L’UBO : une université bien ancrée dans la région bretonne

Par Emmanuel Vaillant, publié le 21 Janvier 2014
6 min

Quimper, Saint-Brieuc, Vannes, Morlaix et même Rennes… Si l’Université de Bretagne-Occidentale peut se targuer d’une implantation régionale c’est d’abord et avant tout à Brest, capitale du Finistère (29), qu'elle concentre la plupart de ses effectifs et de ses forces. À l’exception de l’Institut universitaire européen de la mer, situé à Plouzané en bordure de la rade, les principales composantes de l’UBO sont implantées en centre-ville.

Quatre pôles d’excellence


"Notre territoire de recrutement est très ‘ouest’ pour les premiers cycles. À partir des masters, il est national, voire international", souligne Pascal Olivard, président de l’UBO. D’où la nécessité de proposer une offre de formation très large en licence, des sciences humaines aux sciences et techniques, en misant par ailleurs sur quelques axes forts à partir des seconds cycles. Si les sciences de la mer occupent une place privilégiée (voir le 3e volet de notre dossier Université de Brest : cap sur les sciences de la mer) l’université parie sur 3 autres domaines d’excellence : les technologies de la communication et de l’information (TIC), la santé et les sciences humaines et sociales.

Les technologies de la communication en pointe


Avec les sites de Lannion et Rennes (35), Brest constitue un pôle de compétitivité "image et réseaux" qui compte pour 40 % de la recherche nationale dans le domaine des TIC (techniques information et communication). Ici on parle télécommunications optiques, traitement de l’information et du signal, réalité virtuelle augmentée ou encore systèmes de transports intelligents. "Notre force est de regrouper quelques 200 chercheurs qui couvrent tout le champ des technologies de l’information, de la conception des capteurs à l’analyse de données. Avec une finalité en recherche et en industrie, ce qui garantit une excellente insertion professionnelle de nos diplômés", souligne Cédric Quento, enseignant au Lab-STICC de l’UBO. 

L'Université de Brest compte 40% de la recherche nationale dans le domaine des TIC (techniques information et communication) // © E. Vaillant


Côté formations, les masters en électronique, télécommunications et réseaux ont particulièrement la cote. "C’est assez exigeant en mathématiques et physique mais on le voit dès le stage, ce bagage théorique est bien apprécié des entreprises. En Bretagne, mais pas seulement", note Hakim, 25 ans, en master 2 télécommunications et réseaux, qui se prépare à partir en stage en région parisienne.


La santé en mode simulation


Autre pôle d’excellence reconnu de l’UBO : la santé. La faculté de médecine et des sciences de la santé de Brest est réputée pour son pôle de génétique sur les maladies rares et son pôle sur le traitement de l’image et la chirurgie assistée par ordinateur. Mais, pour les étudiants c’est surtout le centre de simulation en santé qui fait "le spectacle". Unique en Bretagne – il en existe 6 en France –, ce centre permet d’apprendre le métier in situ comme dans la vraie vie : un bloc opératoire avec un mannequin qui bouge et respire. Il peut simuler toutes sortes de pathologies, de la grippe à l’amputation, permet de s'entraîner à la ponction lombaire ou de simuler un accouchement, dispose de machines pour apprendre à faire une échographie ou une opération… mais aussi d'un vrai-faux cabinet de médecine générale ! Le réalisme est étonnant. "Parce que pour nous à l’UBO la formation d’un médecin ne se construit plus seulement via des cours académiques avec des stages mais aussi par une mise en situation semi-authentique", note le doyen de la faculté, Christian Berthou. 


Les sciences humaines et sociales sur des niches de spécialités…

Dans cet univers brestois très orienté sur les "sciences dures", les SHS (sciences humaines et sociales) ne font pas de la figuration pour autant. Avec les lettres, cette composante compte pas moins de 4.000 étudiants.


Les SHS sont l'un des quatre pôles d'excellence de l'UBO // E. Vaillant

L’université mise là sur des niches de spécialités : les sciences de l’éducation, la sociologie du vieillissement de la population, le droit des collectivités locales ou encore le droit de la vulnérabilité, sans oublier, breton oblige, les questions d’identités régionales. Aussi, le Centre de recherche bretonne et celtique (CRBC) fait ici figure de vaisseau amiral. Une soixantaine de chercheurs en littérature, langues, ethnologie... y interrogent les sociétés bretonnes et celtiques.

… avec des débouchés à la clé

Actuellement en master 2 archives, Léanis (photo), 23 ans, a choisi d’étudier à Brest pour intégrer ce fameux centre, dont la bibliothèque est la plus riche de France avec quelque 54.000 ouvrages rares. "J’avais envie de passer par la case recherche, notamment d’étudier les diverses dynamiques qui forment une identité", précise la jeune fille. Un passage par un travail sur les archives qui lui ont permis d’affiner son projet. L’an prochain, Léanis vise un emploi d’archiviste dans une entreprise ou dans la fonction publique territoriale, si possible dans la région bretonne. 

Après leur master SHS, Léanis souhaiterait trouver un emploi d'archiviste, tandis qu'Adrien voudrait être généalogiste  // E. Vaillant


"Contrairement aux idées reçues, à l’UBO ce domaine des SHS offre des débouchés au-delà de l’enseignement, note pour sa part Adrien (photo), 24 ans, étudiant en master recherche histoire médiévale. Quand on fait de l’histoire on nous demande souvent : "Tu veux être professeur ?" Mais, moi je ne l’ai jamais envisagé. J’y suis allé par passion pour la matière et en sachant que pas mal de métiers sont possibles après ces études, qui assurent une bonne culture générale. Et aujourd’hui j’ai trouvé mon métier : généalogiste au service de cabinets notariaux". Avec le projet de rester en Bretagne sans aucun doute.


L’Université Bretagne-Occidentale en chiffres (source : UBO 2012-2013)
Un budget annuel de 185 millions d'euros.
17.500 étudiants.
Environ un millier d’enseignants.
34 unités de recherche
6 UFR  : lettres et sciences humaines ; sport et éducation physique ; sciences et techniques ; médecine et sciences de la santé ; odontologie ; droit, économie et gestion.
6 instituts : Euro-institut d’actuariat, Institut d’administration des entreprises (IAE) de Brest, Institut de préparation à l’administration générale (IPAG), Institut universitaire européen de la mer (IUEM), Institut de géoarchitecture et Institut de recherche sur l'enseignement des mathématiques (IREM).
2 instituts universitaires de technologie : à Brest et Quimper.
3 écoles : École supérieure du professorat et de l'éducation, École supérieure d'ingénieurs en agroalimentaire de Bretagne-Atlantique et École de sages-femmes.

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