ai pas un professeur derrière mon dos pour me dire ce que je dois noter."

À la croisée de la philo et des sciences

"Je définirais cette discipline comme l'étude des cultures et des ethnies", s'avance Nathalie. "C'est une matière pluridisciplinaire qui amène à une relativité sur des sociétés et des pratiques diverses. On s'intéresse à des détails minimes, sur un acte social", continue Jérémy.

La matière est à cheval sur 2 disciplines : elle emprunte à la philosophie et elle ressemble à la sociologie. "Elle recourt à des protocoles scientifiques à suivre, prévient Nathalie, donc un côté très matheux : démontrer des faits par des chiffres, des pourcentages... en ne prenant jamais parti."

Très tôt en contact avec des professionnels

Nathalie attend sa première année de master pour se spécialiser et partir hors de France. Indispensable pour Jérémy, car "les terrains de recherche sont souvent à l'étranger". D'ici là, c'est sur le partage d'expériences que misent les deux étudiants. À les entendre, il n'y a pas d'étudiants de licence aussi passionnés qu'eux, alors, c'est sur les doctorants et les professeurs que compte Nathalie.

Autre choix qui a motivé l'orientation de Jérémy : la Maison de l'anthropologie et de l'ethnologie, située près de la faculté. "Des professionnels y sont souvent accueillis et nous y avons un accès libre", s'enthousiasme le jeune homme, emballé par l'anthropologie préhistorique. Nathalie se voit bien chargée de mission culturelle et touristique dans une ONG (organisation non gouvernementale) ou une entreprise privée.

À savoir
6 universités proposent une licence sciences humaines et sociales, mention sciences de l'homme, anthropologie, ethnologie : Toulouse Jean-Jaurès, Lumière-Lyon 2, Paris-Ouest-Nanterre-la-Défense (Paris 10), Nice Sophia-Antipolis, Paul-Valéry (à Montpellier) et Aix-Marseille Université. Il faut en général s'engager dans des études longues, au moins un doctorat (bac+8) pour exercer le métier d'anthropologue.

Sommaire du dossier
Retour au dossier Médecine : "Il faut s’adapter très vite" Double licence : "Filière d’excellence, le rythme est soutenu" Droit : "C’est presque une autre langue" STAPS : "La seule voie qui mène au secteur du sport et au métier d’entraîneur" UT : "Il n’y a pas deux diplômés qui ont suivi le même parcours" Paris-Dauphine : "On peut compter sur le soutien des enseignants" Anthropologie : "Il est très important de bannir l’ethnocentrisme" IAE : "Ces écoles de gestion ont bonne réputation auprès des professionnels"