1. Médecine : "Il faut s’adapter très vite"
Enquête

Médecine : "Il faut s’adapter très vite"

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 // © Manu Boisteau
// © Manu Boisteau

La PACES (première année commune aux études de santé) est un passage obligatoire pour les étudiants qui s’engagent vers les filières médicales. Le mot d’ordre : réviser et encore réviser.

PACES : il n'y a pas que le mental

Théo, élève en deuxième année de médecine à l'université d'Auvergne a toujours voulu être médecin. Quant à Marion, qui étudie à l'université d'Angers, elle est intéressée par la chirurgie. En France, pour devenir médecin, il n'y a pas 50 chemins possibles : c'est forcément la fac. Avant d'intégrer la PACES, Théo et Marion ont consulté d'anciens étudiants, lors de salons sur l'enseignement supérieur. Isolement, bachotage intensif, voilà le portrait dépeint par les étudiants qui ont réussi le concours.

"L'un d'entre eux avait perdu ses cheveux et pris 10 kilos à cause du stress", se rappelle Marion. "On pense qu'on va avoir le mental pour y arriver, que c'est juste une question de motivation", se souvient Théo. En fait, c'est un peu plus compliqué que ça.

Des amphis bondés

Marion a terminé 308e, Théo à une quinzaine de places au-delà du numerus clausus (nombre d'étudiants autorisés à poursuivre en deuxième année de médecine, odontologie, maïeutique et pharmacie, publié au "Journal officiel"), fixé à 178.

"Je ne pouvais pas faire mieux, j'étais au bout de mes limites", se rappelle le jeune homme. Et Marion de poursuivre : "Il faut s'adapter très vite." Des surprises les attendaient : les redoublants, appelés "carrés", font du chahut pendant les cours, les amphis sont bondés et ne peuvent pas accueillir tous les élèves, les bibliothèques sont bruyantes... "À l'université d'Auvergne, il y a un grand auditorium de plus de 600 places. Les élèves qui n'ont pas pu y entrer se répartissent dans d'autres salles où une rediffusion vidéo est proposée. Il m'arrivait d'être à la fac à 6 h pour être sûr d'être dans l'amphi à 7 h 45", raconte Théo. Premier arrivé, premier servi !

Un emploi du temps serré

Sa première année, Marion l'a entièrement passée chez elle, en puisant des documents sur l'intranet de l'université et en relisant, en ligne, ses cours d'anatomie, de biologie, d'embryologie, etc. Elle s'imposait une discipline militaire. "Je me levais tôt, travaillais jusqu'à midi et reprenais de 13 h 30 à 19 h 30 et de 21 h à minuit." Pour sa seconde année de PACES, elle a opté pour les bancs de la fac. Ce qui lui a plu, c'est la liberté d'apprentissage.

Théo, lui, n'a jamais déserté la fac. "Je tentais d'expliquer mes cours à mes amis. Tant que je n'y arrivais pas, je révisais."

Des amis en PACES ? Pas facile d'en avoir

"J'ai tissé des liens avec les étudiants de l'année précédente", admet Marion. Et Théo de renchérir : "Je me suis 'resociabilisé' en jouant au rugby à la fac !"

Tutorat en deuxième année

C'est tout à fait différent. "J'ai plus d'une semaine de retard sur mes révisions, mais je ne m'en fais pas !" sourit Marion. Elle propose aussi du tutorat aux étudiants de PACES (renommée à la rentrée 2015, PluriPASS à Angers).

Leurs conseils : il faut travailler... et bien dormir !

À savoir
• En France, on recense environ 58.000 étudiants en PACES, pour 12.806 places en deuxième année. En 2014-2015, le numerus clausus était de 7.498 en médecine, 1.198 en odontologie, 1.012 en maïeutique et 3.097 en pharmacie.

10 universités offrent une filière alternative à la PACES : Angers, Paris 5, Paris 7, Paris 13, Rouen, Saint-Étienne, Strasbourg, les universités d'Auvergne, de Poitiers et de Tours. Par exemple, l'université d'Angers a mis en place à la rentrée 2015, PluriPASS, le "parcours Angers sciences de la santé". Au programme : un enseignement pluridisciplinaire, un module 3PE (projet personnel et professionnel de l'étudiant), un contrôle continu, mais plus de concours en fin de semestre.

Sommaire du dossier
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