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Reportage

L'ENEPS de l'université Joseph-Fourier : une grande école pour super bacs pro

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Faissal, Mohamed et Florent, étudiants de l'ENEPS - université Joseph-Fourier Grenoble 1. // © Virginie Bertereau
Faissal, Mohamed et Florent, étudiants de l'ENEPS - université Joseph-Fourier Grenoble 1. // © Virginie Bertereau

Qui a dit que les bacheliers professionnels ne pouvaient pas réussir à l’université ? Preuve en est l’ENEPS (École nationale de l’enseignement professionnel supérieur) de l'université Grenoble 1, qui permet aux meilleurs élèves du secteur production de poursuivre leurs études dans une voie d'excellence.

Être titulaire d'un BEP (brevet d'études professionnelles) maçon et viser une école d'ingénieurs, c'est possible à l'université Joseph-Fourier. Florent, 21 ans, étudiant en deuxième année de DUT (diplôme universitaire de technologie) génie civil, compte bien faire le grand écart grâce à l'ENEPS (École nationale de l'enseignement professionnel supérieur)un parcours intégré à la fac réservé aux bacheliers professionnels.

"Après mon BEP, je suis entré en bac pro économie du bâtiment à Gap. Mais j'ai voulu poursuivre mes études. Je suis venu à Grenoble pour m'inscrire en DUT. Pour moi, cela m'offrait plus de débouchés qu'un BTS (brevet de technicien supérieur). Aujourd'hui, je vise un master ou une école d'ingénieurs. Mon objectif : devenir conducteur de travaux. L'ENEPS, c'est un tremplin pour ceux qui n'ont pas passé de bac général", témoigne-t-il.

“En bac pro, les profs me disaient que je n'avais aucun avenir”

L'ENEPS a été imaginée dès 2008 pour favoriser l'égalité des chances et l'accès à l'université aux titulaires d'un bac pro du secteur production dont le taux de réussite en licence avoisine les... 0 % dans le cursus "classique". Cette école est en réalité intégrée à l'IUT (institut universitaire de technologie). En licence pro, les élèves rejoignent les autres étudiants issus de DUT ou de BTS.

Les étudiants bénéficient d'un suivi particulier : cours en groupe de 15 à 24 en DUT, trois heures hebdomadaires consacrées à de la méthodologie ou à des séances de questions/réponses, travaux pratiques et examens (en contrôle continu) à part. Le taux de réussite de la première promotion s'élevait à 64 % en DUT en 2012. "Nous avons des superprofs qui sont là pour nous aider, nous motivent tout le temps. En bac pro, les profs me disaient que je n'avais aucun avenir. L'ENEPS a changé ma vie ! Je tirais du câble, je creusais des tranchées.... Aujourd'hui, je suis en bureau d'études et je fais creuser les tranchées !" se réjouit Mohamed, 23 ans, étudiant en licence professionnelle réseaux et télecoms option RSFS (réseau sans fil et sécurité).

Titulaire d'un BEP électronique, d'un bac pro SEN (systèmes électroniques numériques) et du DUT réseaux et télécommunications de l'ENEPS, le jeune homme a refusé un contrat à durée indéterminée dans une entreprise pour poursuivre ses études. En contrat en alternance, il s'occupe aujourd'hui du déploiement de la 3G et de la 4G pour Free et Bouygues Telecom sur le territoire du Rhône sous l'aile d'un conducteur de travaux.

Un recrutement au niveau national

Autre avantage de taille : les élèves – plus de 50 % de boursiers (contre 30 à 35 % en général à l'IUT) – peuvent bénéficier de droit d'une chambre du CROUS (centre universitaire des œuvres universitaires et sociales). Il faut dire que l'ENEPS recrute au niveau national via le site admission-postbac.fr. "Beaucoup viennent de l'académie de Grenoble, mais nous en recevons aussi de Paris, de Saint-Brieuc, de la Moselle... Une centaine de lycées ont fourni des étudiants à l'ENEPS depuis 2009", indique Pierre Billet, le directeur de l'école.

Pierre Billet et Florent, Mohamed et Faissal, étudiants de l'ENEPS - université Joseph-Fourier Grenoble 1Pierre Billet, dircteur de l'ENEPS, entouré de Faissal, Mohamed et Florent, étudiants de l'ENEPS - université Joseph-Fourier Grenoble 1.

Faissal, par exemple, a quitté Montpellier, où il a passé un BEP et bac pro électrotechnique, pour rejoindre l'ENEPS en DUT génie électrique et informatique industrielle. À 22 ans, il est aujourd'hui étudiant en licence pro DEA (distribution électrique et automatisme). "Une fois diplômé, je vais essayer d'entrer en école d'ingénieurs en alternance."

Une voie d'excellence pour bacs pro

Les étudiants sont recrutés sur dossier et entretien de motivation. On compte environ 30 % d'admis. "Nous avons de plus en plus de demandes et donc nous sommes de plus en plus sélectifs. C'est une école d'excellence, rappelle Pierre Billet. Néanmoins, il y avait cinq étudiants issus de bac pro à l'UJF en 2008. Il y en a aujourd'hui 130." Âgée de 4 ans, la jeune école n'a pas encore fait de petits. Les autres universités attendent sans doute les quotas d'étudiants issus des bacs technologiques qu'elles devront intégrer.

Pour aller plus loin : Étudier à Grenoble : "En un quart d'heure, on se retrouve à la montagne" / Université Stendhal-Grenoble 3 : la littéraire qui s’emploie à compter / Noémie, en 5e année à Sciences po Grenoble : "Le campus est sympa, avec une vie étudiante dynamique"

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